Varia du vendredi

- 15 juin 2012

C’est vendredi, alors on s’égare dans ce billet varia.

- Il y a eu dans les médias traditionnels et sociaux cette semaine cette bizarre de réflexion à propos du faible taux de participation lors des deux élections complémentaires de lundi. «Où étaient les étudiants et les casseroleux», dénonçait-on.

D’abord, fallait-il encore savoir si en effet les étudiants et les casseroleux se sont abstenus. Ce que plusieurs commentateurs juraient en être convaincus. À moins d’avoir les facultés de Jean Chrétien et être capable de déterminer si Stéphan Bureau a voté Oui ou Non au référendum de 1995, je ne vois pas comment on peut déterminer que les manifestants du Printemps Érable et leurs sympathisants n’aient pas daigné se déplacer à l’urne.

De toute façon, en analysant les portraits sociodémographiques des deux circonscriptions, il faut bien se rendre à l’évidence : il ne s’agit pas de terreaux fertiles aux érables contestataires. De plus, celle de LaFontaine, où comme le veut l’adage, un cochon peint en rouge s’y ferait élire – d’ailleurs, on y a voté pour une pancetta bien grasse à trois reprises depuis 2003 – s’adonne être celle où le taux de participation a été le plus bas. Donc, l’hypothèse la plus plausible, c’est que les électeurs libéraux les plus hard core, ceux incapables de voter pour autre chose qu’un rouge libéral, entre deux maux, ont choisi le moindre: rester à la maison plutôt que d’appuyer ce parti. Ce qui nous permet de conclure qu’entre 86 et 87 % des électeurs inscrits ont refusé de reconduire un élu libéral. Ça s’approche du score électoral de Québec Solidarnosc… pardon, Solidaire.

- Par ailleurs, il n’était nullement dans l’intérêt des étudiants et autres casseroles du même sirop d’aller voter. En fait, moins les anti-Charest votaient en complémentaire, plus les chances qu’ils puissent s’en débarrasser lors d’une générale dans les prochains mois augmentaient. Imaginez si, en plus d’Argenteuil, les libéraux avaient perdu LaFontaine, il est certain que toute possibilité d’élections générales en 2012 aurait été écartée. Ça nous menait tout juste avant la fin légale du mandat du gouvernement Charest, en décembre 2013. Est-ce cela qu’auraient voulu les étudiants? La meilleure manière de s’assurer de chasser du pouvoir le plus tôt le gouvernement Charest, ça aurait été de lui tendre un piège, de le laisser emporter facilement les deux élections complémentaires. Empreint d’une gigantesque fausse confiance, il serait peut-être déjà en campagne en ce moment.

- Avec le résultat mitigé de lundi dernier, on se retrouve aujourd’hui avec des possibilités d’élections dès cette année également mitigées. Avec pour résultat, qu’on risque d’avoir à se taper la binette de Sam Hamad pour un bon de temps encore. C’est ça que vous voulez, du Sam Hamad? En v’là!

- La Jeanne d’Arc de Libârté Québec (on est dans les comparaisons boiteuses ces temps-ci), Joanne Marcotte, demandait cette semaine sur son fil Twitter si les médias se sentaient responsables de la montée de l’anarchie au Québec.

La montée de l’anarchie? Vraiment? Et les sauterelles? Les fleuves de sang? La pluie de grenouilles? Les ténèbres? L’Exode, Mam Marcotte, ça vous tente pas? Remarquez que les anars’ (je ne compte pas les anarchistes de salon, à la fois pas mal plus nombreux, et nettement moins menaçants) étaient au compte de zéro avant les grèves étudiantes. Ils sont maintenant 200. Donc il y en a 200 fois plus (même si mathématiquement, ça aucun sens ce que viens de dire, le résultat de 0 x 200 donnant toujours zéro, ce qui traduit assez bien l’influence de ce groupe).

Cela dit, la multiplication par 200 des anarchistes, ne vient, en fait, que rééquilibrer les forces en présence, les néo-chemises brunes étant présentes dans le paysage depuis beaucoup plus longtemps. Alors que je cherche toujours à dénicher le journal des anarchistes, qui circule sous le manteau, les néo-chemises brunes ont leur média déjà facilement accessible, une certaine station de radio de Québec qui, bientôt, aura antenne aussi à Montréal. Y va en manger toute une, le p’tit Dubois.

- Bon, le critique musical Jean Charest dénonce la musique intimidante des Mise en demeure*. Tant qu’à faire, il pourrait aussi dénoncer Screamin’ Jay Hawkins auteur complètement ivre de I put a spell on you (je t’ai jeté un mauvais sort), chanson d’intimidation (le jet du mauvais sort étant une forme particulièrement sournoise d’intimidation) écrite en 1956 , et reprise notamment par les anarchistes en montée comme Nina Simone, Jeff Beck, Joe Cocker, Eric Clapton et peut-être même Johnny Cash.

Y’a une tête de mort au bout de sa canne!!!

Aussi, il aurait pu en profiter mettre à l’index Mononc’ Serge et sa toune Môman Dion!, où les patates en prennent pour leur rhume. En fait, je me rends compte en la réécoutant, il s’agit là plutôt d’un contre-exemple, Mononc’ Serge y dénonce plutôt la violence de Maman Dion à l’égard des patates.

Sur ce, bon week-end. Profitez-en pour faire une petite saucette dans un lac près de chez vous. L’eau est à 15 degrés, ça devrait nous refroidir les ardeurs.

* Dans le conflit opposant Mise en demeure et Richard Martineau, j’appuie sans réserve mon distingué collègue, et néanmoins ami. Y’a toujours ben un boutte au bout de la m…. Et j’invite mon autre collègue journaliste du Devoir et aussi néanmoins ami, Brian Myles, président de la Fédération des journalistes du Québec, à faire amende honorable sur celle-là. Il l’a échappée.

Catégories: La vie est un cartoon

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3 commentaires

  1. sorcier dit :

    ”I put a spell on you”….Vous averz oublié l’interprétation divine de John Fogerty

  2. eric.grenier dit :

    @sorcier
    CCR?

  3. Mario Goyette dit :

    L’an passé
    Avec son power trip, Régis a non seulement tué la St-Jean, il a aussi tué l’âme de la nation. Encore vers 22h30, on avait la curieuse impression que le nombre total combiné de policiers, d’artistes, d’organisateurs et de toilettes chimiques dépassait le nombre total de fêtards dans le Vieux-Québec.

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