15/08/07

Permalink 16:31 pm, Éric Grenier / , 544 mots  

Enquête sur les BS

Allô les n'amis, quelle date on est aujourd'hui? Hein? Le 15 pardi, et comme à tous les 15 du mois, sauf exceptions, ce jour est gracié par l'arrivée du Jobboom nouveau!





Et ce mois-ci, contrairement au précédent alors qu'il était notamment question de charmes féminins, on ne fait pas dans la dentelle: une enquête sur les BS, les assistés sociaux. Pourquoi, alors que des milliers d'emplois cherchent preneurs, il y a 150 000 personnes sans contraintes à l’emploi qui reçoivent un chèque d’aide sociale à tous les mois? Une facture qui s’élèvera à environ 880 millions de dollars en 2007. C'est sans compter toute l'administration du système... Pourquoi ils y demeurent en moyenne 9 ans? Au magazine, on n'a pas cherché de Bougon, et de faire les crypto-fascistes en frappant sur les p'tits pour épargner les gros... Ça on laisse ça à d'autres feuilles de choux.

Ah! J'entends déjà votre réponse, celle bien entendu qu'on a ficelée et répétée autour d'une bière et dans les soupers de famille: Ce sont des fainéants! Des abuseurs du système. Je les enverrais ramasser des vidanges sur le bord des routes.

Facile de répondre ça. Cependant, si vous étiez un employeur, il y a aussi de fortes chances que même si on vous offrait de les embaucher à coût nul, que vous refuseriez... En fait, il y a un truc qu'on appelle la trappe du BS. Personne n'est à l'abri du BS. Une bad luck, ça arrive vite. Comme un accident, la maladie, une perte d'emploi alors qu'on habite Murdochville, pris avec une maison que personne ne veut acheter, un espoir que l'usine renaisse, mais en vain... Des gens riches et puissants se sont retrouvés sur le BS un jour.

Mais voilà: à partir le premier chèque reçu, vous avez un an pour vous remettre sur les rails. Top chrono! Sinon, la trappe vous guette. Et malgré des efforts surhumains, difficile d'en sortir. Vos compétences deviennent de plus en plus périmées, la confiance en soi s'étiole, il y a un trou dans le CV qui n'inspire plus confiance à de futurs employeurs, etc.... D'autres encore, sont sur la frontière entre l'apte et le pas apte au travail... Faut bien tirer la ligne quelque part. Mais parfois, la différence entre l'apte et non apte au travail est ridicule.

Bref, on aura beau dire, on aura beau faire, il y aura toujours des assistés sociaux. À moins bien sûr qu'on coupe tout le système. Mais comme dit l'économiste Pierre Fortin, pourtant pas vraiment l'ami de la gogauche, «Il y a bien assez d'itinérants comme ça aux abords du métro Berri-UQAM!» Et pas sûr, collectivement, que ça nous aurait coûté moins cher.

À LIRE AUSSI: Ma petite virée dans Hochelaga-Maisonneuve. Il paraît que c'est la capitale mondiale du BS. Et est-ce vrai? Oui, et franchement, c'est tout à leur honneur. Les gens de ce quartier remettent plus d'assistés sociaux au travail que n'importe quelle politique d'exclusion à l'américaine. Oui, mais, dites-vous, si ça marche si bien, pourquoi y a-t-il encore autant d'assistés sociaux? Question pertinente, et la réponse pertinente est dans le texte...




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Éric Grenier est chroniqueur et rédacteur en chef du Magazine Jobboom.
eric.grenier@jobboom.com
514-871-0222, poste 2287.
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