Il n’y a pas que les impôts dans la vie

- 7 février 2013

Je vais me montrer vieux aujourd’hui en me rappelant de vieilles affaires. Et étendre en confiture toute ma culture sportive, en citant ce principe ancien établi par le philosophe de la rondelle de l’Antiquité céhachienne, Stéphane Richer: «Il n’y a pas que le hockey dans la vie», avait-il édicté de l’autel du Forum, entre deux mauvaises performances, à une époque où compter juste 50 buts, était une mauvaise performance.

Il en est de même pour les fiscalistes, pour qui «il n’y a pas que les impôts dans la vie». Cette sagesse est utile depuis que Statistique Canada a réveillé les démons de la lutte des classes la semaine dernière, en publiant une étude sur les revenus des 1% des plus riches d’entre nous, face aux 99% des plus pauvres d’entre nous.

En gros, ce que ça disait tout simplement, c’est que les revenus des contribuables les plus fortunés en 2010 (le 1%) avaient augmenté de 48% (en tenant compte de l’inflation, bref comme si le coût de la vie avait été le même entre ces deux années) depuis 1982. Pour le reste, les 99%, l’augmentation n’avait été que de 1,4%.

Holà! S’est exclamé la partie de droite du commentariat. C’est quoi ces manières? On ne stigmatise pas les handicapés? Pourquoi le ferait-on avec les riches? Ils ont vu des états d’âme là où il n’y a que des nombres froids et distants. Just fucking cold facts.

Ils ont quand même tenu à démontrer toute la mauvaise foi des auteurs de cette étude en prenant à témoin… la même étude, là où elle démontrait que le 1% payait toujours plus d’impôts. En 1982, leur générosité représentait 13% de l’impôt payé aux gouvernements provinciaux et fédéral. En 2010, c’était 21%. Bref, ils représentent 1% de la population, mais se voient refiler 21% de la facture.

C’est trop z’inzuste, dirait Caliméro.

Or, comme le titre de ce billet le présuppose, il n’y a pas que l’impôt dans la vie. Il y a aussi les taxes de vente, les impôts fonciers, les taxes scolaires, les taxes spéciales (comme celles pour le financement des réseaux de la santé, en vigueur notamment au Québec et en Ontario), les taxes sur certains produits (essence, alcool, tabac), et les cotisations de toute sorte (assurance-emploi, régime de congés parentaux, Régie des rentes, etc).

La plupart de ces ponctions sur notre chèque de paie ont la mauvaise habitude d’être moins progressives, c’est-à-dire qu’elles tiennent moins compte de la capacité de payer des payeurs. Par exemple, les taxes municipales: votre maison, en matériaux et en temps de construction n’a beau valoir que 125 000$, soit le montant que vous êtes en mesure de décaisser pour vous la payer, votre ville vous la taxe pourtant sur une valeur de 300 000$. Soit 5 fois votre revenu.

Ce qui fait en sorte que le 1% des plus riches de notre monde paye moins de 2% de son revenu en moyenne en taxes municipales. Le contribuable de la classe moyenne? Lui doit réserver près de 5% de son revenu aux impôts fonciers.

Les cotisations à l’assurance-emploi? Elles représentent 0,2% des revenus des plus riches, soit 3 fois moins que ceux des travailleurs faisant partie des 10% les plus pauvres. Ceux sur qui la note est encore la plus salée? La classe moyenne! Ces retenues représentent jusqu’à 2% (moins des poussières) de leurs revenus.

Ces chiffres viennent de cette trouvaille, dénichée sur le site du Centre canadien de politiques alternatives. Certes, ils datent de 2005, mais la situation n’a pas suffisamment évoluée pour que toute la dynamique en soit changée. Les cotisations au Régime de pension du Canada (ou à la Régie des rentes au Québec)? Elles ne grugeaient que 0,2% du portefeuille du 1%, contre plus de 4% pour la classe moyenne et 1,2% des plus pauvres.

Bref, une fois tout, tout, et tout bien compté(s), les 10% les plus pauvres versaient à l’État 30,7% de leurs revenus, la classe moyenne autour de 36% et le 1% le plus riche? 30,5%.

C’est cela: le 1% le plus riche paie moins d’impôts et taxes que le 10% le plus pauvre. Et n’oubliez pas cet autre vieux principe (un vrai de vieux, il date du 19ième siècle): un dollar de moins dans la poche de l’ultrariche est passablement moins douloureux que le dollar de moins dans la poche du pauvre. Pour le premier, il ne s’en rend même pas compte, et le second, lui, il se rend compte que ce dollar de moins l’empêche de manger à sa faim.

Alors, à ceux qui ont prêté à Statistique Canada l’intention de déclarer une nouvelle guerre des classes, auraient intérêt à se souvenir ce que disait Warren Buffet: «There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.»

Catégories: Nouvelles, Point de vue

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8 commentaires

  1. Boris_Slavosk dit :

    J’aurais aimé voir ce billet il y a quelques semaines lorsque je faisais une dissertation sur ”Est-il juste d’augmenter les impôts des riches”. :)

  2. Real dit :

    Vous pouvez faire dire ce que vous voulez aux chiffres. Vous êtes sans doutes peu prospère dans la vie.

    Laissez moi vous parler des la classe moyenne qui gagne 100-130k p/an. Ils paient 50k aux gouvernements pour obtenir quoi en retour. Pensez vous vraiment qu’ils en ont pour leur argent? Ils se font voler davantage parce qu’ils en gagne un peu plus. Croyez vous un instant qu’eux ils peuvent etre fier de s’en faire voler autant pour presque rien en retour, meme plus possible d’esperer de prendre la retraite a 65ans alors quils ont cotiser aux max toute leur vie pendant que leur argent permet aux fonctionnaires la prendont a 50, 55 60 ans. Pourquoi? Parce que le gouvernement a tous les paliers leur a voler leur richesse. A cote en ontario, pour beaucoup moins d’impot ils ont les meme services. Alors j’attend le jour ou les quebecois vont s’ouvrir les yeux et cesser de se faire enguirlander par des slogans gauchiste profiteurs des autres.

  3. Jacob dit :

    J’aimerais ajouter que “les riches” n’est pas un groupe statique et que ceux qui en font partie à un moment donné ou à un autre de leur vie, beacoup ont déjà fait partie des plus pauvres à un moment donné. On accorde peu d’attention à ce fait… on peut faire très populiste de parler des riches en voulant faire payer d’autres pour nos dépenses.

  4. Jean-Mich dit :

    Au Québec, quand on considère les crédits d’impôts et programmes sociaux de toutes sortes pour les moins nantis, un contribuable gagnant en bas de 35-40 000$ ne paie pratiquement pas d’impôt. En revanche, le 0.5% des plus riches contribuables paient 15% de tous les impôts… À en écouter certains, il faudrait les imposer à 60%. Ce serait une erreur: il ne faut pas oublier que ces gens sont parmi les plus mobiles au canada et sont des acteurs économiques importants. Nous avons, au canada et surtout au Québec une aversion de la richesse qui nous nuit. Au lieu de toujours regarder les poches des riches, nous devrions commencer par se demander pourquoi la classe moyenne, elle, s’appauvrit.

  5. Jean-Guy dit :

    @Real,

    C’est tellement facile de frapper sur les fonctionaires et les professionnels du gouvernement. Savez-vous comment je paye pour mon régime de retraite REGOP à tous les 2 semaines : 250 $ (la je parle même des augmentation que j’aurais d’içi 10 ans), le gouvernement n’y mets pas un rond mais oui garanti la stabilité de la rente, votre employeur j’imagine mets la moitié lui.
    Mettez ça dans en REER, pis regarder le montant que vous aurez après 35 ans (car c’est seulement après 35 ans que les chanceux gras dur vont pouvoir avoir leur 70 % de prime (pour ça il faut que tu est commencer à travaille à 20 ans dans la fonction publique (pas malheureusement à 35 ans comme moi)
    J’ai même fait le calcule pour vous : 227 000 $. Pensez-vous que je la paye ma retraite gras dur, oui je la paye.
    Si je suis chanceux, je vais faire 25 ans dans la fonction publique et ne vais récolter que 50 % (2 % de réduction par année en bas de 35 ans). Il faut que je prenne des REER (un 50 $/paye) en plus de mes REEGOP si je veux prendre ma retraite avant 65 ans (ça c’est si on va nous le permettre dans 15 ans).
    Avant de descendre le monde qui travaille au gouvernement, regarder comment ils sont traités avant de faire des généralisations.

  6. maxg dit :

    @jean-guy

    “le gouvernement n’y mets pas un rond mais oui garanti la stabilité de la rente, votre employeur j’imagine mets la moitié lui.”

    héhéh sacré fonctionnaire… remplacez le mot “gouvernement” par “contribuables” svp

    car ce sont eux et leurs employeurs qui paient votre salaire… et ca vous offusque qu’on ne paie pas votre pension en plus

  7. Michel dit :

    Le problème c’est que tout le monde est mélangé! Les tables d’imposition indique que les plus riches payent 50% d’impôt mais il s’agit du taux marginal d’imposition avant déductions. Les seuls qui connaissent le pourcentage d’impôt que payent les riches c’est leurs fiscalistes et leurs amis du fisc et ne comptez pas trop sur eux pour vous dévoilez leurs secrets.

  8. Mario S dit :

    Il serait souhaitable que l’impôt simplifié à sa plus simple expression, au taux égal pour tous. Même au même taux d’imposition, les plus riche donneront aux gouvernements le plus d’argent que la totalité des classes moins fortunées.

    Pour aider les gens à s’enrichir, il serait important de voir et d,étudier comment les gens riches font.

    La grande majorité des riches ont commencé avec rien en poche. Ils ont fait des choses que les autres n’ont pas fait. Ils ont sorti de leur zone de confort. Ils ont créé, ils ont épargné, investi et risqué le plus petit montant d’argent qu’il avait. Plusieurs d’entre eux ont fait faillite une ou ou plus avant de comprendre et y arriver.

    Et bien sûr, les riches savent comment sauver de l’impôt et malgré tout ce sont eux qui en paie le plus (en termes d’argent).

    Oui, la formation financière doit être donné au secondaire. pas seulement la gestion des cartes de crédit et d’un budget, mais l’importance de l’épargne, l’investissement dans les fonds mutuels, les actions, les obligations, leur apprendre les analyses fondamentales et techniques, les options, l’investissement immobilier, les assurances, la fiscalité et ses détours, le démarrage d’une entreprise à temps partiel et ses bénéfices et bien plus. Comment faire de l’argent avec de l,argent avec aussi peu que démarrer avec 100$. Et pour en arriver,c’est de leur enseigner la psychologie des riches, l’établissement d’objectif, dresser un ou des plans et l’effort et le temps requis et exigé pour y arriver.

    Et aussi porter l’importance sur la lecture sur les gens riches (biographies et leur enseignement).

    Tout comme au secondaire et même à partir du primaire, on devrait enseigner la bonne cuisine pas cher (pour la préparation à la vie au cegep et universités), la sexualité,la bienséance et politesse (les bonnes manières),

    Pour l’enseignement de ces matières, il faut les meilleurs. Des personnes riches pour les finances, des chefs cuisiniers pour les cours de cuisine, etc. On est très loin de cela. La plupart des enseignants dans ces domaines de sont pas riches, ne sont pas chefs cuisiners…les résultats des nuls en finance, des malbouffés, des impolis, etc…

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