31/07/06

Permalink 12:22 pm, Éric Grenier / , 799 mots  

Qui vieillira verra

Éric Grenier sera de retour de vacances dans quelques jours, probablement très en forme... Surveillez ce blogue!

Pour l'heure, voici une de ses chroniques récemment publiée dans le Magazine Jobboom.

***


Vieux démons
Loin de moi l’idée de vouloir vous torturer l’esprit avec le fameux choc démographique. Cette secousse à la suite de laquelle le Québec commencera à se dépeupler et qui aura des conséquences dignes du Jour du Jugement dernier, si on en croit le discours de certains leaders d’opinions, comme celui des Lucides.

Au Magazine Jobboom, nous avons nous-mêmes tiré la sonnette d’alarme il y a deux ans : les baby-boomers prépareraient-ils le cadeau de la terre brûlée en lègue aux générations futures? Même le gouvernement Charest s’est mis en mode panique face à cette problématique en organisant le Forum des générations, en 2005.

Eh bien, pour d’autres, ce fameux choc serait plutôt chic. «Les gens devraient célébrer l’arrivée de cette nouvelle tendance démographique comme celle d’un nouvel âge d’or.» C’est la conclusion d’un étonnant billet tiré du célèbre magazine d’affaires publiques britannique The Economist dans son numéro de janvier dernier.

Bref, oubliez l’Enfer et le Purgatoire, c’est le Paradis sur terre que nous apporterait le choc démographique. Selon le magazine, la crainte injustifiée du phénomène serait nourrie par les gouvernements et les entreprises parce que ce sont surtout eux qui devront déployer des effort pour s’adapter aux changements qui en découleraient. Les gouvernements détestent l’idée d’une population déclinante, qui implique un produit intérieur brut – soit la valeur de tout ce qu’un pays produit en une année – tout aussi réduit. Et à leurs yeux, un PIB limité mènera inévitablement à une influence, à une armée et à un pouvoir chagrinés.

Pour les entreprises, une population en baisse équivaut à moins de clients. Il leur faudra donc en trouver de nouveaux ailleurs, et pour cela, elles devront explorer d’autres marchés, se frotter à de nouvelles concurrences, adapter leurs produits, etc.

The Economist estime plutôt qu’une population réduite permet l’enrichissement de tous en étant plus productive, par exemple en forçant la création d’outils, de technologies et de méthodes plus efficaces.

Ce qui au fond n’est pas fou. Prenons l’exemple de l’agriculture. Aujourd’hui, le Québec compte 34 % moins de fermes qu’il y a 20 ans, selon Statistique Canada. Pourtant, les fermes produisent plus que jamais. Au Saguenay, Alcan produit deux fois plus d’aluminium en ce moment, qu’il y a 20 ans, mais avec presque la moitié moins de personnel.

Pour Jacques Parizeau, choc démographique ou pas, la dette du Québec demeurera parfaitement gérable. «L'endettement total des Québécois – des gouvernements fédéral et provincial, ndlr – diminue puisque le gouvernement fédéral a considérablement réduit sa dette ces dernières années en raison de ses surplus. Cette partie de la dette fédérale qui appartient aux Québécois baisse constamment donc», disait l’ancien Premier ministre au journal Les Affaires, en novembre dernier.

Et la santé? Il ne sert à rien d’en faire une maladie, a déjà jugé dans nos pages François Béland, professeur en administration de la santé à l'Université de Montréal, en citant la Suède : «Ce pays compte la proportion de personnes âgées que le Québec atteindra vers 2017, soit 17 %. Les Suédois âgés ne meurent pas dans les rues, le pays ne croule pas sous la dette. De plus, les Suédois font plus d’enfants que nous. Ils soutiennent une population âgée, mais en plus, ils payent pour élever plus d'enfants.»

Pour sa part, le démographe David K. Foot est persuadé que le Québec tirera nettement mieux son épingle du jeu démographique que les pays européens à cause de son accès au marché américain. Aussi, à propos de notre capacité à innover dans une société vieillissante, il rétorquait à l’avance aux auteurs du Manifeste pour un Québec lucide, de même qu’à Bernard Landry – qui avait déjà affirmé dans notre dossier sur le choc démographique en octobre 2004 que ce n’est pas à 60 ans qu’on fonde des Bombardier, «Il existe deux moments forts de la créativité dans une vie. Dans la trentaine et dans la cinquantaine. Or, deux groupes importants en nombre, les baby-boomers et leurs enfants, atteindront en même temps leur pointe de créativité. Ça ne s'est jamais vu.»

Qui vieillira verra.
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25/07/06

Permalink 14:18 pm, Éric Grenier / , 891 mots  

Spécial vacances -- Petite virée en région

Comme à la tivi, le blogue du Magazine Jobboom présente des reprises durant la période des vacances. Cette fois-ci, l'édition de mai dernier de la chronique l'Heure supplémentaire, publiée chaque mois dans la version papier du magazine. Bonne lecture!
Eric Grenier
Votre dévoué blogueur en vacances

Pas d’exode des jeunes?

La question qui tue : quelle est la région du Québec la plus durement frappée par l’exode des jeunes? La Gaspésie? C’est chaud, c’est chaud, mais vous n’y êtes pas. Le Saguenay? Complètement dans les bleuets. La Côte-Nord? Nop…

Alors? C’est Laval!

Deux choses choquent dans cette information : d’abord, le fait que Laval soit considérée comme une région administrative officielle. Si Laval est une région, le Saguenay, c’est quoi? Une république? Ensuite, c’est que cette ville-région-MRC située en banlieue de Montréal, qui se veut l’image de la prospérité est, des 17 régions officielles, celle qui retient le moins ses jeunes. Même la «malheureuse» Gaspésie éprouve moins de mal à garder sa jeunesse chez elle!

Ces chiffres proviennent de l’étude la plus complète qui ait été réalisée sur la migration des jeunes Québécois et intitulée Suivi des trajectoires migratoires des jeunes du Québec, publiée en février dernier. L’auteure, Chantal Girard de l’Institut de la statistique du Québec, s’est basée sur le fichier des personnes assurées de la Régie de l’assurance maladie du Québec pour suivre deux cohortes de jeunes : ceux qui avaient 16 ans en 1988, et ceux qui avaient 16 ans en 1994. La plus âgée des cohortes – dont les membres ont eu 32 ans en 2004 – est la plus pertinente, puisque d’habitude, à cet âge, les études sont terminées et on s’installe pour de bon.

On y constate que, généralement, les jeunes Québécois ont la bougeotte. Plus de la moitié de la première cohorte a vécu hors de sa région d’origine pendant au moins un an entre 1988 et 2004. Et ce, qu’il s’agisse de Saguenayens, de Montréalais, de Lanaudois, d’Outaouais, etc.

Mais en grattant davantage, une conclusion renversante nous apparaît : l’exode des jeunes des régions éloignées est une lubie. La région qui se plaint le plus de voir partir ses rejetons pour la grande ville, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, abrite une population «autochtone» de trentenaires tout à fait identique à la moyenne provinciale. Autrement dit, proportionnellement, le Saguenay ne perd pas plus ses jeunes que les autres régions du Québec.

En fait, 7 régions sur 17 souffrent davantage que le Saguenay du départ définitif de leurs petits, Montréal incluse! Si, si, seulement 59 % des Montréalais qui avaient 16 ans en 1988 habitaient toujours leur ville en 2004. Au pays des Tremblay, c’est près de 62 %.

Les jeunes partent, certes. Pour les études. Pour les premières expériences professionnelles. Mais une fois la bamboche terminée, certains reviennent. La région championne du rapatriement? Lanaudière, avec un taux de retour des exilés de presque 20 %, suivie des Laurentides, de la Montérégie, de Laval puis de la Gaspésie.

Celles qui ont du mal à reconquérir leurs brebis égarées : l’Outaouais, l’Estrie, Montréal, Québec et le Saguenay. À remarquer, il n’y a qu’une seule région éloignée dans ce groupe de boudées.

Là où le bât blesse, cependant, c’est l’incapacité de certaines régions à attirer les migrants des autres coins du Québec. C’est le cas du Saguenay, la pire à ce chapitre, et de la Gaspésie. À l’inverse, Laval, la Montérégie, la Capitale-Nationale, les Laurentides, Lanaudière, Montréal et l’Outaouais remplacent tous leurs exilés par de nouveaux arrivants, et gagnent même d’autres jeunes en plus. Trois de ces régions abritent les trois principaux centres urbains de la province, inexorables pôles d’attraction. Pour Lanaudière et les Laurentides, la situation s’explique aussi par leur proximité de la métropole. Toutefois, si on remonte un peu plus au nord dans ces deux régions, comme à Mont-Laurier ou Saint-Donat, il n’est pas certain que l’on constatera le même caractère attractif.

Pauline Marois, alors qu’elle était ministre des Finances, avait compris que les régions éloignées ne souffraient pas d’un exode, mais plutôt d’une incapacité à attirer des jeunes des autres régions. Dans son dernier budget en 2003, elle a instauré une mesure fiscale qui s’est révélée un gigantesque succès. L’engouement à l’égard d’un crédit d’impôt de 8 000 $ offert aux jeunes diplômés qui s’installent en régions périphériques a finalement coûté au trésor québécois quatre fois plus cher que prévu! Selon des documents obtenus par Le Devoir, en 2004 seulement, plus de 9 000 jeunes se sont enracinés dans les six régions et les cinq MRC visées par cette mesure.

Comme quoi, en région, quand on joue le jeu de la Grande Séduction, il y a moyen de moyenner.

24/07/06

Permalink 14:14 pm, Éric Grenier / , 161 mots  

Burn-out – Appel à tous

Des entreprises qui refusent de les embaucher, malgré un c.v. exemplaire. Des employeurs qui les congédient illégalement, peu importe leurs états de service remarquables. Des collègues qui les répudient. Qui ça, les galeux ? Non, les grands brûlés du burn-out, qui en plus d’avoir à se battre contre leur maladie, doivent se méfier d’assureurs vautours et de leurs médecins complaisants !
Dans sa prochaine édition, à paraître le 15 août prochain, le Magazine Jobboom dévoilera les résultats d'une enquête sur les conséquences pour les victimes du burn-out dans la suite de leur carrière.
Si vous avez été vous-même victime d'un burn-out, ou que vous connaissez un proche qui en a fait un, nous aimerions avoir votre témoignage. Avez-vous connu des difficultés au retour au travail? Avez-vous perdu votre emploi? Avez-vous l'impression d'avoir perdu des occasions de promotions ou d'emplois?
Merci!
L'équipe du Magazine Jobboom

20/07/06

Permalink 14:07 pm, Éric Grenier / , 439 mots  

Le Massif - Suivi

Un suivi concernant notre discussion sur le Massif de la semaine dernière. Pour ceux qui auraient manqué la nouvelle, il y a eu une conférence de presse de Daniel Gauthier, le président du Massif, mardi dernier, au cours de laquelle il a précisé sa pensée concernant les projets de développement de la station de ski de Charlevoix et les négociations avec le syndicat qui ont cours à cet effet.
Monsieur El Vince, un participant au blogue, avait écrit ceci:
«Les hypothèses qui semblent plus logiques:
1-L'exécutif syndical et la partie patronale sont très proche d'une entente, mais il reste des points mineurs en litige. Aucun de vent céder.
2-Il n'y a à peu près pas un employé à la station de ski pendant l'été, il est impossible tant pour les patrons que pour l'exécutif syndical de prendre le pouls des employés, ce qui amène un problème de communication.
3-Quelque chose que bien peu de monde savent, mais qu'on va apprendre bien assez tôt.

Personnellement, je dirais un mélange des 3. Mais faire dérapper son propre projet? Je ne pense pas. Feriez-vous dérapper un projet où les gouvernements paient une énorme partie de la facture mais dans lequel vous garderiez les profits?»

Fin de la citation de El Vince

Eh bien, il semble que El Vince ait vu juste, puisqu'un médiateur a été nommé par le ministre du Travail cette semaine, et commencera à rencontrer les deux parties en août. De plus, Gauthier s'est en quelque sorte excusé de n'avoir peut-être pas tout à fait bien saisi les craintes des employés. D'où, comme le pensait El Vince, un possible problème de communication, étant donné que la station est présentement fermée pour sa pause estivale. M. Gauthier a affirmé que jamais le projet ne serait menacé par le résultat des présentes négociations entre patron et syndicat. Le projet devrait commencer à prendre forme le printemps prochain.

Pour avoir été le participant ayant émis l'hypothèse la plus juste. M. El Vince gagne un popsicle à l'orange. Il recevra son prix par la poste d'ici 4 à 6 semaines.
Et parlant de pause, c'est à mon tour. De retour en chair (ou en chaire, c'est selon) et en os le 8 août. D'ici là, quelques messages pré-mâchés ont été préparés. Vous n'aurez qu'à les mettre au micro-ondes.
Merci pour votre indulgence! J'apprends le métier de blogueur sur le tas, et vous êtes très motivant, mais aussi très durs... Vous n'en manquez pas une, mettons. ;-))
À plustre

19/07/06

Permalink 16:42 pm, Éric Grenier / , 242 mots  

Wal-Mart n'a pas à assurer ses employés

Je vous résume ici une dépêche de l'Agence France-Presse qui vient de tomber concernant Wal-Mart, qui a obtenu d'un tribunal le droit de ne pas assurer ses employés. Car aux États-Unis, comme vous le savez sans doute, il n'y a pas de programme d'assurance-maladie universel, c'est aux individus de s'assurer. Mais la plupart des employeurs offrent eux-mêmes l'assurance à leurs employés. Ce qui n'est pas le cas du plus gros employeur dans le monde (1,8 million de salariés), Wal-Mart. Or, l'État du Maryland a tenté de forcer le détaillant au happy face d'assurer ses employés, en adoptant une loi en ce sens. L'État du Maryland considére que Wal-Mart sous-paye ses employés en laissant à l'État la charge de leur couverture maladie par l'intermédiaire des programmes sociaux pour les pauvres. Mais un tribunal fédéral a invalidé la loi, prétextant qu'elle est discriminatoire pour les autres travailleurs de l'État. Si la loi avait entré en vigueur comme prévu le 1er janvier 2007, Wal-Mart aurait été forcé de consacrer 8% de sa masse salaraile à l'assurance-maladie pour ses employés.
Cette nouvelle en rappelle une autre d'il y a deux ans, si je me souviens bien, où cette fois-là, l'État du Minnesota avait voulu, sans succès, instaurer une taxe de vente spéciale aux grandes surfaces, exactement pour les mêmes raisons que celles évoquées par le Maryland.

18/07/06

Permalink 15:17 pm, Éric Grenier / , 302 mots  

Crise au Moyen-Orient - Prix du gaz

Ah! Ah! Faminiprix... Je savais qu'avec un titre semblable, j'attirerais votre attention. En fait ce n'est pas un piège et j'ai besoin de votre son de cloche : avec la crise qui a cours au Moyen-Orient présentement, dont on ne voit pas la fin, les prix du pétrole brut vont probablement encore monter d'un cran d'ici les prochaines semaines. À la pompe, ça va nous faire pomper, c'est sûr (j'ai droit à un calembours par semaine!)
Hier, la firme de gestion de ressources humaines ROBERT HALF a fait état d'un sondage indiquant que la majorité des employeurs – 82 pour cent – avaient déjà mis de l'avant des mesures pour atténuer les effets de la montée rapide des prix de l'essence chez leurs employés. Ça peut aller de l'augmentation de l'indemnité de kilométrage pour ceux qui utilisent leur auto durant les heures de travail, ou permettre à certains de faire du télétravail, offrir du transport, ou carrément donner de l'argent pour payer l'essence. En allant voir le communiqué, vous aurez une meilleure idée de toutes les manières utilisées par les employeurs.
Le problème que j'ai avec ce sondage, c'est que son échantillonnage est très petit, soit à peine une centaine de cadres à travers le Canada. Ce n'est pas très fiable, et je doute que ça représente la réalité. Ça la représente peut-être, mais il n'y a aucun moyen de savoir, mis à part de réaliser un vrai sondage, avec un échantillon d'au moins 600 personnes. Ce dont, avec mon budget de recherche pharaonesque, je n'ai pas les moyens. Je vous pose donc la question.
Alors, chez-vous, c'est comment? Votre patron a-t-il augmenté les indemnités au kilométrage (pour ceux qui y ont droit)? A-t-il appliqué d'autres mesures? Parmi celles énumérées dans le communiqué de Robert Half, laquelle vous intéresse le plus?
À go, à vos claviers!

GO!

17/07/06

Permalink 15:22 pm, Éric Grenier / , 137 mots  

Fait 'haud!

Un petit rappel qui peut s'avérer capital de la part de la CSST en cette journée où le Québec prend des allures d'Inde. À 15 heures par exemple, à l'Aéroport international Montréal-Trudeau, le mercure marquait 32, avec un humidex de 41. Même chose pour Québec et Sherbrooke. À Ottawa, 42 d'humidex. Un «frisquet» 30 à Tremblant, avec 38 d'humidex. Au cours des 5 derniers étés, la CSST a répertorié 6 décès de travailleurs dûs à la chaleur. En plus, je vous invite à lire un petit texte du Journal de Montréal d'aujourd'hui. Je vous mets au défi de ne pas avoir pitié de cet ado qui travaille comme mascotte à La Ronde. Et de ne pas rire au commentaire du gars d'Environnement Canada!
Courage pour ceux qui travaillent à l'extérieur et un gros tas de quelque chose innommable ici à ceux qui sont en vacances... ;))

14/07/06

Permalink 11:45 am, Éric Grenier / , 240 mots  

Ben drôle de job...

Le président George W. Bush, alias In-Rob-We-Trust, a parmi son personnel politique un Directeur des Leçons apprises... payé 105 000 $ par année. C'est pas une joke, allez voir sur cette liste officielle du staff de la Maison blanche. Ce qui a fait dire à un membre du Parti démocrate sur son blogue qu'on pourrait épargner ces 100 000 $ si la Maison Blanche avait déjà apprises ces quelques leçons de base... Je traduis pour ceux qui ne lisent pas l'ontarien:

Leçon # 1: Quand le Chef des armées et le Secrétaire d'État affirment qu'on s'en va en guerre avec des troupes insuffisantes, c'est qu'on s'en va en guerre avec des troupes insuffisantes.

Leçon # 2: Quand 8,8 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Irak disparaissent, et que 2 milliards pour l'aide à la Nouvelle-Orléans après Katrina disparaissent aussi, c'est le temps de demander quelques redditions de comptes.

Leçon # 3: Quand vous «tournez les coins» de l'Irak plus souvent que Danica Patrik aux 500 milles d'Indianapolis, c'est que vous tournez en rond.

Leçon # 4: Quand le service national de météorologie annonce qu'un ouragan de catégorie 5 s'apprête à frapper la Nouvelle-Orléans, c'est qu'un ouragan de catégorie 5 s'apprête à frapper la Nouvelle-Orléans.

Le blogueur démocrate s'interroge aussi pourquoi le président paie deux Conseillers en éthique et un Vérificateur de faits. Selon lui, ils doivent être plus souvent en vacances que le président lui-même, déjà considéré comme le plus vacancier des présidents. On devrait plutôt fusionner ces trois postes et créer le poste de Directeur de l'Ironie.

13/07/06

Permalink 17:00 pm, Éric Grenier / , 235 mots  

Les immigrants, du bétail, et Kenny Boy lynché!

Lu dans la chronique War Room de Tim Grieve, de Salon.com, des nouvelles de deux sujets abordés récemment ici: Ken Lay et les immigrants.
D'abord, un représentant républicain au Congrès (l'équivalent de notre Chambre des communes) a suggéré en chambre cette semaine, que pour régler le problème de l'immigration clandestine, il faudrait ériger une clôture électrique le long de la frontière avec le Mexique. «Pas le genre d'électricité qui tue, mais celle qui empêche le bétail de traverser. On le fait tout le temps avec le bétail.»

Puis, lors des funérailles de notre ami à tous ici, Ken Lay, ex-pdg de Enron, qui est en voie de devenir notre mascotte officielle, le pasteur qui a officié à la messe à Houston a déploré le fait que Ken Lay a été victime d'un lynchage public. «Sauf qu'il n'était ni noir ni pauvre, comme Byrd», d'ajouter le révérend. Le Byrd en question, un chômeur noir de 46 ans, a été séquestré et attaché à l'arrière d'un pick-up par trois hommes blancs, puis égorgé, avant qu'ils ne lui fassent faire le tour des champs à toute vitesse (toujours attaché!). Selon l'autopsie, l'homme serait mort après que son corps eut frappé une calvette, alors que sa tête et un de ses bras se sont détachés. Les trois hommes auraient poursuivi leur route encore quelques kilomètres par la suite avec ce qui restait du cadavre.

Allô l'analogie, M. le curé!!!?!?!
Permalink 11:53 am, Éric Grenier / , 228 mots  

Sérieux le projet du Massif?

Daniel Gauthier est-il sérieux avec son projet du Massif dans Charlevoix? Après avoir menacé de fermer les livres sur son projet de 230 millions $ parce qu'il manquait 10 millions des gouvernements, il réitère sa menace mais cette fois-ci sur le dos des employés. S'ils n'acceptent pas de rouvrir la convention pour permettre plus de mobilité du personnel, il arrêterait tout. On ne fait pas un projet de 230 millions parce qu'on ne peut pas envoyer le gars des remontées pelleter les parkings? Est-ce juste du bullshittage de bonne guerre ou bien Gauthier cherche à se sortir de son projet sans en avoir à porter l'odieux de l'échec? Des employés qui gagnent 14 $ de l'heure six mois par année seraient ainsi tenus responsables de l'échec? Se peut-il que le projet ne soit pas réaliste, qu'on l'a découvert sur le tard? Plus du quart du projet est financé par l'État. Est-ce normal? Dans le cas de la phase II de Tremblant, les gouvernements ont allongé les mêmes sommes, mais pour un investissement total qui dépasse le milliard de dollars. Il y a même eu grève à Tremblant, et le propriétaire des lieux, Intrawest, n'a jamais menacé de ramasser ses billes et de partir avec ses petits.

S'il y a des gens de la région qui en savent un peu plus que nous sur cette histoire, qu'ils partagent leurs infos avec les internautes du jobboomblog.

12/07/06

Permalink 11:05 am, Éric Grenier / , 240 mots  

Deux semaines par année assis dans son char

L'année compte 52 semaines; là-dessus, vous en avez passé en moyenne 2 assis dans votre auto, ou debout dans le métro et l'autobus à se déplacer pour aller travailler. C'est à cette conclusion étonnante qu'on est confronté après avoir pris connaissance d'une étude de Statistique Canada rendue publique aujourd'hui.
Ça s'appelle le temps de navettage, et de plus en plus, il nous prend de plus en plus de temps pour se déplacer afin d'aller gagner sa pitance. À Montréal par exemple, le temps moyen de déplacement par jour est de 76 minutes. En 1992, 47 % des Montréalais prenaient une heure et plus par jour pour se déplacer. Maintenant, c'est 60 %. Dans l'ensemble du Québec, 27 % des travailleurs voyagent une heure et demi et plus par jour, contre seulement 15 % en 1992. La congestion routière responsable? Oui dit Statistique Canada, mais de manière générale, il est encore plus long de se déplacer en transport en commun que seul dans son char sur la Métropolitaine.
Les raisons de ces augmentations? À mon avis, c'est l'étalement urbain. Pour pouvoir se payer une résidence un tant soit peu potable, les travailleurs doivent s'établir de plus en plus loin des villes. Une maison unifamiliale à Montréal coûte deux fois plus chère qu'à Saint-Jérôme par exemple. Ce phénomène que j'appelle la rurbanisation est particulièrement observé et documenté aux États-Unis et en France. Faute de pouvoir se payer New York ou Paris, bien qu'ils y travaillent, les gens voyagent, par auto, par autobus ou par train.

11/07/06

Permalink 11:56 am, Éric Grenier / , 181 mots  

Des vacances? Quelles vacances?

Si la tendance se maintient, une personne sur quatre parmi vous ne prendra aucune vacance cet été. Un sondage CROP pour le compte de l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (ORHRI) révèle qu'un bon nombre de ceux qui prendront des vacances, amèneront du boulot avec eux sur la plage: le cellulaire, l'ordi portable, la connexion Internet... Et quand on est pauvre, on oublie ça les longs congés: 40% de ceux dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $ n'en prendront pas.

Parmi les heureux en vacances, le tiers le feront pour deux semaines, et 40% entendent s'accorder trois semaines ou plus de repos.

Question: est-ce souhaitable que les patrons demandent de plus en plus à leurs employés de demeurer joignables pour le boulot pendant leurs vacances? Car, selon l'ORHRI, c'est de plus en plus fréquent, et surtout, malheureux. En bout de ligne dit l'Ordre, c'est l'entreprise qui y perd au change parce que les batteries de leurs employés ne se rechargent pas au complet lorsqu'elle leur demande de faire suivre cellulaire et Internet avec eux en vacances...

10/07/06

Permalink 14:24 pm, Éric Grenier / , 33 mots  

Ken sur la planète d'Elvis?

Kenneth Lay, le pôvre homme traîté probablement de manière injuste de crapule ;-) dans ce blogue, décédé la semaine dernière, pourraît avoir été aperçu sur la planète d'Elvis... Alors, mort ou vif le bonhomme?

07/07/06

Permalink 10:30 am, Éric Grenier / , 136 mots  

14 milliards $

14 milliards de dollars. Ce sont les revenus qu'a tiré, pour l'année fiscale qui vient de se terminer, le gouvernement de l'Alberta de l'extraction du pétrole de son sous-sol par le biais de redevances payées par les producteurs. Cette province a 27 milliards de dollars en dépenses annuellement. Autrement dit, avant même de commencer à piger dans les poches des contribuables, le ministre des Finances de là-bas a déjà la moitié de son budget bouclée! On comprend que pour le reste, pas besoin de trop d'imagination pour terminer l'année avec des surplus... Juste pour l'année 2005-2006, le surplus est de 8,7 milliards. Surtout que ces surplus n'indiquent en rien que le gouvernement albertain gère mieux l'argent des contribuables que le nôtre: les dépenses provinciales sont de 8100 $ par tête de pipe au pays des cow-boys, contre 7300 $ dans celui du Bonhomme carnaval.

06/07/06

Permalink 10:47 am, Éric Grenier / , 57 mots  

Du capital énergétique, chers contribuables!

Je vous invite à consulter la nouvelle édition du blogue Kiosque Média que me fait parvenir chaque semaine mon bon ami Claude Marcil, l'instigateur de cet incontournable de la grande Toile. Cette semaine, une perle: grâce à nos taxes, les profs de Montréal assurent la croissance de leur capital énergétique! Oh Yeah! À lire, c'est un must... ;-)

05/07/06

Permalink 11:37 am, Éric Grenier / , 121 mots  

Une crapule de moins

En v'là un dont sa disparition ne noiera pas de larmes les parvis d'églises, quoique bien de ses ex employés auraient certainement aimé faire la job eux-mêmes, ou à tout le moins, le voir croupir et souffrir en prison... Ils sont des milliers à avoir ET perdu leur job ET perdu tout leur régime de retraite et pratiquement toutes leurs économies par les manigances de grande crapule de ce salaud, une sorte de rat qui de sa bouche d'égoût, profitait crasseusement des basses oeuvres de ses sous-fiffres et yes-men. Il est mort à 64 ans ce matin d'une crise cardiaque. Je doute cependant qu'il s'agisse de la vérité: encore faut-il avoir un coeur pour crever du coeur...
Mais qui est-ce? Regardez ici...

04/07/06

Permalink 12:31 pm, Éric Grenier / , 693 mots  

Chronique L'heure supplémentaire

Chronique L'heure supplémentaire parue dans l'édition de juin/juillet du Magazine Jobboom, vol. 7, no 6.

La vieille dame et la ville


Sans ses métropoles, le Canada ne serait toujours qu’un pays en voie de développement! Voilà ce que disait fréquemment Jane Jacobs, vieille dame indigne des sciences économiques, qui avait le don d’ébranler les certitudes présentées en immuables lois de la nature par la frange la plus dogmatique des économistes.

C’était d’autant plus enrageant pour eux, car la dame n’avait aucune formation s’approchant de l’économie. Journaliste de carrière, elle était une pure autodidacte, mais ses thèses avaient le don de se vérifier avec le temps et de bien vieillir. Tout comme elle.

Malheureusement, la dame n’est plus. Elle est décédée le 24 avril dernier à l’âge de 90 ans. Afin que ses idées pas piquées des vers ne soient pas enterrées avec elle, rappelons-en quelques-unes pour la postérité.

Jane Jacobs a contribué par ses travaux à redéfinir bon nombre de politiques économiques ici comme ailleurs. Son premier opus, The Death and Life of Great American Cities, paru en 1961, est aujourd’hui l’ouvrage que l’on fait d’abord lire aux étudiants en urbanisme. Alors qu’à Montréal, on astiquait à peine les premiers gratte-ciel, Jane Jacobs y annonçait déjà le retour à la vie de quartier, comme cela s’est avéré avec la relance du Plateau-Mont-Royal et de Saint-Roch, à Québec, par exemple.

En 2001, The Nature of Economies, le dernier traité économique qu’elle signa, raffine sa pensée à ce sujet. Les sociétés humaines, comme la nature, sont soumises à l’imprimatur de l'économie, avançait-elle. Les villes sont les écosystèmes de l'homme moderne. Si elles déclinent, elles annoncent la mort lente de la société qui l’entoure.

Née en 1916 en Pennsylvanie, Jane Jacobs a longtemps vécu à New York avant de s’établir à Toronto, en 1968. Parmi ses thèses qui touchent spécifiquement le Québec, celles sur la nécessité de faire l’indépendance pour relancer l’économie québécoise vont à contre-courant de la majorité des discours des gens d’affaires, encore aujourd’hui. «Faites l’indépendance, et avec votre propre monnaie, disait-elle. La souveraineté, c'est la confiance en soi. Qu'est-ce que ça veut dire “Maîtres chez nous”? Ça veut dire que vous devenez responsables. Vous ne voulez pas être comme les Maritimes, dépendre du reste du pays, mais c'est là que vous vous en allez», affirmait-elle dans un entretien accordé au magazine L’actualité, au milieu des années 1990.

De plus, elle soutenait que le nationalisme québécois n’avait en aucun cas provoqué le déclin de Montréal. «C'est le déclin qui a provoqué l'exode des anglophones. Les gens vont ou restent là où il y a du travail. Voyez l'exode des francophones vers la Nouvelle-Angleterre au début du XXe siècle. Ils ne sont pas partis à cause de lois linguistiques.»

À ce chapitre, elle contredisait d’ailleurs l’idée reçue à l’effet que le Québec est un trop petit marché et donc condamné à exporter. Encore là, c’est prendre le problème par la mauvaise patte. Avant de pouvoir rêver à l’exportation, il faut d’abord réussir à vendre à l’intérieur, croyait-elle. Comme Bombardier, qui a commencé à vendre des skidoos à des Québécois avant de livrer des jets régionaux en Asie.

Avant même que l’idée ne trotte dans la tête d’un quelconque dirigeant québécois, au début des années 1980, Jane Jacobs prédisait l’importance de la formation continue. «C'est au moins aussi important que les universités», répétait-elle.

Quant aux fusions des petites entreprises pour faire face à la concurrence mondiale, elle n’y croyait pas. Les grandes entreprises ne recevaient pas, du reste, son aval. Parce que ces dernières détestent ce que Jacobs appelait les fugues (et qu’elle encourageait) : ces salariés qui démissionnent pour créer une nouvelle entreprise. Pourtant, les «fugues» sont essentielles à une économie. Les fugueurs forment une petite compagnie pour fabriquer un produit nouveau grâce à leurs épargnes et à un prêt. Si, en expansion, ils trouvent un bon financement, l'entreprise décolle, achète, embauche. C’est une des clés de l’innovation pour une économie.

Des leçons à retenir.
Permalink 10:30 am, Éric Grenier / , 60 mots  

Spectaculaire

Extraordinaire reportage de la BBC (Grande-Bretagne) à propos des marchands de sel des hautes terres de l'Éthiopie, qui vivent pendant des mois dans le désert, font des centaines de kilomètres à dos de chameau, à la recherche de sel. Voyez le photo-reportage ici, et écoutez le reportage radio . Je vous mets une image juste pour vous mettre en appétit.

03/07/06

Permalink 13:52 pm, Éric Grenier / , 115 mots  

Travailler aux USA

Faire carrière aux USA? Pour faire plus d'argent? Minute papillon! N'entre pas qui veut au pays de l'Oncle George: seulement 65 000 visas sont distribués aux travailleurs étrangers de haut niveau de formation, et ils s'envolent plus rapidement que jamais. Pourquoi les entreprises américaines recrutent à l'étranger? Parce qu'il manque de travailleurs qualifiés, disent les employeurs. Pour s'offrir du cheap labor disent d'autres, Indien et Chinois surtout. Une manière de ne pas délocaliser des activités à l'extérieur, tout en délocalisant, d'une certaine manière! Autrement dit, les employeurs américains vous embaucheraient bien, à condition que vous commandez un salaire moindre qu'un travailleur américain. À lire dans le Los Angeles Times d'aujourd'hui. Inscription obligatoire au site, mais c'est gratis.

Éric Grenier est chroniqueur et rédacteur en chef du Magazine Jobboom.
eric.grenier@jobboom.com
514-871-0222, poste 2287.
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