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	<title>Jobboom</title>
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	<description>Parce que le travail, c’est aussi prendre une pause.</description>
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		<title>Grève dans la construction: pourquoi pas une loi spéciale?</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 15:16:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie est un cartoon]]></category>
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		<description><![CDATA[Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, exigent du gouvernement une loi spéciale pour régler le conflit dans la construction. Des appels puérils provenant d&#8217;une impulsion instinctive plutôt que d&#8217;une stratégie finement songée afin de sceller le sort d&#8217;une industrie capitale de l&#8217;économie québécoise, pour les [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, <a href="http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2013/06/20130617-191015.html">exigent du gouvernement une loi spéciale pour régler le conflit dans la construction</a>. </p>
<p><a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/quebec/archives/2013/06/20130617-130044.html">Des appels puérils</a> provenant d&#8217;une impulsion instinctive plutôt que d&#8217;une stratégie finement songée afin de sceller le sort d&#8217;une industrie capitale de l&#8217;économie québécoise, pour les quatre ou cinq prochaines années.</p>
<p>Pourtant de rudes adversaires des syndicats, les deux politiciens populistes ne se rendent pas compte qu&#8217;en exigeant une loi spéciale, ils font le jeu des syndicats de la construction. Car, la stratégie de l&#8217;alliance syndicale table justement sur le dépôt d&#8217;une loi spéciale.</p>
<p>Les syndicats n&#8217;ont pas un si gros rapport de force, notamment en ne disposant pas de fonds de grève, qui auraient permis aux membres de soutenir leurs familles durant un long conflit. La grève doit être courte, très courte, et vu l&#8217;espace intersidéral qui sépare les demandes des deux adversaires, il est impossible que la partie patronale ne se rende aux exigences ouvrières en si peu de temps.</p>
<p>Le seul allié pour assurer des gains significatifs aux travailleurs, c&#8217;est le gouvernement et sa loi spéciale. </p>
<p>Le déclenchement de la grève a justement pour but de forcer non pas la partie patronale à épouser les demandes syndicales, mais la main du gouvernement. Une loi spéciale, même du PQ version actuelle, n&#8217;irait pas dans un sens trop opposé aux demandes des ouvriers de la construction. Dans les médias, l&#8217;alliance agite des demandes de hausses salariales de 3% et plus. Or, il a fort à parier qu&#8217;en coulisse, la cible syndicale se situerait probablement plus autour d&#8217;une fourchette de 2,5% à 3%.</p>
<p>Même chose du côté patronal, le petit 1% de hausse de salaire offerte ne fait pas sérieux. Les négociateurs savent fort bien qu&#8217;au final, avec un peu de chance, ils pourraient bien s&#8217;en sortir avec une hausse salariale de près de 2%. Les patrons offrent aux salariés le travail forcé les samedis et les dimanches, les heures supplémentaires payées en double seulement à partir de 48 heures, et des chantiers opérationnels dès 5h30 le matin.</p>
<p>Ils savent bien que dans le cas d’une loi spéciale ou d’un règlement négocié, ils devront laisser tomber au moins une, ou deux de ces exigences étonnantes, en échange d’un peu plus de flexibilité dans l’embauche des travailleurs et moins d’appétit salarial de leur part.</p>
<p>Le refus total de la ministre du Travail Agnès Maltais d&#8217;envisager une loi spéciale est la meilleure position possible. Car, à partir du moment où un gouvernement en laisse planer la menace, qu&#8217;arrive-t-il, croyez-vous? Il n&#8217;y a plus aucune négo. Tout s&#8217;arrête. Tant les patrons que les chefs syndicaux attendant paresseusement que l&#8217;État nettoie leur gâchis. Avec à la clé, un climat de travail pourri pour toute la durée de la convention collective. Rien pour améliorer la productivité dans les chantiers, tout le contraire même. </p>
<p>Rappelez-vous les conflits de travail à Air Canada, l&#8217;an dernier: sitôt la menace d&#8217;une loi spéciale évoquée par le gouvernement Harper, sitôt la partie patronale s&#8217;est assise sur son steak pour regarder la ministre fédérale du Travail Lisa Raitt faire le boulot à sa place.</p>
<p>Je parierais même que si nous étions en situation de gouvernement caquiste ou libéral, ce ne serait pas une grève que ne subirions, mais un lock-out. D’ailleurs, les patrons de la construction avaient évoqué il y a quelques semaines cette possibilité. Cela dit, avec un gouvernement péquiste qui n’a pourtant pas trop fait de cadeaux aux syndicats, l’Association de la construction a plutôt laissé à l’Alliance syndicale le loisir de faire feu la première.</p>
<p>Syndicats et patrons doivent aussi cesser de prendre leurs vessies pour des lanternes: aucun des deux groupes n&#8217;a l&#8217;appui de la population. Le porte-parole syndical Yves Ouellet affirmait sans rire que la population est à 300% derrière les syndicats de la construction. C&#8217;est une manière de décrire sa vie sur une autre planète. Côté patronal, vous n&#8217;avez juste qu&#8217;à crier «CHARBONNEAU!».</p>
<p>Depuis hier, bien des gens qui n’ont rien à voir avec le conflit perdre leur emploi, notamment chez les fournisseurs de matériaux et de services pour l’industrie de la construction, selon ce que Jobboom a appris. C<a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/quebec/archives/2013/06/20130617-130044.html">’est pas mal plus grave que les retards dans la construction du Temple à Labeaume.</a> Les faces de MM. Babounes des deux côtés de la table devront en tenir compte. Et se comporter dès maintenant en adultes. </p>
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		<title>Un test d&#8217;embauche pour le futur maire de Montréal?</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 15:51:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Point de vue]]></category>
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		<description><![CDATA[Avant de procéder à l&#8217;embauche d&#8217;une personne à un poste clé, plusieurs employeurs imposent des examens aux candidats finalistes, question de départager le meilleur parmi les excellents candidats qui ont réussi avec brio les étapes du CV et de l&#8217;entrevue. Ces tests placent souvent les candidats dans des situations réelles qu&#8217;ils rencontreront s&#8217;ils occupent l&#8217;emploi. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de procéder à l&#8217;embauche d&#8217;une personne à un poste clé, plusieurs employeurs imposent des examens  aux candidats finalistes, question de départager le meilleur parmi les excellents candidats qui ont réussi avec brio les étapes du CV et de l&#8217;entrevue. </p>
<p>Ces tests placent souvent les candidats dans des situations réelles qu&#8217;ils rencontreront s&#8217;ils occupent l&#8217;emploi. </p>
<p>Une suggestion, comme ça: puisque Montréal se retrouvera une fois de plus décapitée, pourquoi ne pas profiter du temps qu&#8217;il reste avant les élections de novembre pour mettre à l&#8217;épreuve les différents candidats déclarés à la mairie? </p>
<p>Chacun des candidats aura la chance d&#8217;être maire de Montréal pendant un mois. Après quoi, lors des élections, les vrais employeurs du maire de Montréal, les citoyens montréalais, pourront choisir en toute connaissance de cause celui ou celle qui aura le mieux su tirer ses marrons du feu. </p>
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		<title>Indice Jobboom pour l&#8217;emploi: on va l&#8217;atteindre notre ciel</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Jun 2013 15:02:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Indice Jobboom]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous cherchez du boulot, ou un autre job dans le cas où vous en avez déjà un, vous avez peut-être l’impression que le climat n’est pas tout à fait favorable à la chasse à l’emploi. Vous avez tort. Le marché de l’emploi québécois est en relative bonne santé en ce moment. Comparée à ce [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous cherchez du boulot, ou un autre job dans le cas où vous en avez déjà un, vous avez peut-être l’impression que le climat n’est pas tout à fait favorable à la chasse à l’emploi.<br />
Vous avez tort. Le marché de l’emploi québécois est en relative bonne santé en ce moment.</p>
<p>Comparée à ce qui prévalait l’an dernier, il y a eu une bonne progression. En fait, pour faire une histoire courte, le monde du travail québécois avait attrapé une vilaine grippe aviaire à l’hiver 2012, avec des pertes en rafales. Puis, peu à peu, on a stabilisé le patient. Tout au long de l’automne jusqu’au début de l’hiver dernier, la rémission était même fortement engagée. Mais depuis février, la rémission a stoppé net. Reste que le patient est en meilleure santé qu’il y a un an.</p>
<p>Presque tout au long des huit premiers mois de 2012, l’Indice Jobboom pour l’emploi affichait un score sous les 40 points. Depuis, ça s’est raffermi, avec une pointe à 61,9 en février dernier. Pour le mois de juin, il inscrit un 56,5. C&#8217;est 15 points de plus que le mois dernier. De période en période, il y a des hauts et des bas, mais la tendance est à la hausse.</p>
<p><a href="http://storage.canoe.ca/v1/blogs-prod-photos/4/c/3/6/d/4c36d65ddac8dde6e98615cf3dcbfcd5.jpg?stmp=1371057655" title="COMBO_JUIN2013"><img alt="COMBO_JUIN2013" src="http://storage.canoe.ca/v1/dynamic_resize/id/33467631/?size=500x500&#038;site=blogs&#038;authtoken=3ef318efc0d861959b4b4c43bdd7f1d6&#038;quality=90" /></a></p>
<p>L’Indice Jobboom s’inscrit en faux avec les commentaires politiciens de la semaine dernière concernant les <a href="http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/121005/dq121005a-fra.htm">statistiques de l’emploi pour mai, dévoilées par Statistique Canada</a>. Durant ce mois, le Québec a enregistré un fort gain d’emplois, mais a aussi perdu beaucoup de postes à temps plein. Globalement, il y a même un tout petit peu moins d’emplois qu’en décembre dernier. Alors que dans le reste du pays, il y en a plus, même si l&#8217;essentiel des nouveaux emplois à l&#8217;extérieur du Québec ont été gagnés dans le seul mois de mai dernier. C&#8217;est suspect.<br />
Mais les commentaires de politiciens restent… des commentaires de politiciens, et les statistiques de mai constituent l’arbre qui cache la tendance.</p>
<p>Lorsqu’on analyse les trois derniers trimestres, il y a eu au Québec 7 mois sur 9 avec des hausses d’emplois, dont 3 dans les 5 derniers. L’emploi à temps plein a connu une croissance dans 5 des 9 derniers mois. Le taux d’emploi, une meilleure mesure de la santé d’un marché du travail que le taux de chômage a cru à 5 reprises au cours de la même période, est demeuré stable 2 fois, et connu un fléchissement 2 fois.</p>
<p>Ceci explique pourquoi l’Indice Jobboom est sur une pente ascendante, malgré la morosité ambiante entretenue par des commentateux de la chose publique.</p>
<p>Certains de ces derniers ont notamment tracé un parallèle avec la situation dans le reste du Canada, où, selon Statistique Canada, l’emploi a augmenté de façon prodigieuse en mai dernier, le meilleur mois pour la création d’emplois depuis plusieurs années. Une croissance de 95 000 emplois en un mois demeure une statistique fulgurante. Reste à voir s’il n’y a pas eu un biais méthodologique dans l’enquête de Statistique Canada, qui se corrigera au prochain mois. Ou si ce ne sont pas plutôt les données mensuelles précédentes qui étaient faussées, et qu’une correction vers le haut était en attente. Car depuis le début de 2013, le marché du travail canadien s’est avéré mystérieusement anémique. Il y aurait donc eu, en mai, un effet de rattrapage. Surtout en Ontario.</p>
<p>Dans <a href="http://jobboomblog.com/indice-jobboom/indice-jobboom-a-quand-le-printemps/">l’Indice précédent</a>, je traitais de la difficile situation dans laquelle baignent les jeunes. Leur taux de chômage est anormalement élevé, leur taux d’emploi ne s’améliore pas non plus. Or, selon Statistique Canada, l’emploi des jeunes a connu un fort joli  mois en mai dernier. Il y avait 20 000 jeunes travailleurs de 15 à 24 ans de moins en chômage, et près de 20 000 de plus en emploi. De sorte que leur taux de chômage a dégringolé spectaculairement de plus de 3 points de pourcentage par rapport à avril.  Il était en mai à 11,8%. En Ontario par contre, il est encore trop élevé, à 16% en mai. Dans tout le Canada, il est à 13,6%, contre 14,5% en avril. Mais, comme je le mentionne plus haut, reste à voir si mai n’est qu’un accident de parcours.</p>
<p><em>L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent»</em></p>
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		<title>Pourquoi Laval est un succès</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 14:21:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Point de vue]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a longtemps que dans les milieux politiques montréalais ont s’interroge sur le «Mystère de Québec». Mais il y a aussi le mystère de Laval : comment se fait-il que les Lavallois aient toujours reporté au pouvoir, avec le privilège de l’absence même d’opposition, un être aussi nauséabond que Gilles Vaillancourt? C’est parce que [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a longtemps que dans les milieux politiques montréalais ont s’interroge sur le «Mystère de Québec». Mais il y a aussi le mystère de Laval : comment se fait-il que les Lavallois aient toujours reporté au pouvoir, avec le privilège de l’absence même d’opposition, un être aussi nauséabond que Gilles Vaillancourt?</p>
<p>C’est parce que la Ville est bien gérée, répondent en cœur les Lavallois. En comparaison d’avec sa grosse voisine de Montréal, où c’est le fiasco administratif depuis au moins la dernière glaciation, facile de bien paraître. Mais ne boudons pas le plaisir des Lavallois et reconnaissons que Ville de Laval, sur les plans administratifs, financiers, de la qualité des services livrés, n’est pas un mauvais exemple. </p>
<p>Cet état de fait s’explique : un singe aurait fait de Laval un succès. Pour mener à mal les destinées de cette ville, il aurait fallu être d’une incompétence inouïe. Même Pierre Bourque aurait raté de faire de Laval un échec. C’est dire. </p>
<p>Bref, pendant des années, les Lavallois ont réélu sans interruption ce qu’ils croyaient être un génie, ou à tout le moins, le meilleur père de famille parmi les gestionnaires. </p>
<p>Or, rien de plus facile de présenter des budgets équilibrés, des taxes relativement stables, des hausses dans la quantité et la qualité des services dans une ville en pleine expansion. L’argent rentre tout seul. Les dépenses et les investissements sont tenus au strict minimum grâce aux infrastructures qui sont jeunes : l’effort budgétaire pour leur entretien est minimal. Le nombre de contribuables augmente, les droits de mutation sont exponentiels, et la vente de permis en toutes sortes est à l’avenant. Pas besoin de se lancer dans de grands programmes de développement, la seule filiation avec la Ville de Montréal fait la job toute seule; Montréal casque en solitaire pour défendre le titre de grande métropole internationale de la région. Les villes de banlieues neuves, comme Laval, en profitent gratuitement. Jean Lapierre dirait que Laval a fait du chemin sur la queue du smoking de Montréal. </p>
<p>Tout ça n’a rien à voir avec une ville comme Montréal qui a atteint son plein potentiel de développement, où l’espace physique pour la croissance est saturé, avec des infrastructures qui atteignent chaque année, lot par lot, la fin de leur espérance de vie.  En plus d’avoir à supporter au nom de 94 autres entités municipales, le fardeau de maintenir Montréal dans le palmarès des grandes régions métropolitaines du monde. </p>
<p>Si la croissance de Laval explique sa bonne gestion, comment expliquer sa croissance? Au génie de Vaillancourt? Ça dépend du point de vue. D’abord, l’abondance des terrains vacants à Laval prêts au développement, depuis toujours, fait en sorte que leur bas prix défie toute concurrence. Des terrains pas chers, ça attire des entreprises, des développeurs immobiliers, des résidents et des commerces. Les recettes fiscales augmentent naturellement et sans effort supplémentaire pour les contribuables de plus longue date. Ce qui permet le maintien de taxes foncières concurrentielles, qui à leur tour attirent nouveaux résidents, nouveaux commerces, nouvelles entreprises. Bref le cercle vertueux de la saucisse Hygrade appliqué à la politique municipale.</p>
<p>Là où intervient la main de Dieu, c’est-à-dire celle de Gilles Vaillancourt, c’est la couche supplémentaire de développement, et donc de revenus fiscaux pour pas cher, qu’a permise la tricherie de l’administration du gang de Laval. </p>
<p>Première triche : l’homme et sa ville pèsent lourd dans la course à l’électoralisme du gouvernement de Québec. Pour s’assurer de l’appui électoral de la machine Vaillancourt, les contribuables de l’ensemble du Québec ont allongé à l’infini les tapis noir bitume d’autoroute sur le territoire lavallois. En plus du métro. De puissantes infrastructures qui exercent sur le développement de la ville de Laval un attrait considérable.</p>
<p>Deuxième triche : on abuse de son pouvoir. Comme l’a souligné une excellente enquête de <a href="http://www.montrealgazette.com/Change+zoning+paves+residential+development/8464230/story.html">la journaliste Linda Guylai de The Gazette</a>, le fait que Laval soit à la fois ville, MRC et région administrative lui a permis de pousser sans opposition le dézonage massif de ses terres agricoles, augmentant du coup l’abondance déjà grande d’espaces à développement. Juste en 1989, nous rappelle La Presse, 40% de toutes les zones vertes sont devenues des zones blanches, donc franches pour tout développement.</p>
<p>Troisième triche : toujours selon l’enquête de The Gazette, on accule les petits propriétaires terriens à la faillite en augmentant de 100, 200, voire 3000% leurs taxes municipales, par de petits tours de passe-passe, comme la construction d’infrastructures comme des rues, des trottoirs, des égouts. Financées aux deux tiers par les gouvernements. On force les petits cultivateurs à vendre à vil prix. C’est du coup racheté au rabais par des promoteurs qui peuvent vendre «la maison de vos rêves» à un prix sous votre budget maximal.</p>
<p>Variante : on refuse un changement de zonage à un petit propriétaire terrien qui espère construire une maison. Le lendemain matin, toc-toc-toc à la porte, un homme bien vêtu s’introduit : je l’achète, votre terrain. Le surlendemain, le changement de zonage est autorisé. Un nouveau projet domiciliaire de 350 monster houses vient de voir le jour. </p>
<p>Quatrième triche : on procède à des changements de zonage en catimini. Là où le bungalow régnait en roi et maître, lève de terre soudainement une tour de 15 étages. Des centaines de nouveaux contribuables d’un seul coup!</p>
<p>Cinquième triche : On se fout des lois environnementales. <a href="http://www.lapresse.ca/environnement/201306/07/01-4658706-milieu-humide-laval-fait-fi-de-quebec.php">La nuit, quelque part dans l’île Jésus, un marais est asséché puis comblé de matériaux à remblai</a>. Un nouveau projet domiciliaire de 350 monster houses vient de voir le jour. Et un ministre de l’Environnement démissionne à la surprise de tous, pour des raisons familiales, il va sans dire. Deviendra député fédéral, un peu plus tard. </p>
<p>Voilà, c’est ainsi qu’on se garantit 25 ans de pouvoir à l’hôtel de ville. Les citoyens sont satisfaits de leur administration municipale. </p>
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		<title>L&#8217;économie va mal? C&#8217;est voulu</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 15:06:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’économie n’est pas une science exacte. Quand bien même qu’on réaliserait la même expérience, dans les mêmes conditions, selon les mêmes procédures, avec les mêmes éléments, et sous la supervision des mêmes chercheurs, il y a fort à parier que les résultats différeraient d’une tentative à l’autre. D’où l’importance lorsque les gouvernements érigent des politiques [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’économie n’est pas une science exacte. Quand bien même qu’on réaliserait la même expérience, dans les mêmes conditions, selon les mêmes procédures, avec les mêmes éléments, et sous la supervision des mêmes chercheurs, il y a fort à parier que les résultats différeraient d’une tentative à l’autre.</p>
<p>D’où l’importance lorsque les gouvernements érigent des politiques publiques à caractère économique ou financier à partir de certaines théories économiques, d’y injecter une bonne grosse dose de pragmatisme et d’intuition. En économie, le dogmatisme est le pire ennemi du peuple. En fait, de manière générale, le dogmatisme est juste un grand fouteur de merde.</p>
<p>Les théories économiques ont leur sens et leur utilité, mais elles ne sont qu’un ingrédient parmi tant d’autres dans la bonne marche du monde. C’est ce que je démontre <a href="http://www.jobboom.com/carriere/la-bonne-parole/">dans mon éditorial <em>(La bonne parole)</em></a> de la plus récente édition du <a href="http://www.jobboom.com/carriere/magazine/">Magazine Jobboom</a>, tout frais sortie des presses et du nuage de <a href="https://itunes.apple.com/ca/app/magazine-jobboom/id491743701?mt=8">l’App Store</a>, à propos de la cure d’austérité qui sévit partout dans le monde développé. Une théorie économique, échafaudée à partir de tenants un peu bringuebalants, a remplacé juste le gros bon sens chez tous les stratèges économiques et budgétaires des gouvernements.</p>
<p>Extrait :</p>
<blockquote><p>C’est écrit dans les épîtres de Reinhart et Rogoff. Les apôtres Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, deux éminents économistes, racontent l’histoire vraie d’un gros barbu qui a séparé la mer Rouge en deux pour laisser passer les dinosaures. Non, ce n’est pas ça, mais c’est de la même eau : lorsque la dette d’un pays atteint 90 % de son PIB, son économie se met à s’effondrer comme une usine de textile en Asie.</p>
<p>Ainsi, depuis quatre ans, on pratique la génuflexion de l’austérité en respectant les enseignements de Reinhart et Rogoff. Avec plus de piété en Europe (ils ont péché davantage) qu’en Amérique, mais peu importe, ça marche : l’Europe a connu deux récessions depuis 2010. Une troisième se prépare. L’Irlande a fait preuve d’une rigueur d’esthète pour juguler son déficit et profite déjà du paradis ici-bas : croissance presque à zéro et taux de chômage à 14 % depuis 2009. Et un déficit budgétaire 10 fois plus gros que celui du Québec.</p>
<p>Cinq ans après la fin de la récession aux États-Unis, le taux d’emploi demeure inférieur à celui qui prévalait au pire de la crise de 1982. L’entreprise privée au Canada et au Québec ne crée plus d’emploi. Proportionnellement, il y a toujours moins de travailleurs canadiens aujourd’hui qu’il y a cinq ans.</p></blockquote>
<p>Le résultat, donc: une catastrophe. Non seulement la théorie n’arrive pas à s’exercer dans la pratique, en plus, on répète la même erreur en espérant un résultat différent. Einstein les aurait qualifiés de fous. Anyway, ceux qui l’ont élaborée, de même que ceux qui y croient avec une foi à faire apostasier François Premier ainsi que ceux qui ont à l’appliquer n’en subissent aucune conséquence. Non, les victimes, ce sont vous et moi, et un tas d’autres de nos semblables de travailleurs.</p>
<p>Autre extrait :</p>
<blockquote><p>Mais la liturgie de Reinhart et Rogoff est trop belle pour être rejetée tant le mystère de la foi austère est grand. Dites, l’histoire de Jésus qui change l’eau en vin, ça fait du bien d’y croire, non? L’austérité a au moins le mérite de vous servir une leçon de morale : payez pour vos excès.</p>
<p>Tant et aussi longtemps que le train de vie des membres du 1 % des plus riches, les porteurs de la bonne parole de l’austérité, n’est pas touché. Et touché, il ne l’est pas : l’industrie du luxe a connu une croissance de 10 % en 2012. Le Fonds monétaire international le confirme : les inégalités de revenus n’ont jamais été aussi élevées depuis 1929, même au Canada, et croissent sans cesse depuis 2007.</p></blockquote>
<p>Entre la rédaction de mon édito et sa publication, d’autres éléments de preuve de cette folie sont venus s’ajouter.</p>
<p>Comme le PDG de la grosse banque d’affaires américaine JP Morgan, <a href="http://www.commondreams.org/view/2013/06/05-5">qui admet sans honte que son institution fait surtout de l’argent lors des crises financières et éclatement de bulles, bulles du reste alimentée et manipulée par ladite banque.</a></p>
<p><a href="http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201306/06/01-4658265-le-fmi-fait-son-mea-culpa-sur-la-grece.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&#038;utm_contenuinterne=lapresseaffaires_LA5_nouvelles_98718_accueil_POS1">Le Fonds monétaire international qui reconnaît son incroyable crédulité dans la manière qu’elle a affronté la crise en Grèc</a>e. </p>
<p><a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/379981/la-zone-euro-s-enlise-dans-la-recession">Pendent ce temps, l’Europe s’enlise.</a></p>
<p>Le Magazine Jobboom est aussi disponible sur Android. </p>
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		<title>Travailleurs saisonniers et assurance-emploi: la vraie histoire</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Jun 2013 18:35:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Beaucoup de choses ont été écrites à propos de la réforme de l&#8217;assurance-emploi et des prestataires visés par la dite réforme: les travailleurs saisonniers. Mais qui sont-ils? Comment vivent-ils? À quoi servent-ils? Quel fierté ou honte en tirent-ils? A-t-on affaire à une bande de profiteurs et de paresseux? Pour le savoir, et vous donner la [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://storage.canoe.ca/v1/blogs-prod-photos/1/a/a/d/f/1aadf2c19015616f1e240fea608e10aa.jpg?stmp=1370457031" title="2013-06"><img alt="2013-06" src="http://storage.canoe.ca/v1/dynamic_resize/id/33451042/?size=500x500&#038;site=blogs&#038;authtoken=3ef318efc0d861959b4b4c43bdd7f1d6&#038;quality=90" /></a></p>
<p>Beaucoup de choses ont été écrites à propos de la réforme de l&#8217;assurance-emploi et des prestataires visés par la dite réforme: les travailleurs saisonniers.</p>
<p>Mais qui sont-ils? Comment vivent-ils? À quoi servent-ils? Quel fierté ou honte en tirent-ils? </p>
<p>A-t-on affaire à une bande de profiteurs et de paresseux? Pour le savoir, et vous donner la réponse, le <a href="http://www.jobboom.com/carriere/magazine/">Magazine Jobboom</a> est allé à leur rencontre. Selon les résultats d&#8217;une enquête dévoilée dans le reportage <a href="http://www.jobboom.com/carriere/la-double-vie-des-travailleurs-saisonniers/">La double vie des travailleurs saisonniers</a>, de Mélissa Guillemette, les trois quarts des travailleurs saisonniers du Québec ne cherchent pas de boulot pendant la saison morte. Mais la moitié se dit prête à en occuper un. À une condition: que cela ne leur interdit pas de recommencer leur «vrai» métier une fois la nouvelle saison arrivée. </p>
<p>Autrement dit, les pêcheurs, charpentiers, paysagistes ou guides touristiques ne lèvent pas le nez sur du travail à l&#8217;année, mais sur une possible obligation d&#8217;avoir à quitter une profession pour laquelle ils ont un attachement très fort. Certains, pourtant, travaillent plus d&#8217;heures en deux ou trois mois qu&#8217;un employé de bureau à l&#8217;année. Et qu&#8217;un sénateur dans sa vie durant. De toute façon, les saisonniers ne représentent pas un poids excessif sur les finances du régime d&#8217;assurance-emploi: ils reçoivent 18% de la valeur des prestations, et représentent 16% des cotisants. </p>
<p>Ce qui ressort de ce grand reportage de Mélissa Guillemette, c&#8217;est que l&#8217;économie canadienne a besoin de ses travailleurs saisonniers. Que de leur garantir un minimum vital entre les pics d&#8217;activité est incontournable. Mais que le programme d&#8217;assurance-emploi est juste le mauvais véhicule pour y parvenir. D&#8217;autres pays en sont arrivés à ce constat et on créé des systèmes de soutien aux travailleurs saisonniers en dehors de leur régime d&#8217;assurance-chômage. </p>
<p>Ce qui impliquerait la création d&#8217;une nouvelle bureaucratie. Or, la bureaucratie supplémentaire, fut-elle efficace, n&#8217;est pas l&#8217;apanage du gouvernement Harper. Il préfère dilapider les deniers publics dans de débiles campagnes publicitaires. </p>
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		<title>Indice Jobboom: à quand le printemps?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 15:51:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’Indice Jobboom de mai bouge peu. En fait, il demeure dans ses eaux troubles pour la simple et bonne raison que le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé, ne s’améliore guère depuis plusieurs mois. Et cette situation touche tant le Québec, que le Canada, hormis les quelques provinces «boostées» par l’exploitation faramineuse des [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’Indice Jobboom de mai bouge peu. En fait, il demeure dans ses eaux troubles pour la simple et bonne raison que le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé, ne s’améliore guère depuis plusieurs mois. Et cette situation touche tant le Québec, que le Canada, hormis les quelques provinces «boostées» par l’exploitation faramineuse des champs pétrolifères. C’est-à-dire l’Alberta et la Saskatchewan.</p>
<p><a href="http://storage.canoe.ca/v1/blogs-prod-photos/f/e/4/3/e/fe43e9c2798c9542e65c0408aa655052.jpg?stmp=1369237879" title="COMBO_MAI2013"><img alt="COMBO_MAI2013" src="http://storage.canoe.ca/v1/dynamic_resize/id/33418101/?size=500x500&#038;site=blogs&#038;authtoken=3ef318efc0d861959b4b4c43bdd7f1d6&#038;quality=90" /></a></p>
<p>Pour le reste du pays, dont les trois principales provinces et toutes celles de l’Atlantique, le marché de l’emploi ne parvient tout simplement à répondre à la demande pour du travail. Ceux qui en font les frais : les jeunes. Le taux de chômage chez les moins de 25 ans n’a jamais été aussi élevé ce printemps que depuis au moins 2010.</p>
<p>La situation n’est certes pas comparable à ce qui se passe dans les pays du «club med», l’Espagne, l’Italie et la Grèce, notamment, où le chômage officiel des jeunes dépasse les 50%. Mais l’écart entre le chômage des jeunes et celui des travailleurs de 25 à 64 ans frôle des niveaux comparables à ceux vécus pendant la crise économique du début des années 80.</p>
<p>Depuis décembre dernier, le chômage chez les jeunes a cru de 20% au Québec. À 14,7%, il atteint un de ses plus hauts niveaux depuis de nombreuses années. Jusqu’à maintenant, le Québec s’était particulièrement bien distingué par rapport aux autres provinces pour le chômage des jeunes. Ce n’est plus le cas. Désormais, le taux de sans-emploi québécois des moins de 25 ans est sensiblement le même que dans le reste du Canada.</p>
<p>La situation n’est pas dramatique, mais cela fait tout de même plus de trois ans que le Canada peine à intégrer les jeunes au marché de l’emploi. Le taux de chômage se maintient inexplicablement près ou au-dessus de 14% depuis 2010.</p>
<p>Si la situation ne s’améliore pas d’ici les prochains mois, le sujet devra revenir à l’avant-scène des priorités nationales. Et les gouvernements, tant celui du Parti québécois à Québec, que celui du Parti conservateur à Ottawa, devront s’y attaquer.  Sans quoi un autre printemps érable dans les prochaines années n’est pas à exclure… Même à Toronto.</p>
<p><em>L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années, et à partir des données de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».</em></p>
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		<title>L&#8217;histoire cahoteuse de la route à Chevrette</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 15:24:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Admettons qu’on accepte les explications de Guy Chevrette concernant l’histoire de la «magouille» de la route de Saint-Donat, révélée hier à la Commission Charbonneau. Bref, il n’y a pas eu de magouille, ni pot-de-vin, ni entrepreneur-ami gâté. On accepte les explications de l’ancien ministre de la Garnotte, mais ça ne répond pas à la question [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Admettons qu’on accepte les explications de Guy Chevrette concernant l’histoire <a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/commissioncharbonneau/archives/2013/05/20130501-142117.html">de la «magouille» de la route de Saint-Donat</a>, révélée hier à la Commission Charbonneau. Bref, il n’y a pas eu de magouille, ni pot-de-vin, ni entrepreneur-ami gâté.</p>
<p>On accepte <a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/commissioncharbonneau/archives/2013/05/20130501-224205.html">les explications de l’ancien ministre de la Garnotte</a>, mais ça ne répond pas à la question de fond embrumant l’histoire de cette route : pourquoi?</p>
<p>Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Et pourquoi?</p>
<p>Pourquoi cette route? Vous avez peut-être déjà entendu cette blague duplessiste selon laquelle on promettait aux électeurs de construire des ponts là même où il n’y a pas de rivière.<br />
Dans ce cas-ci, on a construit une route qui mène de nulle part à nulle part, en passant par nulle part. Desservant personne. Et donnant accès à rien.</p>
<p>Ce que la petite histoire officielle de ce bout de route de 31 km nous apprend, c’est qu’il devait permettre de relier deux destinations importantes, Saint-Donat et Mont-Tremblant. Question de faire profiter la première des importants développements de la seconde, vu leur proximité et leur filiation apparente et historique. Comme si les deux étaient séparées par l’Atlantique.<br />
Ce que la petite histoire officielle ignore de mentionner, c’est qu’il y avait déjà un lien routier qui unit encore aujourd’hui les deux communautés, au sud de celui qui nous préoccupe depuis hier.</p>
<p>Distance entre le village de Saint-Donat et le versant nord de Tremblant par la vieille petite route de colonisation, dit le chemin de Vals-des-Lacs : 38 km.</p>
<p>Fallait donc rapprocher les deux communautés. Une nouvelle route, vite, la route du Nordet (ou route Chevrette, comme voulaient la baptiser certains disciples de l’ancien ministre), qui deviendra le lien officiel entre Tremblant et Saint-Donat.<br />
Nouvelle distance : 51 km! Wow, quel rapprochement…</p>
<p>Ainsi, d’une route déjà existante, mais mal en point et nécessitant des travaux d’urgence de toute façon, desservant de vrais villages, du vrai monde, des sites de villégiature; qui partait tout près de Saint-Donat le long d’une route provinciale importante, on a choisi de créer un nouveau lien routier à une dizaine de kilomètres au nord du village, à partir du cul-de-sac de la route 125, où il n’y a rien. De là, on traverse une immense forêt publique où il n’y a rien, aucun attrait et aucune communauté, ne serait-ce qu’une maison isolée à desservir. En prenant soin d’ajouter 13 km au trajet entre les points A et B qu’on souhaitait relier. Une route désormais célèbre pour ses des pentes de 300 mètres de dénivelé et des degrés d’inclinaison à faire capoter un cycliste du Tour de France pourtant aguerri aux cols alpins. Imaginez maintenant l’hiver, <em>mom &#038; pop</em>, avec la marmaille et matante au volant. Il y aura des caleçons à nettoyer, c&#8217;est garanti!</p>
<p>En plus, (car il n’y pas que dans les contrats routiers qu’il y a des extras, il y en a aussi dans l’histoire), en plus donc, que le projet est demeuré inachevé. Une grosse <em>highway </em>qui part d’un rang provincial à une petite route locale. Il reste donc 10 km de route qu’on pas été construit et qui auraient permis de relier plus efficacement les points A et B. Un petit tronçon indispensable pour justifier l’investissement dans le grand tronçon, disparu subitement, et comme par enchantement, de la liste des priorités du ministère des Transports.</p>
<p>Bref, vous dépensez 22 millions de dollars pour une route, jusqu&#8217;à l’ombre de votre objectif, comme vous brûler 2 milliards de calories pour traverser le lac Saint-Jean à la nage, et là, à quelques coups de brasse de la rive opposée à votre point de départ, vous choisissez d’abandonner. J&#8217;embarque dans’chaloupe, ça ne me tente pu de traverser le lac à la brasse.<br />
Quelle étrange manière de politique publique… qui pourrait s’expliquer à l’aune du témoignage de Gilles Cloutier devant la commission. Sauf que ce n’est pas vrai, nous dit Guy Chevrette. OK, d’abord, alors :</p>
<p>Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi cette route inutile? </p>
<p>Une risée dans la région, dont on en dit qu’il s’agit de la piste cyclable de luxe la plus chère au Québec! Car, jusqu’à maintenant, le nombre de passages cyclistes surpasse nettement celui des voitures.</p>
<p><strong>PS :</strong> malgré son origine douteuse, cette route offre<a href="http://www.cyclostdonat.com/image/Marian%20spicer/album/index.html"> des panoramas exceptionnels sur la région des Laurentides et la limite sud du Parc du Mont-Tremblant</a>. Outre le fait d’avoir séparé en deux une vaste zone sauvage et ériger un mur de Palestine pour la grande faune locale qui parcourait le secteur, elle a permis aux cultivateurs de chanvre hallucinogène d’accéder à un immense territoire non patrouillé. De plus, l’exploitant forestier détenant les permis d’exploitation de la zone – qui vient de Chertsey, un village proche de Joliette, tient donc! – a pu épargner des dizaines de milliers de dollars en construction de routes forestières pour atteindre et sortir sa ressource.</p>
<p>Donc, tout n’est pas noir dans ce dossier.</p>
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		<title>Salaire minimum au maximum?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 14:15:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour la toute première fois, le salaire minimum au Québec dépasse les 10$ l&#8217;heure aujourd&#8217;hui. À 10,15$, il s&#8217;agit d&#8217;une augmentation de 2,5% par rapport à l&#8217;année précédente. Depuis l&#8217;an dernier, le taux d&#8217;inflation lui oscille entre 1 et 1,5%. À 10,15$, ça peut sembler élevé aux yeux de certains économistes qui pointent plus à [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la toute première fois, le salaire minimum au Québec dépasse les 10$ l&#8217;heure aujourd&#8217;hui. À 10,15$, il s&#8217;agit d&#8217;une augmentation de 2,5% par rapport à l&#8217;année précédente. Depuis l&#8217;an dernier, le taux d&#8217;inflation lui oscille entre 1 et 1,5%.</p>
<p>À 10,15$, ça peut sembler élevé aux yeux de certains économistes qui pointent plus à droite, mais le Québec se situe en milieu de peloton au Canada. Quatre provinces prévoient un salaire minimum plus haut, soit l&#8217;Ontario, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et le Manitoba. Pour trouver le salaire minimum le plus généreux au Canada, il faut sortir des provinces et s&#8217;aventurer dans les territoires nordiques, où le prix d&#8217;une seule pinte de lait suffit pour ré-hypothéquer sa maison. Il est à 11$ au Nunavut et 10,54$ au Yukon. Voici le tableau, par ordre décroissant:</p>
<blockquote><p>
Nunavut	             11,00$<br />
Yukon	             10,54$<br />
Nouvelle-Écosse	     10,30$<br />
Colombie-Britannique 10,25$<br />
Ontario	             10,25$<br />
Manitoba	     10,25$<br />
Québec               10,15$<br />
Saskatchewan	     10,00$<br />
Nouveau-Brunswick    10,00$<br />
Terre-Neuve          10,00$<br />
T.-N.-O              10,00$<br />
I.-du-P.-É           10,00$<br />
Alberta               9,75$
</p></blockquote>
<p>Selon une méthode de calcul d&#8217;économistes pour le moins obscure et dont on n’en connaît rien des aboutissants, un salaire minimum ne devrait jamais dépasser 45% du salaire moyen, sans quoi, son effet devient néfaste pour l&#8217;économie. Admettons que cela soit vrai et vérifiable, selon le principe de la semaine de travail moyenne au Québec de 35 heures, le nouveau salaire minimum représente 42,6% du revenu moyen hebdomadaire (selon les dernières données disponibles, soit celles de février dernier). Tableau!</p>
<blockquote><p>
I-du-P.-É.           46,8%<br />
Nouvelle-Écosse      45,3%<br />
Manitoba             43,1%<br />
Nouveau-Brunswick    43,0%<br />
Québec               42,6%<br />
Colombie-Britannique 41,0%<br />
Ontario              39,1%<br />
Saskatchewan         37,2%<br />
Terre-Neuve          37,0%<br />
Alberta              31,1%
</p></blockquote>
<p>Seulement 5 % de la population active gagne le salaire minimum. De ceux-là, près de la moitié sont des étudiants. Par contre, il agit comme un effet de levier pour l&#8217;ensemble des salariés, notamment tous les petits salariés en profitent parce que certains employeurs offrent systématiquement plus que le minimum.</p>
<p>Selon une certaine école de pensée assez répandue, au Québec comme ailleurs, le salaire minimum crée du chômage. Les entreprises de services sont plus sensibles au taux du salaire minimum, les coûts de main-d’œuvre y représentent une plus grande proportion des frais que dans d’autres secteurs économiques. La rémunération compte pour 80 % des coûts dans l’hébergement et la restauration et 75 % dans le commerce de détail, contre 59 % dans l’ensemble des industries.</p>
<p>Mais l’ampleur des pertes d’emploi lors d&#8217;une hausse du salaire minimum serait moins importante que certains le croient. En outre, ces pertes n’arrivent pas tout de suite : au lendemain d’une hausse, les restaurateurs auront besoin d’autant d’employés parce qu’ils auront autant de frites à faire. Mais, à plus long terme, pour réduire leurs coûts de main-d’œuvre, ils investiront peut-être dans une friteuse automatique.</p>
<p>Ce qui n&#8217;est pas mauvais pour l&#8217;économie en soi. Les innovations technologiques et la productivité accrue qu’elles entraînent créent de la croissance économique et donc, à long terme, plus d’emplois. Un salaire minimum plus généreux donne un coup de fouet à l’économie, et le chômage qu’il engendre est temporaire.</p>
<p>En lieu et place du salaire minimum, des économistes, commentateurs et politiciens privilégient les programmes de soutien du revenu comme les allocations familiales ou le remboursement de la TPS, ou les primes au travail. Ainsi, l&#8217;ensemble des contribuables, et pas juste les entreprises casquent pour les travailleurs pauvres. Pour d&#8217;autres, les mesures de compensation du revenu ne sont rien de moins qu’une subvention déguisée qui permet aux entreprises de continuer à sous-payer leurs employés.</p>
<p>En 2008, une étude du UC Berkeley Labor Center, un institut de recherche sur le travail rattaché à l’Université de Californie, leur donne raison. Celle-ci montre qu’en Californie, offrir un salaire minimum de 8 $ l’heure aux travailleurs – plutôt que les 6,75 $ en vigueur dans cet État au moment de l&#8217;étude – réduirait de 2,7 milliards les aides allouées par le gouvernement pour les soins de santé ou la garde des enfants. En d’autres mots, les contribuables paient ces milliards parce que les entreprises ne le font pas.</p>
<p>Bref, que ce soit le consommateur qui achète son produit plus cher parce qu’on a augmenté le salaire minimum ou le contribuable qui paie la Prime au travail avec ses taxes, l’argent sort toujours de la même poche, la nôtre.</p>
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		<title>Pénuries de main-d&#8217;oeuvre? Payez plus, dit le banquier!</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 15:01:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>eric.grenier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Banque du Canada]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Tous ceux qui s&#8217;opposent <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/375113/la-rbc-dans-l-embarras-pour-des-embauches-a-l-etranger">aux dérives</a> du <a href="http://www.rhdcc.gc.ca/fra/emplois/travailleurs_etrangers/index.shtml">Programme des travailleurs étrangers temporaires</a>, à commencer par le NPD et les syndicats, et plus largement tous les travailleurs qui trouvent les employeurs d&#8217;ici bien pingres, viennent de se trouver un allié insoupçonné: le gouverneur de la Banque du Canada!</p>
<p>Pour tirer sa révérence avant de devenir le gouverneur de la Banque d&#8217;Angleterre, Mark Carney <a href="http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/economy/carney-warns-against-overreliance-on-foreign-workers-for-low-paying-jobs/article11498835/">a jeté tout un pavé dans la mare hier</a>, lors de sa dernière présence devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes. Selon lui, les employeurs canadiens développent depuis quelques années une dépendance à l&#8217;égard des employés étrangers peu rémunérés. La très forte utilisation du programme (il y avait trois fois plus de travailleurs étrangers au Canada en 2012 &#8211; 338 000 &#8211; qu&#8217;en 2003) tire vers le bas les salaires payés au Canada prévient-il, et pousse les entreprises à la paresse. Ainsi, plutôt que d&#8217;investir dans la technologie et la formation de la main-d&#8217;œuvre, elles se contentent de maintenir leurs marges en embauchant des bas salariés. Ce qui, le moindre nigaud en conviendra, n&#8217;est pas bon pour l&#8217;économie canadienne. </p>
<p>Cela rappelle l’époque du huard à 70 cents, une période pendant laquelle les manufacturiers canadiens ont peu investi et se sont simplement appuyés sur la faible valeur de la monnaie canadienne pour vendre à faible coût les produits canadiens, notamment aux États-Unis. Une forte croissance de l&#8217;emploi dans ce secteur avait été observé durant cette période. Depuis la hausse spectaculaire du dollar, il s&#8217;est perdu plus d&#8217;un demi-million d’emplois dans les usines du pays.</p>
<p>Le message de Carney tient en peu de mots: pour contrer la pénurie de main-d&#8217;œuvre dans les emplois peu spécialisés, il n&#8217;y a qu&#8217;une solution viable, payer plus! Pour le reste, la formation est la clé. À cet égard, l&#8217;exemple allemand où les entreprises sont massivement embrigadées dans la formation de la main-d&#8217;œuvre, offre une piste de solution d&#8217;un incontournable intérêt, <a href="http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201304/23/01-4643742-lentreprise-au-centre-du-systeme-dual-allemand.php">comme le souligne La Presse dans ce reportage</a>.</p>
<p>Le Programme des travailleurs étrangers temporaires n&#8217;est pas un mauvais programme en soi. Comme le rappelle le gouverneur de la Banque du Canada, il permet aux entreprises canadiennes de s&#8217;offrir de la compétence et l&#8217;expertise rares comme de la merde de pape dans le monde. Par exemple, vous êtes le Cirque du Soleil, vous préparez un show qui s&#8217;intitulera <em>Inferno</em>, dont le thème sera le feu, vous avez alors absolument besoin de ce jongleur de torches russe, le meilleur au monde. Pour l&#8217;amener dans le quartier Saint-Michel où il participera à la conception du spectacle, vous devez passer par ce programme. Idem si vous êtes Bombardier, vous concevez un nouvel appareil, il vous faut les meilleurs en aérodynamique dans le monde. Vive le programme!</p>
<p>Mais si vous êtes propriétaires d&#8217;une franchise de restaurant de beignes à Saint-Jovite, faire appel à des travailleurs philippins via le programme en est une perversion. Et ce n&#8217;est même pas moi qui le dis, ni un gogauche plateaupithèque, mais un des grands banquiers de sa génération!</p>
<p>Dans mon billet précédent, vous pouviez consulté une l<a href="http://jobboomblog.com/nouvelles/travailleurs-etrangers-tout-le-monde-le-fait/">iste sommaire des employeurs québécois inscrits au programme, dont de nombreux organismes gouvernementaux et publics.</a></p>
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