Budget Marceau: pourquoi c’est difficile

- 21 novembre 2012

Qu’il soit domicilié à Ottawa, à Québec, à Toronto, à Victoria ou même à Edmonton, le ministre des Finances moyen au Canada peine à joindre les deux bouts. Nouvelle démonstration hier à l’Assemblée nationale, où le ministre Nicolas Marceau a prouvé sa capacité phénoménale à monter à genoux les marches de l’Oratoire Saint-Joseph, dans l’espoir d’obtenir une faveur de budget équilibré. À Queen’s Park, le parlement provincial ontarien, ils n’ont même plus la foi tant il leur apparaît impossible de juguler le déficit (d’une hauteur de 13 milliards $ cette année) à moyen terme. Même au pays des sables bitumineux, où le taux de chômage est une fraction de celui qu’éprouve le reste du pays, où la population est jeune et les redevances pétrolières considérables, on n’est même pas capable de se priver de la carte de crédit (déficit de 3 milliards $ cette année, contre 1,3 milliard au Québec).

Alors, ça craque de partout.

Pourtant, on clame à gauche comme à droite que le Canada, et la plupart des provinces, incluant le Québec, se tirent admirablement bien de la crise économique globale par rapport au reste du monde occidental. Ce qui est vrai. Il y avait en octobre dernier 350 000 emplois de plus au Canada qu’au début de la crise en 2008, dont 106 000 au Québec, 97 000 en Alberta, 82 000 en Colombie-Britannique et 28 000 en Ontario.

Mais comme le diable se terre dans les détails, il faut aller voir en dessous, comme je le faisais tout petit avec les cailloux du lit de la rivière pour y dénicher les écrevisses. Et que retrouve-t-on sous les roches des stats de l’emploi? De bien grosses anguilles.

Certes, l’emploi a progressé. Mais les nouveaux emplois ont tendance à payer bien moins. Selon deux petites recherches du Progressive Economics Forum, près d’un nouvel emploi sur deux créé au pays depuis 2008 est temporaire. Au Québec, c’est trois sur quatre, et en Ontario, quatre sur cinq. Or, en moyenne, les emplois temporaires offrent à peine 65% du salaire moyen d’un emploi permanent. De plus, pendant la même période, les nouveaux travailleurs reçoivent un salaire moyen inférieur de 40% à celui offert aux autres travailleurs. Traditionnellement, ça tourne plus autour de 30%.

Bref, en tenant compte de l’inflation, le salaire horaire réel des Canadiens a diminué de 0,6% depuis 2009. Tandis que les dépenses gouvernementales – comme celles des particuliers – ont continué de grimper.

Et puisque 80% des revenus des gouvernements au Canada proviennent désormais de la poche des travailleurs (contre 50% dans les années 60), il ne faut pas chercher de midi à 14h pour expliquer les grandes difficultés des argentiers provinciaux et celui du fédéral à boucler leurs budgets.

Catégories: Nouvelles, Point de vue

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3 commentaires

  1. pierre sagala dit :

    sa se peut pas il sont toutes pareil il nous vole mais on peut pas rien faire si il manque de largent qui la prenne au ancien gouvernement qui la voler pas au peuple car c est comme si il approuve se que l ancien gorvernement a fait en volant tous les pauvres c est du pareil au meme

  2. Jacques Brault dit :

    Plus on demande des services et plus la gestion des projets est tout croche , plus il faut payer, cessons de penser à l’état providence.

    Il faut définir des priorités sur le rôle de l’état dans la vie des individus.

  3. pierrebertrand dit :

    Le probléme majeur sera bientot la dette, car une augmentation de 1% d’intéret sur la dette total qui est de 260 milliards$ = 2,6 milliards$ par année de plus en intéret.
    Dans moins de 5 ans, les intéret de la dette seront supérieur au buget de l’éducation, a cause de nos minables politiciens passés et présent ( principalement Charest du parti libéral, celui qui recevait $75,000.00 par année en cachette, voir la commission Charbonneau).

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