C’est décembre, le mois de Noël, alors les chercheurs d’emplois du Québec reçoivent un cadeau: le meilleur Indice Jobboom de l’année. En décembre, il atteignait la cote de 58,7, une hausse de presque 20 points par rapport à sa moyenne automnale, pour cette mesure de l’état de santé du marché de l’emploi.
Ce grand pas en avant est directement attribuable aux spectaculaires données de l’emploi de novembre. Selon Statistique Canada, le Québec a ajouté quelque 18 000 emplois en novembre. Mais le chiffre qui retient davantage l’attention, c’est l’ajout de 46 000 postes à temps plein, un phénomène contre-balancé par la disparition de 28 000 à temps partiel.
Le taux de chômage en novembre a peu régressé par contre, même s’il atteint un seuil de plusieurs mois à 7,7%. C’est que les Québécois ont senti le vent tourner sur le terrain, et nombre d’inactifs sur le marché du travail ont rejoint les rangs des actifs. Bref, en gros, c’est une excellente nouvelle.
L’Indice Jobboom permet de constater que l’optimisme en matière d’emploi prévaut dans plusieurs secteurs, ce qui traduit une certaine solidité. Ressources naturelles, services publics (Hydro, Bell, et Gaz Métro, par exemple), commerce, finances, services professionnels et scientifiques, ainsi que soins de santé figurent parmi les secteurs vigoureux. Le secteur des administrations publiques aussi affiche des gains appréciables, mais la machine qui permet de mesurer l’Indice Jobboom est aveugle aux signaux politiques. Et c’est là que l’homme, en l’occurrence moi, doit intervenir. Or, le budget Marceau, de même que les restrictions annoncées par le ministre des Finances fédéral, Jim Flaherty, laissent entrevoir peu d’occasions d’embauches dans le fonctionnariat provincial et fédéral. Donc, nous l’excluons des secteurs avec élan.
Cela dit, ne partons en peur. À 58,7, l’Indice Jobboom pour le Québec demeure en zone neutre (plutôt que négative), qualifiée de Passable seulement. De plus, même si le son des bretelles gouvernementales qui pètent fait vibrer toute la colline parlementaire à Québec, j’invite les propagandistes péquistes à un peu de retenue. La plupart des mesures économiques (pour le peu qu’il y en a) de ce gouvernement ne sont pas encore en vigueur. N’en tirons pas de conclusion pour le moment.
En Ontario, la situation de l’emploi progresse, puis régresse, puis progresse à nouveau d’un mois à l’autre. Cela donne une marche en surplace, ce que démontre un Indice Jobboom pour l’Ontario en très faible hausse, à 14,3, à peine 3 points de plus que le mois dernier.
L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années, et à partir des données de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada. Plus l’Indice est fort, c’est-à -dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».
