Indice Jobboom: rien ne va plus au Québec

- 5 décembre 2011

Quelle belle façon de souligner le 1000e billet de l’histoire de ce blogue: l’Indice Jobboom de décembre 2012 bat des records. De médiocrité.

Les savantes analyses mathématiques qui permettent d’établir l’état de santé du marché de l’emploi au Québec et en Ontario en sont rarement venues à des constats aussi accablants. L’Indice Jobboom pour le Québec a sombré à la cote de 38,5, du jamais vu depuis la création de notre outil de mesure en 2006. Cela signifie que les perspectives d’amélioration du marché du travail québécois sont particulièrement sombres, et que les difficultés des chercheurs d’emploi dans leur quête de boulot sont élevées.

Les signes de mentent pas: en novembre dernier seulement, le Québec a perdu 30 000 emplois, dont plus de 15 000 à temps plein. Fort heureusement (c’est de l’ironie), 17 000 Québécois se sont retirés de la vie active durant ce mois. Ce qui permet de limiter le nombre de nouveaux chômeurs dans la province à 13 000. Depuis le début de l’année, 21 000 travailleurs de plus sont au chômage. S’il n’y avait pas aujourd’hui 4000 Québécois de moins dans la population active, ils seraient 25 000 de plus à se morfondre. Et personne, à Québec, pourtant, ne parle de récession. Ce sera quoi quand il en sera question?

COMBO_DEC2011

Si l’Indice Jobboom pour le Québec se retrouve si bas, c’est notamment dû au secteur manufacturier, qui a retrouvé, ces derniers mois, ses bonnes vielles habitudes de licencier plutôt que d’embaucher. Après une légère embellie l’an dernier, l’année 2011 est marquée par une perte de 21 000 emplois dans ce secteur névralgique pour l’économie. Il y avait aussi 14 000 emplois de moins dans le secteur de l’information, de la culture et des loisirs, en novembre qu’en janvier dernier. Il y en avait aussi 10 000 de moins dans l’industrie financière, 4000 dans la construction, et oh! Surprise, 14 000 de moins dans les administrations publiques (gouvernements fédéral, provincial et municipalités).

En Ontario, l’Indice Jobboom n’arrive tout simplement pas à décoller depuis la crise de 2007. Pour celui de décembre 2011, sa cote de 14,2 représente une sorte de continuité dans le désespérant. Pourtant, contrairement au Québec, l’économie de cette province crée des emplois à la tonne: 75 000 depuis le début de l’année. Le problème, c’est que la population active, aussi contrairement au Québec, continue de croître presque au même rythme que celui des emplois. De sorte que, malgré une économie en apparence effervescente, les chercheurs d’emplois n’éprouvent pas moins de difficultés à se trouver du boulot. Notamment, les emplois créés ces temps-ci en Ontario se concentrent dans les services, et n’atteignent que les jeunes de 15 à 24 ans. Pour les Ontariens de plus de 25 ans, il ne se crée que très peu de jobs. En fait, depuis le début de 2011, quelque 25 000 Ontariens de 25 ans et plus ont rejoint les rangs des chômeurs. Bref, tout le contraire d’un marché de l’emploi sain. D’où ce score de 14,2 à l’Indice Jobboom.

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9 commentaires

  1. gilpellet dit :

    Toutes les personnes qui font une certaine analyse de l’actualité, sont capables de faire certains pronostics négatifs en regard de notre économie et de notre marché de l’emploi.

    L’Ontario est une province qui déteint toujours sur le Québec. Quand son économie ronronne, le Québec profite toujours des miettes qui tombent de sa grande table. Jusqu’à maintenant, l’Ontario ne laisse pas échapper de ses miettes et elle doit très certainement les garder pour elle.

    Quand j’entends des annonces du plan NORD, j’ai toujours l’impression que c’est une annonce de soupe qui passe, mais quand je regarde l’écran, comme il n’y a pas de K, alors c’est pas la soupe, mais une espèce de bouillabaisse minière qui tente de nous faire croire à un Klondike pour les travailleurs et travailleuses. Quand on gratte, on se demande pour qui sera ce Klondike et allons-nous devoir y contribuer de force?

    Jean Charest est l’homme le mieux placé au Québec pour savoir si l’économie de sa province est encore vivante ou si elle n’est pas rendue grabataire et rendue dans le palliatif. Le fait de connaître la réponse, il provoque des évènements de diversion en nous proposant un plan, qu’il appelle NORD et qui devrait étouffer la grogne qui s’en vient d’ici la fin du printemps.

    D’ici la fin du printemps, Jobboom aura eu raison de tous ses pronostics et prévisions économiques, financières et d’emploi. On ne parle pas beaucoup des pertes d’emploi, silence, motus et bouches cousues. Quand on se promène dans les Centres Commerciaux, on constate que des boutiques ne peuvent plus vivre sur leur marge de crédit et elles ferment discrètement. D’autres changent de nom et dans un cas, une employée m’a dit que sa boutique serait opérée par une entreprise de Toronto et que ses patrons ne parlent pas français. Ce n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd . . .

    Le chloroforme agit bien au Québec, dans tous les domaines, et quand des milliers de gens passent leur temps à regarder leur cellulaire pour voir s’ils ont reçu des messages ou des textos, alors on peut prédire à l’avance que l’humanité est certainement souffrante. Tout ce monde accrocs de leurs cellulaire ne sont certainement pas intégrés dans un processus de production, bien qu’ils ont l’air tellement importants et si tant occupés.

    Bon, je ne veux pas me montrer vieux jeu, tout de même, quand une société s’éloigne du gros bon sens, je ne vois pas pourquoi je ne mettrais pas mon grain de sel. Oui le chômage guette le Québec et faudrait pas attendre l’été prochain pour faire quelque chose.
    Gilles Pelletier, Québec

  2. alain887 dit :

    Le plan nord,quelle farce!! J’aurai le temps de mourir avant de voir les retombées de tout celà??Le chômage a toujours existé chez les pauvres et non chez les riches!!Les belles études sont en fait inutiles.Appauvrir le quebec par des fermetures de toute sorte,quelle belle recette??Réinvestire cette main d’oeuvre fraîche et pour la pluspart non instruite après trente ou quarante ans de labeur,quelle farce du gouvernement,les dirigeant vers des (jobs) inaxcessibles??? A quand de vrais administrateurs et non des ronds de cuir??????

  3. P Bedoin dit :

    Les perspectives d’emplois sont excellentes dans plusieurs domaines. J’ai plutôt l’impression que la raison pourquoi votre indice n’a jamais été aussi bas est qu’il ne tient pas compte des nouveaux outils qui permettent aux compagnies de recruter – par exemple Linkedin – et qui font en sorte qu’il y a moins d’annoce sur Jobboom!

  4. quebekarim dit :

    le plan nord est la meilleur solution pour le Québec malgré les prévision des pronostics négatifs! le Québec peu devenir la province la plus riche après l’Alberta

    il ne faut pas croire beaucoup a la politique des PQistes.

  5. laurent 74 dit :

    eh bien…. ces mois passés j envisageais de partir m installer a quebec pour exercer mon noble métier de cuisinier , je dois avouer avoir des doutes oui ou non ? telle est la question!!!!

  6. eric.grenier dit :

    @P Bedoin:
    L’Indice Jobboom est construit uniquement à partir des données de l’emploi de Statistique Canada, et leurs tendances historiques. Les offres d’emplois dans Jobboom n’y sont pour absolument rien. Désolé de démonter votre argumentaire ce matin…
    Éric Grenier

  7. Jacques Baril dit :

    Par définition même, il est impossible de battre des records de »médiocrité », puisque la médiocrité, d’un point de vue éthymologique, se rapporte à ce qui est moyen et non à une extrême. Comme dans médiation, médiane, etc. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau).

  8. georges dit :

    Ce qui est intéressant dans cet indice,c’est quil n’y a aucune référence sur les nouveaux arrivants, pour qui le travail n’est pas promis mais à qui on laisse percevoir de belles perspectives.

  9. georges dit :

    Ce qui est intéressant dans l’indice, c’est l’absence de références concernant les nouveaux arrivants, a qui le travail n’est pas promis mais pour lesquels il y aurait de belles perspectives d’emplois.
    C’est quoi le deal ???

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