Que vous avait prédit l’Indice Jobboom de décembre dernier? Il semble que nos très pessimistes prévisions se sont malheureusement matérialisées, avec la sortie vendredi dernier des plus récents chiffres sur l’emploi de Statistique Canada. La mauvaise nouvelle n’est pas tant que 26 000 emplois ont été perdus en décembre dernier au Québec, mais que 35 000 jobs à temps plein ont été détruits, tandis qu’un certain nombre d’autres à temps partiel ont été créés.
En fait, comme l’Indice l’annonçait depuis le début de l’été 2011, le Québec était mûr pour une sale période en matière d’emploi, avec les chutes aussi spectaculaires que consécutives de l’Indice. Résultat: le marché de l’emploi québécois vient de connaître sa pire période de deux mois en 30 ans. C’est-à -dire lors de la récession de 1981-82, la pire à avoir frappée le Canada depuis la Dépression des années 30. C’est pas rien.
Comme une mauvaise arrive toujours accompagnée, la sortie aujourd’hui du nouvel Indice Jobboom pour janvier ajoute à la morosité: l’ancien record de 38,5 pour le Québec, –  jeune d’un seul mois et qui nous a donné cette pire période de deux mois –  est de nouveau battu avec une déplaisante note de 26. Cela nous permet de dire sans trop se tromper qu’il n’a jamais été si difficile de se trouver du boulot au Québec depuis 2006, c’est-à -dire depuis le début de l’Indice Jobboom. Plus encore que pendant la récession de 2007-2008. Tous les secteurs d’emplois, ou presque, affiche une mine déconfite. Plan Nord ou pas…
La mauvaise nouvelle n’est pas seulement accompagnée d’une autre, mais elle vient aussi avec une bonne, du moins potentiellement. Ce score de 26 laisse présager un certain plancher d’emplois. En effet, la baisse de l’Indice entre janvier par rapport est nettement moins prononcé que celle de décembre. Il est donc possible que l’avion du marché de l’emploi a cessé de piquer du nez et qu’on assistera à un redressement de l’appareil.  Une création d’emplois pour le prochain trois mois, probablement modeste par rapport aux dizaines de milliers de postes détruits au cours des derniers mois, est envisageable. C’est donc à suivre. Seule ombre au tableau : le début d’hiver record en terme de chaleur et de manque de neige (sauf au Lac-Saint-Jean, où la manne blanche est abondante cette saison) pourrait affecter l’emploi touristique, en particulier en Estrie où décembre a plus ressembler à octobre.
Pendant ce temps chez nos voisins ontariens, même s’ils profitent d’une belle création d’emplois depuis quelques temps, le marché de l’emploi ne prend pas encore suffisamment de tonus pour recouvrer la santé affichée avant la récession, et soutenir l’augmentation de la population active. Mais au moins, la bonne direction est là .
L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années. Plus l’Indice est fort, c’est-à -dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».
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