Pénurie de travailleurs pour le… vêtement!

- 31 mars 2011

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C’est aujourd’hui quelque peu plus moderne dans les «shops» de vêtement du Québec… (source: Musée McCord)

Dites «textile» et les premières choses qui nous viennent en tête, ce sont les fermetures, la délocalisation des emplois au Bangladesh, voire la disparition pure et simple de ce segment de l’industrie manufacturière du pays.

Or, il s’agit d’une image déformée par les quelques grosses mauvaises nouvelles qui nous viennent de ce secteur. Certes, on ferme des usines, celles qui assemblent les vêtements les plus bas de gamme. Par contre, l’industrie du vêtement au Canada, comme au Québec, se niche aisément dans le haut de gamme, avec un certain succès. Pensez Canada Gosse, Louis Garneau, notamment.

Le problème, pour les entreprises qui réussissent, c’est qu’il n’y a personne pour y travailler! Non seulement les employeurs ne réussissent pas à trouver preneur pour les nouveaux postes créés, ils n’arrivent même pas à remplacer les départs. D’ici 2 ans, l’industrie canadienne du vêtement devra combler 13 000 postes, soit 11 fois le nombre d’emplois perdus par la fermeture d’Electrolux à L’Assomption.

Où l’industrie trouvera-t-elle toutes ces mains agiles? Premier obstacle: plus personne ne sait coudre! Il y a plus de 30 ans, une majorité de femmes, et bien des hommes, connaissaient les rudiments de base de la couture. Aujourd’hui, à peu près plus personne. Même chez les immigrantes, terreau fertile traditionnel de recrutement pour l’industrie, on ne sait plus coudre: on évalue qu’à peine 2 immigrantes sur 10 savent coudre, contre 8 sur 10 dans les années 70. Plus une fille ne conçoit quoi que ce soit, plus une mère ne répare quoi que ce soit. Et ce ne sont pas les pères qui ont pris la relève. On achète, et on jette, puis on rachète.

Deuxième obstacle, plus personne ne s’inscrit dans les programmes de formation professionnelle reliés au domaine. La réputation d’industrie mourante du vêtement, et l’absence de toute initiation à la couture à la maison empêchent bien des vocations de s’éveiller.

Troisième obstacle: les emplois d’aujourd’hui requièrent des qualifications nettement plus élevées qu’autrefois. De sorte que même les anciens employés des usines fermées ne peuvent immédiatement prendre poste sans une formation d’appoint importante. Des manufacturiers, comme Louis Garneau, offrent déjà ce genre de formation en entreprise. Un exemple à suivre.

Et puis, un quatrième obstacle: les salaires. Selon Statistique Canada, le salaire annuel moyen dans l’industrie du vêtement au Canada pour les employés de la production dépassait à peine les 24 000 $ en 2008. Dans certains sous-secteurs, comme celui de la lingerie, ça ne dépassait pas 18 000$. Dans ce dernier cas, il y avait même une diminution de plus de 9% des salaires par rapport à l’année précédente. Or, les qualifications, ça se paye.

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Catégories: Nouvelles

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4 commentaires

  1. beatle_2 dit :

    Ils ne cherchent pas des travailleurs,ils cherchent des esclaves,le cheap labor est de plus en plus rare…

  2. gilpellet dit :

    Qui donc va être assez fou pour aller travailler dans ces usines où le travail est pénible, exigeant, mal payé, en plus d’offrir généralement une ambiance de travail insupportable? N’allons pas chercher des Québécois de vieilles souches, nous n’en trouverons pas. Par contre, les nouveaux arrivants vont se présenter en grand nombre et sans doute, pour eux, ils en viendront à considérer que leur sort est meilleur en venant ici que s’ils étaient demeurés dans leur pays.

    Ces nouveaux arrivants vont travailler de longues heures par semaine pour se gagner une paye et il est à peu près certains qu’ils n’auront plus l’énergie pour suivre des cours de francisation qui les aideraient à mieux s’intégrer à la société qui les accueille.

    Alors ce cher milieu du vêtement, ne pourrait-il pas innover en offrant des facilités à des immigrés d’apprendre la langue dans leur milieu de travail ce qui à la longue pourrait être à la fois productif de tous les côtés?

    J’espère que l’on va être proactif et que l’on va préparer les rails pour que le train arrive en gare.

    Gilles Pelletier, Québec

  3. romanichel3 dit :

    Même moi qui est sans emploi depuis un an je n’accepterais pas ce genre d’emploi, surtout pas pour ce genre de salaire.

  4. romanichel3 dit :

    “Plus une fille ne conçoit quoi que ce soit, plus une mère ne répare quoi que ce soit. ”

    Par contre, grâce au féminisme, elles ont appris à lessiver le compte en banque de leurs ex-maris, ex-chums.

    Plus besoin de savoir coudre en effet.

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