03/12/08Crise à Ottawa: les syndicats parlent en votre nom!La CSN, la FTQ et la CEQ, les 3 principales organisations syndicales québécoises, appellent la population québécoise à supporter le projet de gouvernement de coalition formé des 3 partis d'opposition à la Chambre des communes. Et cela, s'ajoute l'appui sans équivoque de la quatrième centrale syndicale en importance, la CSD, à ce même gouvernement tripartite autoproclamé. Que les centrales syndicales et/ou leurs représentants manifestent publiquement leur désaccord face à l'énoncé économique du ministre des Finances conservateur Jim Flaherty, cela va de soi. Qu'il donne leur appui à des mesures économiques, ou qu'ils en proposent, ou en dénoncent d'autres, itou. Mais de là à appuyer un geste parlementaire dont ni la légalité ni la légitimité n'aient été prouvées, comme l'indique Yves Boisvert, ça m'agace un petit peu. Le geste posé par les 3 partis d'opposition n'est pas démocratique hors de tout doute. Il se peut que des membres de l'une de ces centrales puissent ne pas se reconnaître dans l'un ou l'autre des 3 nouveaux amigos. Il y a sûrement des fédéralistes parmi les membres de la CSN dont l'association avec un parti indépendantiste est intolérable. Idem pour des membres nationalistes dont la seule idée d'accorder un vote de confiance au père de la Loi de la Clarté a quelque chose d'obscurantiste. Pour d'autres, le seul fait que le gouvernement conservateur recule sur le financement des partis politiques, du droit de grève des fonctionnaires, et qu'il annonce un budget spécial dès le 27 janvier pour venir en aide à l'économie canadienne, ne justifient pas de créer pareil précédent parlementaire. On a beau dire, ce n'est pas la Russie de 1991, ni la situation d'une junte militaire, mais c'est ce qui se rapproche le plus d'un coup d'État dans l'histoire canadienne. Alors, avant d'en faire usage, la situation se doit d'être plus qu'exceptionnelle. Alors, je vous pose la question, et me la pose aussi: dans le contexte très, très particulier de l'esbroufe parlementaire actuelle, le geste politique des centrales syndicales est-il approprié? Outrepassent-elles leur pouvoir et leur légitimité? Pauvres par leur propre faute...S'il n'en tient qu'à ces 2 «investigateurs financiers», il n'y qu'une cause à la pauvreté: les pauvres! Lisez leur texte intitulé «Les pauvres et le millionnaire» du 24 novembre attentivement. En effet, si les pauvres n'existaient pas, il n'y aurait pas de pauvreté... Et les riches, sont riches, seulement parce qu'ils sont plus «wise» que les pauvres, des superficiels et frivoles qui ne pensent qu'à s'amuser et fuient leurs responsabilités. Évidemment, ils ne soufflent mot sur le salaire que leur millionnaire offre à ses pauvres, non plus les sacrifices que les pauvres s'imposent, justement, pour être moins pauvres qu'ils ne le sont déjà: des autos usagées ou économiques, des maisons sans luxe et toutes petites, pas de voyages, ni de vacances. Pas de vin, juste de la bière. Bref, les pauvres sont peut-être plus riches qu'on le croit: sans leur sens aigu de l'économie, ils seraient peut-être totalement indigents. Quand on considère qu'un chip au vinaigre est un luxe abordable, c'est que justement, on a déjà coupé sérieusement dans le gras. Leur millionnaire aura beau apporter son lunch tous les midis, il n'en demeure pas moins qu'ils se paient des voyages. Quelle cabane possède-t-il? Combien de voitures? Peut-être aussi va-t-il s’abstenir de donner à la Grande Guignolée des médias de demain. De un, il économise encore de l’argent pour atteindre son 10 millions. Puis, il évitera aux pauvres de s’acheter Bref, faire de cette histoire un conte universel, c'est franchement réducteur. Très moraliste. Et déculpabilisant. Que c'est pratique.
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