Des magasins ferment, des usines se vident au même rythme que le contenu des banques alimentaires, d’honnêtes travailleurs essoufflés à s’être échinés toute une vie pour accumuler un pécule, doivent maintenant y renoncer sous la menace insolente d’un grossier PDG…
Et que voit Jean Charest? Tous les signaux économiques au Québec sont au vert! C’est, mot pour mot, sa s-t-u-p-é-f-i-a-n-t-e réaction, émise hier, à propos de la hausse fulgurante du chômage au Québec ces derniers mois. «Les trois derniers mois n’ont pas été bons… Mais ce n’est pas une tendance… Les autres indicateurs économiques sont relativement bons», affirment-ils, en s’appuyant sur le plus récent bulletin économique de la Banque du Canada.
Hello!!!???!!! Sortez la tête de vos rapports, M. Charest, et allez vous promener hors des aéroports et de votre bunker, grand dieu! D’abord, 3 mauvais mois, c’est quoi si ce n’est pas une tendance? Ça fait 1 an et demi que je démontre ici, chiffres à l’appui, que le marché de l’emploi au Québec est totalement enrayé. Ça stoppé net, frette, sec en juillet 2010, puis faute de pouvoir, la machine s’est mise à reculer depuis le début de 2011, avant de s’emballer à reculons.
En janvier 2012, il y a 35 000 Québécois de plus au chômage (dont un bon nombre, au moins la moitié, n’ont droit à aucune prestation de l’assurance-emploi) qu’en janvier 2010, et 50 000 de plus qu’en janvier 2011.
Mais les indicateurs des tableaux et graphiques détaillant les courbes de croissance du PIB par industrie en données désaisonnalisées en dollars constants sous le modèle des prix de base par parité, eux sont bons.
J’ai pas parlé à tous les Québécois, mais je crois deviner que, ce qu’ils veulent, c’est de la job, par un PIB croissant. Vous me direz qu’il faut un PIB croissant pour avoir de la job, vous avez parfaitement raison, mais le problème, présentement, est que, même si le PIB augmente, les Québécois ne travaillent pas plus. Ne gagnent pas plus. Et s’endettent, pour maintenir ce PIB par industrie en données désaisonnalisées en dollars constants sous le modèle des prix de base par parité, en croissance.
Je crois aussi qu’ils ne s’attendent pas que vous fassiez grand-chose pour eux, la moindre serait à tout le moins de ne pas nuire à l’économie, mais au moins, ils s’attendent à un peu plus de déférence de votre part vis-à -vis leurs problèmes et leurs inquiétudes.
Tiens, parlant de déconnectés du mon réel, la bande de multimilliardaires et leurs vassaux qui s’offrent chaque année du bon temps dans la carte poste de Davos en Suisse, ont trouvé LE grand responsable de la situation chambranlante de l’économique mondiale : VOUS!
Si, si, comme nous l’apprend le Devoir, le Rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial pointe du doigt la colère populaire comme menace à la croissance économique mondiale, en particulier celle des gens ordinaires de l’Occident. Les gens perdent leur emploi, leurs économies de toute une vie sont transférées dans les poches de spéculateurs, ils travaillent toujours plus fort quand ils ont un emploi, un effort qui crée sans cesse plus de richesse, dont ils ne profitent jamais.
(Aparté : Ce qui permet à certains vassaux, genre des économistes de l’Institut économique de Montréal, d’affirmer qu’il n’y a aucun problème à ce que les riches s’accaparent la totalité de la richesse supplémentaire, dans la mesure où personne n’y perd au change. Avec de pareilles inepties, on voit mal comment ces éconos-là réussiraient un cours de Philo 101 du cégep avec succès. Ok, on retourne en deuxième année du primaire d’abord : vous cueillez trois pommes par jour, le boss vous en laisse une, garde les deux autres pour vous. Vous augmentez votre cadence et en cueillez maintenant 5 par jour. Le boss vous en laisse une, et garde les 4 autres pour lui. Vous êtes-vous appauvri? Ben non, alors, il est où le problème? Faque, fermez-la… Fin de l’aparté)
Et là , on s’étonne de leur mauvaise humeur. Pire, on leur demande de gagner leurs chaumières et de laisser faire les grands. Ils n’ont rien appris de 2007.