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D’autres voies que l’université

- 6 février 2013

Les récents débats sur l’accessibilité de l’enseignement supérieur masquent un fait important : l’université n’est pas le seul endroit où l’on peut acquérir des compétences nécessaires pour bien gagner sa vie.

Certes, les études universitaires représentent généralement une avenue rentable. Selon les enquêtes Relance du ministère de l’Éducation, le salaire hebdomadaire moyen des titulaires de baccalauréat atteignait 885 $ en 2011, comparativement à 686 $ pour les diplômés du collégial technique et 695 $ pour ceux du secondaire professionnel.

Mais ce ne sont là que des moyennes! Lors de la préparation du guide Les carrières d’avenir, Jobboom fait le même constat depuis 16 ans : certains diplômes professionnels et techniques représentent un vrai pactole.

D’une part, les salaires hebdomadaires bruts qu’obtiennent les nouveaux diplômés se révèlent très avantageux si on les compare à la moyenne de l’ensemble des travailleurs québécois (qui tourne autour de 800 $). Ensuite, les taux de chômage des ces jeunes travailleurs sont pratiquement nuls.

Et rappelons-le, ils auront passé deux ans ou moins à apprendre leur métier dans le cas des titulaires de DEP, et trois ans dans le cas des diplômés du collégial. Les bacheliers, en comparaison, doivent effectuer deux ans de cégep plus trois ans de bac.

Les tableaux ci-dessous présentent les cas les plus flagrants.

DEP
Conduite_grues
Montage_lignes_electriques
Mecanique_machines_fixes

DEC
Technologie_minerale_exploitation
Technologie_genie_civil
Techniques_hygiene_dentaire

La liste complète des formations gagnantes peut être consultée sur le site Les carrières d’avenir 2013.

Les meilleures «réponses automatiques d’absence du bureau»

- 17 août 2012

vacance

Juillet-août, c’est la saison des vacances et, par conséquent, la saison des courriels qui avisent desdites vacances.

La plupart, comme le mien, sont plats comme la pluie qui vient ruiner un bbq.

Mais certains travailleurs mettent un soin de jardinier à travailler leurs messages d’absence temporaire.

«Partir est le + beau verbe de la langue française.
Mais laissez 1 message quand-même , au cas où je reviendrais»,

peut-on lire sur le tumblr Absent du bureau, qui récolte les morceaux d’anthologie du genre.

À visiter si vous êtes en poste cette semaine.

(Via Rue 89)

Beaucoup d’argent pour la relève techno

- 24 mai 2012

FounderFuel2012

Il n’y a pas que les manifs qui mobilisent la jeune génération à Montréal.

Ce mercredi, au Monument National, j’assistais au gala de clôture du programme d’accélération d’entreprises FounderFuel.

En un avant-midi, j’ai vu défiler les présentations de 11 créateurs d’entreprises techno de partout au Canada, venus à Montréal en espérant récolter l’argent et la gloire.

Il y avait par exemple :
-Health Aware, de Toronto, qui a mis au point un outil permettant la prise de rendez-vous médicaux en ligne;
-Live Rides, formée de quatre gars de Québec ayant créé une application iPhone qui rend le covoiturage plus intelligent et plus convivial;
-et Epilogger, un trio de la Ville Reine dont la plateforme permet de rassembler le contenu des médias sociaux (tweets, photos, etc.) en lien avec un même événement. Cette équipe vient d’ailleurs d’être sélectionnée par le Canadian Innovation Exchange pour bénéficier d’un programme qui la fera connaître à Silicon Valley.
(Voir la liste des 11 équipes.)

John Stokes de Real Ventures, le fonds de capital de risque derrière le programme FounderFuel, a ouvert la cérémonie en déclarant : «Si vous avez une entreprise en démarrage, faites-vous faire un t-shirt avec votre logo… Et ne le lavez pas tant que vous n’aurez pas atteint le succès.» Ça donne une idée du cran et de la détermination qu’il faut pour partir d’une simple idée et en faire un produit rentable.

Les 11 entreprises de cette deuxième cohorte de FounderFuel viennent de terminer un marathon de 12 semaines de mentorat intensif qui leur a permis de perfectionner leur produit. Leurs créateurs ont travaillé d’arrache-pied – certains ont dû tout reprendre à zéro – pour prouver qu’ils étaient prêts à déployer leur produit à grande échelle et à recevoir du capital de risque. On ne parle pas de petites sommes : à titre indicatif, la cohorte de l’automne 2011 a généré des investissements totalisant 2,5 millions de dollars.

Parmi les 700 personnes présentes au gala de la cuvée Printemps 2012, on comptait quelques dizaines d’investisseurs potentiels, dont ceux de Real Ventures, iNovia, Acta Wireless, la Banque de développement du Canada, Anges Québec, CCFL Partners, OMERS et RHO Canada. Cette dernière firme a profité de l’occasion pour annoncer la création d’un fonds de 100 millions de dollars destiné aux startups québécoises. La veille, le fonds ontarien Celtic House annonçait l’ouverture d’un bureau à Montréal avec 25 millions à investir au Québec.

Tout cet argent n’atterrit pas dans la métropole pour rien. Montréal est bel et bien en train de se positionner comme un carrefour nord-américain de l’innovation, comme le soulignait le Magazine Jobboom en janvier dernier. En témoigne un autre événement qui a cours cette semaine, la conférence C2-Mtl sur le commerce et la créativité.

Pour rendre compte de cette effervescence, Jobboom vous fera bientôt entrer dans les coulisses de ce milieu très particulier où des geeks en t-shirt rencontrent des investisseurs à cravate : nous sommes en train de concocter une téléréalité Web sur les participants du programme FounderFuel. La mise en ligne devrait avoir lieu vers la fin de l’été. On vous tiendra au courant.

Santé mentale : une semaine mouvementée

- 10 mai 2012

Du 7 au 13 mai, c’est la Semaine nationale de la santé mentale, organisée l’Association canadienne pour la santé mentale, un organisme communautaire établi partout au pays.

L’Association en profite pour rappeler que 20 % des Canadiens seront atteints d’une maladie mentale au cours de leur vie; l’autre 80 % a donc de fortes chances de compter une victime parmi ses proches. On parle principalement de gens souffrant de dépression et de troubles anxieux, mais aussi de schizophrénie, de troubles alimentaires, de troubles de la personnalité, de démence et de trouble déficitaire de l’attention.

En plus de nuire gravement à la qualité de vie des individus touchés, le problème inquiète de nombreuses instances : gouvernements, employeurs et compagnies d’assurances, entre autres. Il y a de quoi : chaque jour, 500 000 personnes s’absentent du travail pour des raisons de santé mentale. Chaque année, employeurs et assureurs dépensent 8,5 milliards de dollars en prestations d’invalidité pour des employés touchés. Il s’agit même de la principale cause d’invalidité dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

La source exacte du mal demeure mystérieuse. Ce serait un mélange de prédispositions génétiques et de facteurs environnementaux, comme une situation familiale difficile, la pauvreté ou le stress en milieu de travail.

Mais comme la population active s’en ressent, les employeurs sont de plus en plus sollicités pour atténuer les facteurs de risque sur lesquels ils peuvent agir. En témoignent les normes Entreprise en santé et Conciliation travail-famille récemment implantées au Québec; les nombreuses recherches universitaires qui tentent de cerner ce qui mine le moral des troupes dans les organisations; et les trousses pour aider les gestionnaires à améliorer le climat de travail.

J’ai moi-même créé une chronique dans le Magazine Jobboom pour aborder ces questions. Ce qui revient souvent dans le discours des experts que j’ai interviewés et les ouvrages que j’ai consultés, c’est à quel point le travail et ses exigences prennent de la place dans nos têtes. Tout le monde veut gagner sa vie, mais souvent, l’état d’esprit nécessaire pour y parvenir – soif de performance, perfectionnisme, compétition – s’installe à demeure, si bien qu’on ne décroche plus. Mes sources blâment en général l’obsession du profit des organisations (toujours faire plus avec moins) et l’invasion de la technologie (qui pousse à rester disponible partout et tout le temps), avant de souhaiter sans trop y croire que la société change pour devenir plus humaine.

Mais, songeant aux manifestants étudiants dont la détermination ne semble pas faiblir après 13 semaines de conflit, je me demande s’ils se contenteront de vÅ“ux pieux, une fois sur le marché du travail. Le vrai changement pourrait venir avec la prochaine génération de travailleurs…

J’en étais à ces réflexions quand un groupe de manifestants est entré subitement dans l’immeuble où je travaille. Ils en avaient contre les gouvernements et les corporations, qu’ils accusent de précariser les citoyens. Les policiers présents n’ont pas bronché, mais compte tenu de l’agitation des dernières semaines, j’avoue avoir ressenti un soupçon d’inquiétude. Surtout qu’en matinée, des bombes fumigènes ont entraîné l’évacuation du réseau de métro au complet.

Ironiquement, cette année, l’ACSM a placé la Semaine de la santé mentale sous le thème de la sécurité. «À l’intérieur comme à l’extérieur, se sentir bien et en sécurité, c’est important», dit le slogan trouvé pour l’occasion.

On peut difficilement être contre cela. Mais c’est à se demander d’où viendra cette sécurité.

L’acte de foi

- 14 février 2012

 

Chaque année, aux alentours de la Saint-Valentin, le scénario se répète : je fais 45 minutes de transport en commun pour me retrouver dans une succursale d’institution financière sise dans un no-man’s land et rencontrer un conseiller qui va m’aider à planifier une étape de ma vie à laquelle je n’ai jamais envie de penser : ma retraite.

Incidemment, des politiciens soucieux des finances publiques veulent faire en sorte que je quitte le marché du travail le plus tard possible, mais ça c’est une autre histoire.

Peu importe jusqu’où aura fondu la réserve publique, je dois me projeter dans 25-30 ans, sans avoir aucune idée de ce à quoi je pourrai ressembler rendue là. Serai-je globe-trotter ou grabataire?

Moi qui normalement m’entraîne à saisir l’instant présent, je trouve l’exercice assez absurde. Et pourtant, en bonne citoyenne informée, je m’y astreins pour ne pas «regretter plus tard». Un peu comme quand on va chez le dentiste – est-ce un hasard si la musique de fond est la même?

Chaque fois, je dois remplir un questionnaire servant à déterminer mon profil d’investisseur. Un peu honteuse, je coche invariablement la case «limité» pour décrire mon niveau de connaissance des produits financiers. Je pondère les variables Risque, Rendement et Sécurité. Le conseiller m’explique pour une énième fois, graphique à l’appui, que les portefeuilles finissent par prendre de la valeur à long terme.

Et je fais ma contribution annuelle, amassée au détriment de mille plaisirs – qui paradoxalement m’aideraient sans doute à durer jusqu’à l’âge-cible, allez savoir. Tout un acte de foi! L’économie tiendra-t-elle seulement le coup pendant toutes ces années?

Certains me diront que je n’ai qu’à m’informer davantage pour prendre des décisions plus éclairées. Ils ont bien raison. Mais j’ai l’impression que je ne suis pas sortie de l’auberge. Entre le manque d’éthique de certaines compagnies cotées en bourse, les gestionnaires de portefeuille trop gourmands,
les actifs toxiques et les bulles spéculatives, j’en ai pour au moins 30 ans à me faire une idée. À moins que j’en fasse un projet de retraite?

Vivement une boîte de chocolat. Au moins, la gratification est immédiate!