Grève dans la construction: pourquoi pas une loi spéciale?

- 18 juin 2013

Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, exigent du gouvernement une loi spéciale pour régler le conflit dans la construction.

Des appels puérils provenant d’une impulsion instinctive plutôt que d’une stratégie finement songée afin de sceller le sort d’une industrie capitale de l’économie québécoise, pour les quatre ou cinq prochaines années.

Pourtant de rudes adversaires des syndicats, les deux politiciens populistes ne se rendent pas compte qu’en exigeant une loi spéciale, ils font le jeu des syndicats de la construction. Car, la stratégie de l’alliance syndicale table justement sur le dépôt d’une loi spéciale.

Les syndicats n’ont pas un si gros rapport de force, notamment en ne disposant pas de fonds de grève, qui auraient permis aux membres de soutenir leurs familles durant un long conflit. La grève doit être courte, très courte, et vu l’espace intersidéral qui sépare les demandes des deux adversaires, il est impossible que la partie patronale ne se rende aux exigences ouvrières en si peu de temps.

Le seul allié pour assurer des gains significatifs aux travailleurs, c’est le gouvernement et sa loi spéciale.

Le déclenchement de la grève a justement pour but de forcer non pas la partie patronale à épouser les demandes syndicales, mais la main du gouvernement. Une loi spéciale, même du PQ version actuelle, n’irait pas dans un sens trop opposé aux demandes des ouvriers de la construction. Dans les médias, l’alliance agite des demandes de hausses salariales de 3% et plus. Or, il a fort à parier qu’en coulisse, la cible syndicale se situerait probablement plus autour d’une fourchette de 2,5% à 3%.

Même chose du côté patronal, le petit 1% de hausse de salaire offerte ne fait pas sérieux. Les négociateurs savent fort bien qu’au final, avec un peu de chance, ils pourraient bien s’en sortir avec une hausse salariale de près de 2%. Les patrons offrent aux salariés le travail forcé les samedis et les dimanches, les heures supplémentaires payées en double seulement à partir de 48 heures, et des chantiers opérationnels dès 5h30 le matin.

Ils savent bien que dans le cas d’une loi spéciale ou d’un règlement négocié, ils devront laisser tomber au moins une, ou deux de ces exigences étonnantes, en échange d’un peu plus de flexibilité dans l’embauche des travailleurs et moins d’appétit salarial de leur part.

Le refus total de la ministre du Travail Agnès Maltais d’envisager une loi spéciale est la meilleure position possible. Car, à partir du moment où un gouvernement en laisse planer la menace, qu’arrive-t-il, croyez-vous? Il n’y a plus aucune négo. Tout s’arrête. Tant les patrons que les chefs syndicaux attendant paresseusement que l’État nettoie leur gâchis. Avec à la clé, un climat de travail pourri pour toute la durée de la convention collective. Rien pour améliorer la productivité dans les chantiers, tout le contraire même.

Rappelez-vous les conflits de travail à Air Canada, l’an dernier: sitôt la menace d’une loi spéciale évoquée par le gouvernement Harper, sitôt la partie patronale s’est assise sur son steak pour regarder la ministre fédérale du Travail Lisa Raitt faire le boulot à sa place.

Je parierais même que si nous étions en situation de gouvernement caquiste ou libéral, ce ne serait pas une grève que ne subirions, mais un lock-out. D’ailleurs, les patrons de la construction avaient évoqué il y a quelques semaines cette possibilité. Cela dit, avec un gouvernement péquiste qui n’a pourtant pas trop fait de cadeaux aux syndicats, l’Association de la construction a plutôt laissé à l’Alliance syndicale le loisir de faire feu la première.

Syndicats et patrons doivent aussi cesser de prendre leurs vessies pour des lanternes: aucun des deux groupes n’a l’appui de la population. Le porte-parole syndical Yves Ouellet affirmait sans rire que la population est à 300% derrière les syndicats de la construction. C’est une manière de décrire sa vie sur une autre planète. Côté patronal, vous n’avez juste qu’à crier «CHARBONNEAU!».

Depuis hier, bien des gens qui n’ont rien à voir avec le conflit perdre leur emploi, notamment chez les fournisseurs de matériaux et de services pour l’industrie de la construction, selon ce que Jobboom a appris. C’est pas mal plus grave que les retards dans la construction du Temple à Labeaume. Les faces de MM. Babounes des deux côtés de la table devront en tenir compte. Et se comporter dès maintenant en adultes.

Un test d’embauche pour le futur maire de Montréal?

- 17 juin 2013

Avant de procéder à l’embauche d’une personne à un poste clé, plusieurs employeurs imposent des examens aux candidats finalistes, question de départager le meilleur parmi les excellents candidats qui ont réussi avec brio les étapes du CV et de l’entrevue.

Ces tests placent souvent les candidats dans des situations réelles qu’ils rencontreront s’ils occupent l’emploi.

Une suggestion, comme ça: puisque Montréal se retrouvera une fois de plus décapitée, pourquoi ne pas profiter du temps qu’il reste avant les élections de novembre pour mettre à l’épreuve les différents candidats déclarés à la mairie?

Chacun des candidats aura la chance d’être maire de Montréal pendant un mois. Après quoi, lors des élections, les vrais employeurs du maire de Montréal, les citoyens montréalais, pourront choisir en toute connaissance de cause celui ou celle qui aura le mieux su tirer ses marrons du feu.

Indice Jobboom pour l’emploi: on va l’atteindre notre ciel

- 12 juin 2013

Si vous cherchez du boulot, ou un autre job dans le cas où vous en avez déjà un, vous avez peut-être l’impression que le climat n’est pas tout à fait favorable à la chasse à l’emploi.
Vous avez tort. Le marché de l’emploi québécois est en relative bonne santé en ce moment.

Comparée à ce qui prévalait l’an dernier, il y a eu une bonne progression. En fait, pour faire une histoire courte, le monde du travail québécois avait attrapé une vilaine grippe aviaire à l’hiver 2012, avec des pertes en rafales. Puis, peu à peu, on a stabilisé le patient. Tout au long de l’automne jusqu’au début de l’hiver dernier, la rémission était même fortement engagée. Mais depuis février, la rémission a stoppé net. Reste que le patient est en meilleure santé qu’il y a un an.

Presque tout au long des huit premiers mois de 2012, l’Indice Jobboom pour l’emploi affichait un score sous les 40 points. Depuis, ça s’est raffermi, avec une pointe à 61,9 en février dernier. Pour le mois de juin, il inscrit un 56,5. C’est 15 points de plus que le mois dernier. De période en période, il y a des hauts et des bas, mais la tendance est à la hausse.

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L’Indice Jobboom s’inscrit en faux avec les commentaires politiciens de la semaine dernière concernant les statistiques de l’emploi pour mai, dévoilées par Statistique Canada. Durant ce mois, le Québec a enregistré un fort gain d’emplois, mais a aussi perdu beaucoup de postes à temps plein. Globalement, il y a même un tout petit peu moins d’emplois qu’en décembre dernier. Alors que dans le reste du pays, il y en a plus, même si l’essentiel des nouveaux emplois à l’extérieur du Québec ont été gagnés dans le seul mois de mai dernier. C’est suspect.
Mais les commentaires de politiciens restent… des commentaires de politiciens, et les statistiques de mai constituent l’arbre qui cache la tendance.

Lorsqu’on analyse les trois derniers trimestres, il y a eu au Québec 7 mois sur 9 avec des hausses d’emplois, dont 3 dans les 5 derniers. L’emploi à temps plein a connu une croissance dans 5 des 9 derniers mois. Le taux d’emploi, une meilleure mesure de la santé d’un marché du travail que le taux de chômage a cru à 5 reprises au cours de la même période, est demeuré stable 2 fois, et connu un fléchissement 2 fois.

Ceci explique pourquoi l’Indice Jobboom est sur une pente ascendante, malgré la morosité ambiante entretenue par des commentateux de la chose publique.

Certains de ces derniers ont notamment tracé un parallèle avec la situation dans le reste du Canada, où, selon Statistique Canada, l’emploi a augmenté de façon prodigieuse en mai dernier, le meilleur mois pour la création d’emplois depuis plusieurs années. Une croissance de 95 000 emplois en un mois demeure une statistique fulgurante. Reste à voir s’il n’y a pas eu un biais méthodologique dans l’enquête de Statistique Canada, qui se corrigera au prochain mois. Ou si ce ne sont pas plutôt les données mensuelles précédentes qui étaient faussées, et qu’une correction vers le haut était en attente. Car depuis le début de 2013, le marché du travail canadien s’est avéré mystérieusement anémique. Il y aurait donc eu, en mai, un effet de rattrapage. Surtout en Ontario.

Dans l’Indice précédent, je traitais de la difficile situation dans laquelle baignent les jeunes. Leur taux de chômage est anormalement élevé, leur taux d’emploi ne s’améliore pas non plus. Or, selon Statistique Canada, l’emploi des jeunes a connu un fort joli mois en mai dernier. Il y avait 20 000 jeunes travailleurs de 15 à 24 ans de moins en chômage, et près de 20 000 de plus en emploi. De sorte que leur taux de chômage a dégringolé spectaculairement de plus de 3 points de pourcentage par rapport à avril. Il était en mai à 11,8%. En Ontario par contre, il est encore trop élevé, à 16% en mai. Dans tout le Canada, il est à 13,6%, contre 14,5% en avril. Mais, comme je le mentionne plus haut, reste à voir si mai n’est qu’un accident de parcours.

L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent»

Pourquoi Laval est un succès

- 10 juin 2013

Il y a longtemps que dans les milieux politiques montréalais ont s’interroge sur le «Mystère de Québec». Mais il y a aussi le mystère de Laval : comment se fait-il que les Lavallois aient toujours reporté au pouvoir, avec le privilège de l’absence même d’opposition, un être aussi nauséabond que Gilles Vaillancourt?

C’est parce que la Ville est bien gérée, répondent en cœur les Lavallois. En comparaison d’avec sa grosse voisine de Montréal, où c’est le fiasco administratif depuis au moins la dernière glaciation, facile de bien paraître. Mais ne boudons pas le plaisir des Lavallois et reconnaissons que Ville de Laval, sur les plans administratifs, financiers, de la qualité des services livrés, n’est pas un mauvais exemple.

Cet état de fait s’explique : un singe aurait fait de Laval un succès. Pour mener à mal les destinées de cette ville, il aurait fallu être d’une incompétence inouïe. Même Pierre Bourque aurait raté de faire de Laval un échec. C’est dire.

Bref, pendant des années, les Lavallois ont réélu sans interruption ce qu’ils croyaient être un génie, ou à tout le moins, le meilleur père de famille parmi les gestionnaires.

Or, rien de plus facile de présenter des budgets équilibrés, des taxes relativement stables, des hausses dans la quantité et la qualité des services dans une ville en pleine expansion. L’argent rentre tout seul. Les dépenses et les investissements sont tenus au strict minimum grâce aux infrastructures qui sont jeunes : l’effort budgétaire pour leur entretien est minimal. Le nombre de contribuables augmente, les droits de mutation sont exponentiels, et la vente de permis en toutes sortes est à l’avenant. Pas besoin de se lancer dans de grands programmes de développement, la seule filiation avec la Ville de Montréal fait la job toute seule; Montréal casque en solitaire pour défendre le titre de grande métropole internationale de la région. Les villes de banlieues neuves, comme Laval, en profitent gratuitement. Jean Lapierre dirait que Laval a fait du chemin sur la queue du smoking de Montréal.

Tout ça n’a rien à voir avec une ville comme Montréal qui a atteint son plein potentiel de développement, où l’espace physique pour la croissance est saturé, avec des infrastructures qui atteignent chaque année, lot par lot, la fin de leur espérance de vie. En plus d’avoir à supporter au nom de 94 autres entités municipales, le fardeau de maintenir Montréal dans le palmarès des grandes régions métropolitaines du monde.

Si la croissance de Laval explique sa bonne gestion, comment expliquer sa croissance? Au génie de Vaillancourt? Ça dépend du point de vue. D’abord, l’abondance des terrains vacants à Laval prêts au développement, depuis toujours, fait en sorte que leur bas prix défie toute concurrence. Des terrains pas chers, ça attire des entreprises, des développeurs immobiliers, des résidents et des commerces. Les recettes fiscales augmentent naturellement et sans effort supplémentaire pour les contribuables de plus longue date. Ce qui permet le maintien de taxes foncières concurrentielles, qui à leur tour attirent nouveaux résidents, nouveaux commerces, nouvelles entreprises. Bref le cercle vertueux de la saucisse Hygrade appliqué à la politique municipale.

Là où intervient la main de Dieu, c’est-à-dire celle de Gilles Vaillancourt, c’est la couche supplémentaire de développement, et donc de revenus fiscaux pour pas cher, qu’a permise la tricherie de l’administration du gang de Laval.

Première triche : l’homme et sa ville pèsent lourd dans la course à l’électoralisme du gouvernement de Québec. Pour s’assurer de l’appui électoral de la machine Vaillancourt, les contribuables de l’ensemble du Québec ont allongé à l’infini les tapis noir bitume d’autoroute sur le territoire lavallois. En plus du métro. De puissantes infrastructures qui exercent sur le développement de la ville de Laval un attrait considérable.

Deuxième triche : on abuse de son pouvoir. Comme l’a souligné une excellente enquête de la journaliste Linda Guylai de The Gazette, le fait que Laval soit à la fois ville, MRC et région administrative lui a permis de pousser sans opposition le dézonage massif de ses terres agricoles, augmentant du coup l’abondance déjà grande d’espaces à développement. Juste en 1989, nous rappelle La Presse, 40% de toutes les zones vertes sont devenues des zones blanches, donc franches pour tout développement.

Troisième triche : toujours selon l’enquête de The Gazette, on accule les petits propriétaires terriens à la faillite en augmentant de 100, 200, voire 3000% leurs taxes municipales, par de petits tours de passe-passe, comme la construction d’infrastructures comme des rues, des trottoirs, des égouts. Financées aux deux tiers par les gouvernements. On force les petits cultivateurs à vendre à vil prix. C’est du coup racheté au rabais par des promoteurs qui peuvent vendre «la maison de vos rêves» à un prix sous votre budget maximal.

Variante : on refuse un changement de zonage à un petit propriétaire terrien qui espère construire une maison. Le lendemain matin, toc-toc-toc à la porte, un homme bien vêtu s’introduit : je l’achète, votre terrain. Le surlendemain, le changement de zonage est autorisé. Un nouveau projet domiciliaire de 350 monster houses vient de voir le jour.

Quatrième triche : on procède à des changements de zonage en catimini. Là où le bungalow régnait en roi et maître, lève de terre soudainement une tour de 15 étages. Des centaines de nouveaux contribuables d’un seul coup!

Cinquième triche : On se fout des lois environnementales. La nuit, quelque part dans l’île Jésus, un marais est asséché puis comblé de matériaux à remblai. Un nouveau projet domiciliaire de 350 monster houses vient de voir le jour. Et un ministre de l’Environnement démissionne à la surprise de tous, pour des raisons familiales, il va sans dire. Deviendra député fédéral, un peu plus tard.

Voilà, c’est ainsi qu’on se garantit 25 ans de pouvoir à l’hôtel de ville. Les citoyens sont satisfaits de leur administration municipale.

L’économie va mal? C’est voulu

- 6 juin 2013

L’économie n’est pas une science exacte. Quand bien même qu’on réaliserait la même expérience, dans les mêmes conditions, selon les mêmes procédures, avec les mêmes éléments, et sous la supervision des mêmes chercheurs, il y a fort à parier que les résultats différeraient d’une tentative à l’autre.

D’où l’importance lorsque les gouvernements érigent des politiques publiques à caractère économique ou financier à partir de certaines théories économiques, d’y injecter une bonne grosse dose de pragmatisme et d’intuition. En économie, le dogmatisme est le pire ennemi du peuple. En fait, de manière générale, le dogmatisme est juste un grand fouteur de merde.

Les théories économiques ont leur sens et leur utilité, mais elles ne sont qu’un ingrédient parmi tant d’autres dans la bonne marche du monde. C’est ce que je démontre dans mon éditorial (La bonne parole) de la plus récente édition du Magazine Jobboom, tout frais sortie des presses et du nuage de l’App Store, à propos de la cure d’austérité qui sévit partout dans le monde développé. Une théorie économique, échafaudée à partir de tenants un peu bringuebalants, a remplacé juste le gros bon sens chez tous les stratèges économiques et budgétaires des gouvernements.

Extrait :

C’est écrit dans les épîtres de Reinhart et Rogoff. Les apôtres Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, deux éminents économistes, racontent l’histoire vraie d’un gros barbu qui a séparé la mer Rouge en deux pour laisser passer les dinosaures. Non, ce n’est pas ça, mais c’est de la même eau : lorsque la dette d’un pays atteint 90 % de son PIB, son économie se met à s’effondrer comme une usine de textile en Asie.

Ainsi, depuis quatre ans, on pratique la génuflexion de l’austérité en respectant les enseignements de Reinhart et Rogoff. Avec plus de piété en Europe (ils ont péché davantage) qu’en Amérique, mais peu importe, ça marche : l’Europe a connu deux récessions depuis 2010. Une troisième se prépare. L’Irlande a fait preuve d’une rigueur d’esthète pour juguler son déficit et profite déjà du paradis ici-bas : croissance presque à zéro et taux de chômage à 14 % depuis 2009. Et un déficit budgétaire 10 fois plus gros que celui du Québec.

Cinq ans après la fin de la récession aux États-Unis, le taux d’emploi demeure inférieur à celui qui prévalait au pire de la crise de 1982. L’entreprise privée au Canada et au Québec ne crée plus d’emploi. Proportionnellement, il y a toujours moins de travailleurs canadiens aujourd’hui qu’il y a cinq ans.

Le résultat, donc: une catastrophe. Non seulement la théorie n’arrive pas à s’exercer dans la pratique, en plus, on répète la même erreur en espérant un résultat différent. Einstein les aurait qualifiés de fous. Anyway, ceux qui l’ont élaborée, de même que ceux qui y croient avec une foi à faire apostasier François Premier ainsi que ceux qui ont à l’appliquer n’en subissent aucune conséquence. Non, les victimes, ce sont vous et moi, et un tas d’autres de nos semblables de travailleurs.

Autre extrait :

Mais la liturgie de Reinhart et Rogoff est trop belle pour être rejetée tant le mystère de la foi austère est grand. Dites, l’histoire de Jésus qui change l’eau en vin, ça fait du bien d’y croire, non? L’austérité a au moins le mérite de vous servir une leçon de morale : payez pour vos excès.

Tant et aussi longtemps que le train de vie des membres du 1 % des plus riches, les porteurs de la bonne parole de l’austérité, n’est pas touché. Et touché, il ne l’est pas : l’industrie du luxe a connu une croissance de 10 % en 2012. Le Fonds monétaire international le confirme : les inégalités de revenus n’ont jamais été aussi élevées depuis 1929, même au Canada, et croissent sans cesse depuis 2007.

Entre la rédaction de mon édito et sa publication, d’autres éléments de preuve de cette folie sont venus s’ajouter.

Comme le PDG de la grosse banque d’affaires américaine JP Morgan, qui admet sans honte que son institution fait surtout de l’argent lors des crises financières et éclatement de bulles, bulles du reste alimentée et manipulée par ladite banque.

Le Fonds monétaire international qui reconnaît son incroyable crédulité dans la manière qu’elle a affronté la crise en Grèce.

Pendent ce temps, l’Europe s’enlise.

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