Malgré l’ajout de 23 000 emplois, stabilité pour l’Indice Jobboom

- 16 mai 2012

Croissance nulle pour l’Indice Jobboom en mai, alors que l’emploi progresse pourtant au Québec. Le hic, c’est que cette croissance, aussi intéressante a-t-elle été en avril dernier – le Québec compte pour 40% des emplois ajoutés au Canada durant ce mois – n’en demeure pas moins minée par un tas de contradictions et de paradoxes.

indice mai

D’abord, le taux de chômage était en hausse (à 8%, contre 7,9%, le mois précédent), malgré que les 23 000 emplois de plus qu’il y avait dans la province s’ajoutaient aux 36 000 de plus qu’il y a eu mars. Visiblement, mars a donné confiance aux Québécois puisqu’un bon nombre ont joint les rangs des travailleurs et des chercheurs d’emplois, avec une population active qui a crû de près de 30 000 personnes. En deux mois, la population active du Québec a augmenté de façon spectaculaire avec 46 000 personnes de plus.

Par contre, le rythme de croissance de l’emploi n’arrive pas à suivre la tendance, et tous les nouveaux membres de la population active n’arrivent pas à se trouver du boulot. C’est la même chose en Ontario où la création d’emplois n’est pas mauvaise, il se créé juste la moitié de ce qu’il faudrait d’emplois pour accueillir tous les nouveaux travailleurs.
Nous disions donc que le Québec a créé 40% des nouveaux emplois au Canada le mois dernier. Sauf qu’il est possible de dire dans la même phrase que le marché du travail québécois a moins bien fait que ceux des autres provinces.

Car au Québec, il n’y a eu que les emplois à temps partiel qui ont augmenté, de 32 000, tandis que le nombre d’emplois à temps plein a diminué de 9000. C’est un contraste avec le mois précédent alors que le nombre d’emplois à temps plein augmentait de 24 000.
En Ontario, en avril, il s’est créé 23 000 emplois à temps plein, tandis que 30 000 à temps partiel disparaissaient.

Au cours des 12 derniers mois, l’emploi à temps plein a crû de 4% en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, de 1% en Ontario, de 1,2% au Nouveau-Brunswick et de 3,2% en Nouvelle-Écosse. De toutes les provinces, il n’y a qu’au Québec où l’emploi à temps plein stagne depuis un an, avec 3000 au total en moins sur 12 mois. Ce qui fait que maintenant, près d’un emploi sur 5 au Québec est à temps partiel. Il n’y a qu’en Colombie-Britannique que le taux est plus élevé, à 22%. Pourtant, en un an, le secteur du commerce où se concentrent traditionnellement les emplois à temps partiel, a vu diminuer son nombre de salariés de plus de 3%.

C’est inquiétant et traduit une méfiance des employeurs québécois à l’égard des perspectives économiques, contrairement aux travailleurs Québécois, qui eux, gagnent en confiance et réintègrent ou intègrent massivement le marché de l’emploi.

Seul élément réconfortant : l’emploi manufacturier a ajouté 13 000 emplois en avril. En un an, l’emploi a peu bougé dans ce secteur. La grande saignée est-elle terminée?

L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent»

Catégories: Indice Jobboom

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