Archives pour 24 mai 2012

Beaucoup d’argent pour la relève techno

- 24 mai 2012

FounderFuel2012

Il n’y a pas que les manifs qui mobilisent la jeune génération à Montréal.

Ce mercredi, au Monument National, j’assistais au gala de clôture du programme d’accélération d’entreprises FounderFuel.

En un avant-midi, j’ai vu défiler les présentations de 11 créateurs d’entreprises techno de partout au Canada, venus à Montréal en espérant récolter l’argent et la gloire.

Il y avait par exemple :
-Health Aware, de Toronto, qui a mis au point un outil permettant la prise de rendez-vous médicaux en ligne;
-Live Rides, formée de quatre gars de Québec ayant créé une application iPhone qui rend le covoiturage plus intelligent et plus convivial;
-et Epilogger, un trio de la Ville Reine dont la plateforme permet de rassembler le contenu des médias sociaux (tweets, photos, etc.) en lien avec un même événement. Cette équipe vient d’ailleurs d’être sélectionnée par le Canadian Innovation Exchange pour bénéficier d’un programme qui la fera connaître à Silicon Valley.
(Voir la liste des 11 équipes.)

John Stokes de Real Ventures, le fonds de capital de risque derrière le programme FounderFuel, a ouvert la cérémonie en déclarant : «Si vous avez une entreprise en démarrage, faites-vous faire un t-shirt avec votre logo… Et ne le lavez pas tant que vous n’aurez pas atteint le succès.» Ça donne une idée du cran et de la détermination qu’il faut pour partir d’une simple idée et en faire un produit rentable.

Les 11 entreprises de cette deuxième cohorte de FounderFuel viennent de terminer un marathon de 12 semaines de mentorat intensif qui leur a permis de perfectionner leur produit. Leurs créateurs ont travaillé d’arrache-pied – certains ont dû tout reprendre à zéro – pour prouver qu’ils étaient prêts à déployer leur produit à grande échelle et à recevoir du capital de risque. On ne parle pas de petites sommes : à titre indicatif, la cohorte de l’automne 2011 a généré des investissements totalisant 2,5 millions de dollars.

Parmi les 700 personnes présentes au gala de la cuvée Printemps 2012, on comptait quelques dizaines d’investisseurs potentiels, dont ceux de Real Ventures, iNovia, Acta Wireless, la Banque de développement du Canada, Anges Québec, CCFL Partners, OMERS et RHO Canada. Cette dernière firme a profité de l’occasion pour annoncer la création d’un fonds de 100 millions de dollars destiné aux startups québécoises. La veille, le fonds ontarien Celtic House annonçait l’ouverture d’un bureau à Montréal avec 25 millions à investir au Québec.

Tout cet argent n’atterrit pas dans la métropole pour rien. Montréal est bel et bien en train de se positionner comme un carrefour nord-américain de l’innovation, comme le soulignait le Magazine Jobboom en janvier dernier. En témoigne un autre événement qui a cours cette semaine, la conférence C2-Mtl sur le commerce et la créativité.

Pour rendre compte de cette effervescence, Jobboom vous fera bientôt entrer dans les coulisses de ce milieu très particulier où des geeks en t-shirt rencontrent des investisseurs à cravate : nous sommes en train de concocter une téléréalité Web sur les participants du programme FounderFuel. La mise en ligne devrait avoir lieu vers la fin de l’été. On vous tiendra au courant.

Travailler en français au Québec: oubliez ça!

- 24 mai 2012

Quelques jours après la Fête des Patriotes, et un mois pile avant la Fête Nationale, le constat que dresse le Magazine Jobboom sur l’état du français au travail a de quoi faire convulser les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, dans son enquête Le français au travail, une cause désuète?.

Premier constat, plutôt en demi-teinte:
Malgré différents évènements anecdotiques concernant la présence de dirigeants unilingues anglais à la tête de certaines divisions d’institutions québécoises (Banque nationale, Caisse de dépôt), 82,4% des Québécois travaillent essentiellement en français. Ça correspond, en gros, au même pourcentage de francophones dans la population en général. À Montréal, la grande région incluant les banlieues nord et sud, c’est beaucoup moins, autour de 64,5%. Ce n’est pas loin de la proportion là aussi de la réalité linguistique globale. Par contre, les anglophones ne représentent pas 35 % de la population de la région métropolitaine, seulement 17%. C’est donc dire qu’une grande partie des allophones ne travaillent pas en français, mais en anglais.

Deuxième constat, et lui fait mal:
Travailler en anglais au Québec signifie pouvoir et argent n’est pas un mythe, mais une réalité. Selon des données obtenues en exclusivité par le Magazine Jobboom, tirées d’une étude du démographe Patrick Sabourin, révèlent que les travailleurs qui ne travaillent qu’en français sont ceux qui tirent les revenus moyens les plus faibles, à 41 000$ par année. Ceux qui ne travaillent qu’en anglais (parce que c’est possible au Québec) gagnent 22% de plus, à 49 100$! Au Québec, pas au Canada… Sans surprise, les travailleurs appelés à travailler dans les deux langues sont les mieux rémunérés, avec un revenu annuel moyen de 53 900$. Donc, 35 ans après la loi 101, les francophones unilingues demeurent une sous-classe de travailleurs en comparaison des unilingues anglophones.

Et le pouvoir aussi avantage les anglos. Ils sont près de 12% à occuper un poste de cadre supérieur et de direction, contre seulement 8,3% des francophones.

Troisième constat:
Les francophones sont les premiers à brimer leur propre droit en travailler en français. Plusieurs témoignages de francos et d’anglos recueillis dans le cadre de cette enquête de Jobboom confirment la tendance des francophones à angliciser leurs milieux de travail dès qu’il y a un non-francophone dans la salle. Pour faire plus simple, par paresse, par désir de pratiquer leur anglais, par indifférence par rapport aux lois linguistiques.

Quatrième constat:
Les jeunes s’en foutent un peu pas mal du français au travail. Une bonne partie des jeunes Québécois étudient et bossent en anglais sans que cela leur fasse un pli sur l’identité. Dans un petit sondage pas scientifique pour deux sous, réalisé auprès d’une classe d’une école privée renommée de Montréal et fréquentée essentiellement par des rejetons de l’élite québécoise francophone, les élèves nous ont indiqué en gros que de bosser en anglais, c’est pas grave. Il s’agirait même de la condition sine qua non pour réussir sur le plan professionnel et financier. Par contre, ils exigent que leur futur patron puisse être capable de leur adresser la parole dans leur langue.