11/11/08

Permalink 12:44 pm, Éric Grenier / , 9 mots  

Le travail en 2009...

Le travail en 2009... Les rôles sont inversés.
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Permalink 10:33 am, Éric Grenier / , 705 mots  

Salaire minimum et sapin de Noël


La hausse du salaire minimum promise par les libéraux est-elle une proposition judicieuse en période de troubles économiques ou est-ce une sorte de gros sapin - preuve qu'il y a encore des gens qui aiment les sapins de Noël au Québec, contrairement à l'idée répandue par Mario Dumont - que tente de nous faire passer le gouvernement sortant?

En tout cas, ça sent la couleuvre à avaler. Certes, une hausse du salaire minimum, j'en suis. Mais pour quoi? Si c'est pour rendre le travail plus alléchant, si c'est pour éviter l'indigence à ceux qui ont le courage, malgré leurs capacités limitées par un manque d'éducation ou de formation, ou de tout autres sortes d'aléas de la vie de gagner honorablement leur vie, j'en suis. Si c'est pour mieux équilibrer la répartition de la richesse, j'en suis.

D'ailleurs, dans cette chronique publiée il y a quelque temps, je me suis amusé à délacer l'argumentaire cousu de fil blanc des opposants au salaire minimum. Car, selon eux, une hausse du salaire minimum signifie rien de moins que pauvreté, faillite, désastre socialiste, à cause de la concurrence mondiale. Comme si le resto minute du coin affrontait la concurrence chinoise ou indienne. Voyons donc! En prenant aussi à témoins les États-Unis, où, laissent-ils entendre, le gel du salaire minimum depuis 1997 en a fait la nation la plus riche de la Terre.

En omettant de vous dire, par exemple, qu'il y a une loi fédérale sur le salaire minimum (gelé pour vrai de 1997 à cette année), mais qu'il y a aussi des lois d'États qui bonifient le salaire minimum fédéral. Et que dans certains États, les plus prospères et plus riches d'entre eux, le salaire minimum est même plus élevé qu'au Québec. Et qu'à l'inverse, les États les plus pauvres sont aussi ceux qui n'ont aucune loi sur le salaire minimum. Et qu’avant 1997, les USA étaient déjà la nation la plus riche du monde.

Cela dit, Jean Charest promet de hausser le salaire minimum de 18,5 % d'ici un an et demi. Soit. Mais dans quel but (autre que celui d'enfirouaper l'électorat)? Celui de relancer l'économie.

Là ça ne marche plus. En cette période difficile, les employeurs voient leur marge de profit s'effriter. Certains sont déjà nettement dans le rouge. Ajouter une dépense supplémentaire, à celles déjà inscrites (hausse de différentes cotisations, des coûts de l'énergie, des impôts fonciers, par exemple), c'est jouer avec le feu dans ce cas-ci.

S'il est vrai que de maintenir, voir de hausser le niveau de vie des petits salariés de 18% d’un seul coup stimulera leur consommation, il faut se demander si cela sera suffisant pour éviter à de nombreuses entreprises, d'éviter la faillite et la fermeture.

Doutons-en. Pourquoi? Parce que seulement 5 % de la population active gagne le salaire minimum. De ceux-là, près de la moitié sont des étudiants.

Bref, dans le contexte actuel, la masse salariale supplémentaire mise en circulation dans l'économie risque d'avoir un effet négligeable. Au mieux. Au pire, elle risque de mener des employeurs en grande difficulté. Aussi, elle pourrait en rendre d'autres beaucoup moins généreux envers les salariés plus élevés. D’autres à couper des postes.

Selon l'économiste Pierre Fortin, le salaire minimum ne doit pas dépasser 45% du salaire industriel moyen. Pour l'ensemble des travailleurs québécois, la hausse salariale moyenne devrait atteindre à peine 3%. Cela inclut ceux qui obtiendront des promotions, ceux qui oeuvrent pour une entreprise qui roule sur l'or malgré tout. Ceux qui sauront mieux négocier. Alors, beaucoup d'autres ne connaîtront pas «l'eldorado du 3%». Avec un tel écart, on atteindra près de 50 % entre le salaire minimum et le salaire industriel moyen.

Bref, une recette pour le désastre? Non, mais admettons que Jean Charest, en remplissant cette promesse, plutôt que d’y aller pour une proposition beaucoup plus modérée (une hausse de 6 % sur 2 ans serait nettement moins dommageable) il ne rendra service à personne. Sauf à lui-même, en coupant l’herbe gauche sous le pied du parti Québécois et de Québec solidaire.

Éric Grenier est chroniqueur et rédacteur en chef du Magazine Jobboom.
eric.grenier@jobboom.com
514-871-0222, poste 2287.
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