03 Décembre 2009La FTQ, alliée des grands banquiers![]() Ça a passé inaperçu, mais le président de la FTQ, Michel Arsenault, y est allé d'une recommandation forte en ketchup plus tôt cette semaine: vivement une union monétaire avec les États-Unis. Déjà qu'on sait que le patron de la centrale syndicale représentant le plus grand nombre de travailleurs de la construction couche dans le même bateau que le président du plus gros employeur de la construction (c'est pas banal), cette nouvelle sortie lors d'un colloque portant sur la crise manufacturière, mardi dernier, fait apparaître des pans de plus en plus grands de son jupon affairiste. Ainsi, laissons tout notre pouvoir monétaire aux mains des boys de Goldman Sachs à la Federal Reserve of America. Avec des ennemis à la gauche comme ça, nos traders compulsifs n'ont plus besoin d'amis à leur droite. Tout ça, parce que certaines entreprises où se retrouvent des membres de la FTQ éprouvent des difficultés à affronter la volatilité du dollar canadien des derniers temps. En voilà une manière constructive de planifier l'avenir: pour traiter cette vilaine grippe, coupons-nous les deux jambes! Le développement de nouveaux marchés? De nouveaux produits? De nouveaux procédés? L'innovation? Le risque? L'ouverture du payroll aux minorités culturelles et linguistiques, alors qu'elles se plaignent d'un manque de main-d'oeuvre compétente? Ah, non, c'est trop difficile. Ce n'est pas moi qui l'invente, ce sont les patrons d'entreprises eux-mêmes qui le disent. Lisez ce papier lumineux de mon collègue Pierre Duhamel sur la très sérieuse pénurie d'ambition qui afflige nos gens d'affaires québécois. Pas étonnant ensuite qu'ils s'abreuvent autant aux mamelles de l'État comme les derniers des Bougons. Pour certains, on a l'impression que le sens des affaires, c'est de savoir remplir un formulaire de demande de subvention. Comme le dit si bien Gérard Bérubé dans le Devoir, quand tu dois la survie de ton entreprise à la seule faiblesse du dollar canadien, tu mérites juste de crever. C'est très dommage pour les employés, mais à trop vouloir les sauver ces gens-là, on bousille les chances de tous les autres. D'autant plus que les effets de la volatilité d'une monnaie sont très variables d'une entreprise à une autre, d'une époque à une autre. Y va dire quoi notre ami syndical dans notre Canabec transigé en US dollars quand la Fed va hausser les taux d'intérêt pour écraser une menace inflationniste américaine alors qu'à Montréal, Québec et Sherbrooke l'économie tournera déjà au ralenti? Ah! oui, il ne sera plus là, à la Fédération des traders du Québec, probablement à l'emploi d'une filiale canadienne d'une banque d'affaires amerloque, à titre de lobbyiste auprès des gouvernements. Commentaires:Commentaire de: El Vince
Je veux pas t'écoeurer, mais la Bank of Canada, il y a moins de 2 ans, haussait le taux directeur because le pétrôle était cher et il y avait menace d'inflation dans l'ouest canayen. Pendant ce temps, au Québec et en Ontario, les manufactures fermaient les unes après les autres sous le double effet de la hausse du coût d'emprunt et la hausse du taux de change vers notre principal marché d'exportation, le tout couplé à la concurence du cheap labor asiatique.
Quant aux pouvoirs monétaires, j'aimerais aussi bien qu'ils soient dans les mains des requins de Wall Street qui ne sont pas foutus de pointer le québec sur une carte que dans les mains des requins de Bay Street, qui pointent vers le Québec en utilisant le f word. Laisser un commentaire:
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