03/09/08Nous prend-on pour des pieuvres?Chaque chose en son temps et les moutons seront bien gardés (ou quelque chose du genre…), veut le dicton. Or, cette sagesse n’est plus in. Elle est complètement out. Elle a été remplacée par un concept aux abords plus modernes : le multitâche. Comme il n’y a plus de temps pour rien, tout doit être fait simultanément. Ils se pensent finfinauds, les premiers gestionnaires à avoir utilisé le terme multitâche pour décrire une façon de travailler qui consiste à tout faire en même temps, croyant l’avoir inventé. Une pratique qu’ils ont depuis imposée à tous les employés. Un peu comme Al Gore qui jure avoir inventé Internet. Le multitâche, ce n’est qu’une variante humanoïde des premières technologies informatiques. Il est né il y a presque un demi-siècle avec l’arrivée des ordinateurs et désignait la capacité des machines à effectuer plusieurs opérations à la fois. Là où ces gestionnaires ont pris de l’avance sur la technologie, c’est en greffant à l’humain une faculté dévolue normalement à des machines. En voulant faire exister le cyborg, ce rêve fou d’incorporer l’ordinateur à l’humain, avant même qu’il soit inventé. Vous connaissez sûrement l’ancêtre du cyborg : Steve Austin, l’Homme de six millions de dollars! Mais on en est encore loin, à peine arrive-t-on à faire une greffe de cheveux qui tienne la route. N’empêche, les employeurs exigent maintenant que nous soyons capables à la fois de parler au téléphone, d’écrire un courriel, de répondre verbalement au supérieur glandant debout derrière nous, de signer une procuration, d’avaler notre soupe tonkinoise, de consulter le serveur à la recherche du document perdu, d’assister à une réunion, de trier nos déchets, de suivre une formation continue baladodiffusée et de participer à la collecte de sang de la compagnie. Le tout, dans la même seconde infinie. Si le multitâche a su s’imposer si largement, c’est parce que, comme le veut un autre dicton, le temps, c’est de l’argent. Et il n’y a plus que l’argent qui compte. Exit les choses bien faites, les produits bien ficelés, les services bien rendus. Ce qu’il faut, c’est encaisser le plus possible. Dans un univers où le temps est limité, le multitâche est donc tout indiqué. Erreur grave. Car une étude financée par Hewlett-Packard et dirigée par l’Institut de psychiatrie de l’Université de Londres en 2005 arrivait à la conclusion que le multitâche rend crétin. Les travailleurs distraits par les courriels et les appels téléphoniques affichaient un QI deux fois plus amoindri que les fumeurs de pot. Bref, si vous voulez du travail bien fait, embauchez Polo des Frères à Ch’val plutôt que le geek à lunettes dépendant affectif de ses gadgets technos. Pire que de nous abrutir, le multitâche nous rend fous : les employés les plus exposés aux multitâches éprouvaient à peu de chose près les mêmes symptômes que dans les cas graves de trouble déficitaire de l’attention (TDH), a constaté le Dr Edward Halloway, un psychiatre renommé aux États-Unis dans le traitement de cette maladie. Stress, accès de colère et d’agressivité, impulsivité et désorganisation sont autant de jolies choses attribuables au TDH et, maintenant, au multitâche… Cette folie nous mène tout droit à la catastrophe, à la fois sociale et économique, jure Maggie Jackson, chroniqueuse Carrière au Boston Globe, dans un ouvrage récent, Distracted: The erosion of attention and the coming dark age (Distrait : l’érosion de l’attention et l’arrivée prochaine d’un âge des ténèbres). Alors que notre civilisation se dirige pleinement vers une économie du savoir, l’incapacité des individus à se concentrer sur une seule tâche à la fois érodera nos chances de réussite dans un monde complexe, en constante évolution. Déconcentrés par les tâches simultanées, nous n’avons plus la capacité de penser. De toute façon, le multitâche n’a rien de productif : un «travailleur du savoir» moyen est distrait par un changement de tâches toutes les trois minutes. Et ça lui prend une demi-heure pour reprendre là où il avait laissé. C’est du moins ce qu’a constaté Gloria Mark, une importante chercheuse dans le domaine de l’intégration des technologies de l’information aux milieux de travail de l’Université de Californie. C’est Lord Chesterfield, un vieux sage du XVIIIe siècle, qui serait heureux de l’entendre, lui qui a écrit dans ses correspondances avec son fils : «La capacité de garder son attention de manière ininterrompue est une preuve sûre d’intelligence supérieure; la précipitation et l’agitation sont les signes incontestables d’un esprit faible et frivole.» (Chronique L'heure supplémentaire, Magazine Jobboom août 2008) Commentaires:Vous désirez réagir à cet article? Connectez-vous au Passeport Canoë pour laisser un commentaire.Vous désirez joindre le modérateur pour lui signaler des abus sur ce blogue? Cliquez ici.
Juste a voir le nombre de congés de maladie causé par l'épuisement proffessionnel (burn-out) on voit bien que le monde du travail est malade,on presse le citron au maximum,on en demande de plus en plus sans se soucier des conséquences et le pire est que toute cette folie ne donne rien nous sommes toujours un des peuples les moins productifs des Pays industrialisés et ceci principalement dû a une mauvaise organisation du travail et dans bien des cas a des gestionnaires incompétents,c'est beaucoup plus facile d'accuser les syndicats de tous les maux et de leur mettre sur le dos tous les problemes des entreprises! Moi j'ai réglé le probleme en ce qui me concerne,je travaille a mon compte,et a mon rythme,je profite tellement plus de la vie maintenant,pour rien au monde je ne retournerait dans ce monde de fou que sont les entreprises d'aujourd'hui!
De toutes facons les entreprises ne visent qu'un seul but: se débarrasser le plus possible des employé(e)s et les remplacer par des machines. Un(e) employé(e) c'est emmerdant au max: ça peut être malade, ça prend des vacances, ça rouspette contre la surcharge de travail, ça coûte cher en bénéfices sociaux (ass. salaire, fond de pension assurances etc. etc.) et pardessus tout ça risque de se syndiquer!!! Une machine, tu branches ça, et ça marche 24h/jour, 7 jours/semaine, 52 semaines/an; jamais de vacances, jamais malade, pas d'assurances, pas de revendications syndicales.........et pas de pose-cafée. Ne croyez pas que les machines ne remplacent que les "jobs de bras"; avec des logiciels de plus en plus sophistiqués l'informatique remplace les employé(e)s à "tours de bras" un peu partout. Un petit exemple bien simple de ceci: appellez n'importe quelle entreprise et essayez de parler à une personne, c'est presque impossible on converse maintenant avec des machines; lorsque vous appellez chez Bell vous parlez avec "Émilie".........votre conseillère informatisée. Donc les quelques être humains qui rentent encore dans les netreprises sont pressés comme des citrons au super-maximum jusqu'à ce qu'ils crèvent et ensuite on les remplace par des machines. Quel monde de fous !!!!!!
@Martin Gingras
Oui ça peut être une bonne idée d'être à son compte.......sauf que pour rivaliser avec des entreprises qui foncent à 200k/h avec un minimum d'employés poussés à la limite de l'épuisement psychologique et physique et des logiciels super-performant, il va vous falloir "pédaler en titi" pour rester compétitif !!!!!!!!!!!!!!!!
Tout dépendant de nos attentes,si vous voulez devenir millionnaire ou écraser tout le monde autour de vous oui vous devrez bucher,mais moi tout ce que je recherche c'est un revenu pour vivre confortablement et prendre du bon temps,et je peux vous confirmer que ca se fait très bien,j'en suis l'exemple vivant!Quand je parle d'être a son compte ca inclut être travailleur autonome,ce qui est plus ma situation,pas d'employés a gérer juste mon temps et mes contrats,je fais un salaire supérieur a ce que je gagnait en entreprise en plus des avantages fiscaux (déductibilité de plusieurs dépenses comme l,auto) et cette année je vais avoir pris environ 8 semaines de vacances!
Al Gore a inventer le nom, pas la chose lol! Déjà dans les années 30, ça existait en laboratoire!
Imaginer ce que ça sera quand notre ''drê-drette'' aura éliminer les syndicats comme elle le prône...
pas drôle de vous lire... vous faite pitier et de plus,
A REGARDER L'HEURE À L'AQUELLE VOUS RÉPONDEZ...... LOL... TRAVAILLEZ!
@dominc lamontagne
J'organise mon travail comme je veux alors je fais ce que je veux a l'heure que je veux,c'est pas beau ca!
Je planifie tout moi-même maintenant,6 semaines par année en Floride 2-3 sem de vacances ici et la au Québec,pas de compte a rendre a un ti-boss qui se prend pour le bon Dieu et,en prime vous savez quoi?une fois les avantages fiscaux comptés,une meilleure rémunération globale,c'est la vie revée,JAMAIS plus je n'irai me faire chier pour une entreprise qui ne veux que sortir le meilleur de moi pour des peanuts...
Chacun son métier et les vaches seront bien gardées.
et Chaque chose en son temps et les chèvres de M.Séguin seront bien gardées.
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