10/08/07Joke de la semaine
Le titre de ce message est Joke de la semaine, mais en fait, ça pourrait être Joke du siècle. Je viens de la lire dans la dernière édition du journal Les Affaires. J'en ai mal à tous les muscles tant je m'étouffe encore de rire.
C'est une chronique écrite (ça me fait brailler plutôt que rire, ça par exemple) par le président de l'Institut économique de Montréal, un organisme de défense des idées ultra libérales. En fait, je me demande pourquoi l'IDEM se fend en quatre pour réaliser des études, puisqu'elles concluent toutes de la même manière: privatisons. Alors, qu'importe le sujet, le problème, la problématique, le défi, le paradigme, l'équation, le mythe, le mystère, le théorème, on le sait maintenant, il n'y a qu'une seule solution: privatisons. Le gars qui chronique s'appelle Paul Daniel Muller. L'IEDM a opinion à peu près sur tout, et ne se limite surtout pas aux questions économiques. Alors, vous vous imaginez bien que la récente tempête dans un buck de bière au sujet des algues bleues dans nos lacs allait bien lui inspirer une quelconque réflexion. Mieux: il a trouvé LA solution. Et je vous le donne en mille: privatiser les lacs! Pas les bords de lacs, ils le sont déjà à presque 100%, non, le lac lui-même! Et les algues bleues disparaîtront comme par enchantement. C'est-y pas beau, ça???? Tiens, mettons que je gagne le Super 7 de ce soir, je m’offre avec mon nouveau motton le Lac Masson (en photo ci-bas). La surface, comme le fond de l’eau devient ma propriété exclusive comme peut l’être mon salon. J’en fais ce que je veux, et surtout, si un riverain le polluerait parce qu’il a du gazon jusqu’au bord, je pourrais le poursuivre en Cour supérieure… ![]() Quant à faire, privatisons l'air pour éliminer la pollution atmosphérique, le Soleil, pour se débarrasser des cancers de la peau, les champs électromagnétiques pour promouvoir l'industrie de la télépathie, la pensée pour édifier les masses ignorantes. Le pire, c'est que très souvent, en tout cas pour les lacs des Laurentides où l'agriculture n'est pas un facteur de l'apparition de fleurs d'eau, les responsables de leur atrophie sont les émules de M. Muller, les proprios de chiottes à millions, aux pelouses manucurées aux engrais jusque dans la bande riveraine. Offrons aux plus grands pollueurs de nos lacs, la possibilité de les acheter et ils se poursuivront eux-mêmes pour pollution de leur bien. Non, mais, trois acres de gazon, il faut être obsédé par le gazon pas à peu près! Aweye mon Dan, chante-nous «Ma gang de malades….»
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