Il n’y a pas que les manifs qui mobilisent la jeune génération à Montréal.
Ce mercredi, au Monument National, j’assistais au gala de clôture du programme d’accélération d’entreprises FounderFuel.
En un avant-midi, j’ai vu défiler les présentations de 11 créateurs d’entreprises techno de partout au Canada, venus à Montréal en espérant récolter l’argent et la gloire.
Il y avait par exemple :
-Health Aware, de Toronto, qui a mis au point un outil permettant la prise de rendez-vous médicaux en ligne;
-Live Rides, formée de quatre gars de Québec ayant créé une application iPhone qui rend le covoiturage plus intelligent et plus convivial;
-et Epilogger, un trio de la Ville Reine dont la plateforme permet de rassembler le contenu des médias sociaux (tweets, photos, etc.) en lien avec un même événement. Cette équipe vient d’ailleurs d’être sélectionnée par le Canadian Innovation Exchange pour bénéficier d’un programme qui la fera connaître à Silicon Valley.
(Voir la liste des 11 équipes.)
John Stokes de Real Ventures, le fonds de capital de risque derrière le programme FounderFuel, a ouvert la cérémonie en déclarant : «Si vous avez une entreprise en démarrage, faites-vous faire un t-shirt avec votre logo… Et ne le lavez pas tant que vous n’aurez pas atteint le succès.» Ça donne une idée du cran et de la détermination qu’il faut pour partir d’une simple idée et en faire un produit rentable.
Les 11 entreprises de cette deuxième cohorte de FounderFuel viennent de terminer un marathon de 12 semaines de mentorat intensif qui leur a permis de perfectionner leur produit. Leurs créateurs ont travaillé d’arrache-pied – certains ont dû tout reprendre à zéro – pour prouver qu’ils étaient prêts à déployer leur produit à grande échelle et à recevoir du capital de risque. On ne parle pas de petites sommes : à titre indicatif, la cohorte de l’automne 2011 a généré des investissements totalisant 2,5 millions de dollars.
Parmi les 700 personnes présentes au gala de la cuvée Printemps 2012, on comptait quelques dizaines d’investisseurs potentiels, dont ceux de Real Ventures, iNovia, Acta Wireless, la Banque de développement du Canada, Anges Québec, CCFL Partners, OMERS et RHO Canada. Cette dernière firme a profité de l’occasion pour annoncer la création d’un fonds de 100 millions de dollars destiné aux startups québécoises. La veille, le fonds ontarien Celtic House annonçait l’ouverture d’un bureau à Montréal avec 25 millions à investir au Québec.
Tout cet argent n’atterrit pas dans la métropole pour rien. Montréal est bel et bien en train de se positionner comme un carrefour nord-américain de l’innovation, comme le soulignait le Magazine Jobboom en janvier dernier. En témoigne un autre événement qui a cours cette semaine, la conférence C2-Mtl sur le commerce et la créativité.
Pour rendre compte de cette effervescence, Jobboom vous fera bientôt entrer dans les coulisses de ce milieu très particulier où des geeks en t-shirt rencontrent des investisseurs à cravate : nous sommes en train de concocter une téléréalité Web sur les participants du programme FounderFuel. La mise en ligne devrait avoir lieu vers la fin de l’été. On vous tiendra au courant.
