L’Indice Jobboom de mai bouge peu. En fait, il demeure dans ses eaux troubles pour la simple et bonne raison que le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé, ne s’améliore guère depuis plusieurs mois. Et cette situation touche tant le Québec, que le Canada, hormis les quelques provinces «boostées» par l’exploitation faramineuse des champs pétrolifères. C’est-à -dire l’Alberta et la Saskatchewan.
Pour le reste du pays, dont les trois principales provinces et toutes celles de l’Atlantique, le marché de l’emploi ne parvient tout simplement à répondre à la demande pour du travail. Ceux qui en font les frais : les jeunes. Le taux de chômage chez les moins de 25 ans n’a jamais été aussi élevé ce printemps que depuis au moins 2010.
La situation n’est certes pas comparable à ce qui se passe dans les pays du «club med», l’Espagne, l’Italie et la Grèce, notamment, où le chômage officiel des jeunes dépasse les 50%. Mais l’écart entre le chômage des jeunes et celui des travailleurs de 25 à 64 ans frôle des niveaux comparables à ceux vécus pendant la crise économique du début des années 80.
Depuis décembre dernier, le chômage chez les jeunes a cru de 20% au Québec. À 14,7%, il atteint un de ses plus hauts niveaux depuis de nombreuses années. Jusqu’à maintenant, le Québec s’était particulièrement bien distingué par rapport aux autres provinces pour le chômage des jeunes. Ce n’est plus le cas. Désormais, le taux de sans-emploi québécois des moins de 25 ans est sensiblement le même que dans le reste du Canada.
La situation n’est pas dramatique, mais cela fait tout de même plus de trois ans que le Canada peine à intégrer les jeunes au marché de l’emploi. Le taux de chômage se maintient inexplicablement près ou au-dessus de 14% depuis 2010.
Si la situation ne s’améliore pas d’ici les prochains mois, le sujet devra revenir à l’avant-scène des priorités nationales. Et les gouvernements, tant celui du Parti québécois à Québec, que celui du Parti conservateur à Ottawa, devront s’y attaquer. Sans quoi un autre printemps érable dans les prochaines années n’est pas à exclure… Même à Toronto.
L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années, et à partir des données de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada. Plus l’Indice est fort, c’est-à -dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».
