Les données sur le chômage des jeunes, diffusées ce matin par l’Organisation de coopération et de développement économique (l’OCDE) dans ses pays membres donnent froid dans le dos.
Dans les 34 pays les plus développés de la planète, le taux de chômage moyen des travailleurs âgés entre 15 et 24 ans (les étudiants à temps plein en sont exclus) était de 17,1%. C’est plus du double de celui de la population en général, à 8,2%. Historiquement, le chômage des jeunes a toujours été plus élevé que celui des plus âgés, mais qu’il soit multiplié par deux, on se retrouve dans une zone assez inconfortable.
Dans les pays de la zone euro qui font régulièrement la manchette pour leur risque de banqueroute, la situation de l’emploi des jeunes n’est rien de moins qu’affolante. En Grèce et en Espagne, c’est 1 jeune sur 2 qui est chômage. En Irlande, en Italie et au Portugal, c’est 1 sur 3. Le cas de l’Irlande est pathétique : il y a si peu de temps, le Tigre celtique était cité fréquemment en modèle de réussite économique, le taux de chômage de sa jeunesse figurait parmi les plus bas du monde, à 9,4% en 2007. Maintenant, il dépasse les 30%. Moyen lendemain de veille…
Le nouveau président François Hollande a tout un défi devant lui: plus d’un jeune travailleur français sur cinq est sans emploi. Appelez ça la Montagne du Hollandais… Même nos références nordiques sont mises à mal: alors qu’on ne cesse de vanter certains de ces pays comme modèles à suivre pour le Québec, les jeunes y sont frappés durement. En Suède, le taux de chômage des jeunes frise les 23%, tandis qu’en Finlande il est à 19,4%. Même le Danemark n’affiche pas sa superbe, alors que 15,1% de ses travailleurs de 15 à 24 ans sont au chômage. C’est quand même moins que notre autre grande référence économique: le taux de chômage des jeunes Américains est de 16,4%. C’est plus du double de celui de la population en général.
Tandis que chez nous, au pays du Printemps érable, même si le taux de chômage est, objectivement encore trop élevé, la situation s’avère nettement moins difficile. Avec un taux de chômage de 13,9%, tant pour les jeunes Canadiens que les jeunes Québécois, le Québec et le Canada se retrouvent ex aequo au 11e rang sur 35 (si on ajoute le Québec à la liste des 34 pays membres de l’OCDE).
Devant nous, doit-on ajouter, il y a des pays où sévit un taux de chômage moindre, mais nous devons relativiser. Certes, il y a moins de chômage chez les jeunes Mexicains et les jeunes Japonais, mais leur situation économique globale est loin d’être aussi favorable que celle qui prévaut ici.
Jeudi et vendredi, les ministres du Travail des pays du G20 se réuniront à Mexico. L’OCDE leur demande d’aborder sérieusement la question du chômage chez les jeunes.
Voici le tableau:
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Je peux comprendre la grogne des etudiants qui, somme toutes, ne sont pas plus dans la ouate que bien d’autres groupes au Quebec.
Ce qui est malheureux, ce que la hausse des frais de scolarite n’est que la pointe de l’iceberg vers lequels ils se dirigent.
Attendez qu’ils realisent que la generation precedente a ‘fait le party’ en ne leur laissant que des miettes et un ‘running bill’ qui ne cesse de croitre ! Ca va barder, et ma foi, je leur donnerai raison a ce moment !
De plus, en fermant le robinet suite aux departs, particulierement dans la fonction publique, la manne d’emploi censee s’ouvrir aux jeunes travailleurs ne sera pas au rendez-vous !
Oui mais .. ne sommes nous pas aussi,les champions du temps partiel au Québec !
@Michel: je crois qu’ils le réalisent…
@guyd: en effet, au Canada du moins. Il n’y a qu’en Colombie-Britannique où le taux de temps partiel est plus élevé qu’au Québec. Cela dit, la différence entre chacune des provinces n’est pas énorme, généralement de un à deux points de pourcentage. Au Québec, il est à 19%, 18% en Ontario et 22% en C-B.
En fait, pour parler de phénomène de société, il faudrait voir le rapport entre le taux de chômage des jeunes et celui de la population totale. Le rapport ou la différence, en fait les deux sont des indicateurs.
Si j’étais un jeune grec, je mettrais les voiles (je prendrais un train en fait) pour la suisse ou l’allemage. C’est probablement moins long d’apprendre la langue locale que de se trouver une job en grèce.
A lire certains messages, c’est à en rire du manque d’analyse qunad on avance que les générations qui précèdent ont tout rafflé la caisse. Moi, je dis non, c’est archi faux. Ce que les générations antérieures ont fait appartient à un contexte social et économique différents, et tout ces acquis furent DUREMENT gagner à la sueur du front et des sacrifices des travailleurs de ces époques. Au surplus, ce sont ces classes de travailleurs qui paient ENCORE ET ENCORE des impôts et des taxes actuellement pour «faire vivre» ± 45% d’une population inactive du Qc (économiquement, profitant grassement, parfois frauduleusement, des subventions et des prestations des 2 paliers de gouvernements). Allons, cessez ces faux semblants accusateurs. Si la jeunesse est si bien pourvue AUJOURD’HUI, gâtée/pourrie et dans la ouatte, c’est en raison du travail et des acquis des générations antérieures. Le problème c’est que la génération d’AUJOURD’HUI ne s’est jamais fait dire NON mon/ma petit (e) alors que nous étions exagérément soucieux de les choyer et d’apaiser les revendications des enfants-roi.
@elvince
J’ignore quel est le ratio idéal selon les économistes entre les taux de chômage des jeunes et celui de la population en général. Ce que je sais par contre, c’est qu’en moyenne, au cours des 30 dernières années, il y avait un multiple d’environ 1,5. Donc, par exemple, un taux de chômage de 8% pour la population en général, et 12% pour les jeunes. Dans le cas de la Grèce et consorts, c’est du multiple de 3. C’est gigantesque. En décembre dernier au Québec, c’était X2, du jamais vu depuis la récession de 1980-82. à 13,9% présentement, contre 8% pour la population en général, c’est déjà mieux.
J’en parlais justement à LCN-Argent l’autre jour: http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2012/03/emploi-chez-les-jeunes-est-crise.html#video
M.Grenier … ca m’apprendra a écouter(et lire) n’importe qui !
marctail_1:
Malheureusement pour vous contredire, mais qui s’est engraissé avec les meilleures conditions de travail de l’industrie et qui s’est voté des clauses orphelins ensuite pour les conserver et refiler la pacotille aux jeunes? Les Boomers.
Moi je n’aurai jamais les conditions de travail que mon père a eu dans sa compagnie multi-nationale pendant 35 ans. Mon poste de coordonnateur aux ressources humaines, il est à contrat et renouvellable chaque année sans avantages sociaux et sans sécurité d’emploi. Pouvez-vous dire autant de votre génération? Je ne crois pas. Surtout que si nous regardons les directeurs de grandes compagnies, beaucoup n’ont même pas fait d’étude. Ils ont fait leur secondaire 5 et ont monté dans l’entreprise. Aujourd’hui ces mêmes dirigeants demandent Baccalauréat et Maîtrise pour les mêmes postes qu’eux ont occupés grassement. Les finissants universitaire qu’ont-ils? Les emplois d’agent, de commis ou d’adjoint à 15$/h sans avantages sociaux ni protection syndicale…
Qui est dans la ouate selon vous?
Monsieur Tremblay, il ne faut pas oublier une chose, ce sont les méfaits de la mondialisation.
Aujourd’hui, quand un syndicat est trop gourmand, l’entreprise ferme et déménage simplement ses pénates ailleurs ou bien prend des sous-traitants dans d’autres pays qui exploitent des travailleurs étrangers avec des salaires de misère.
Des jobs à temp plein et des postes permanents, il y en a de moins en moins.
C’est un autre temps.
Dans le mien, il y a aussi eu des changements et des modifications de lois qui ont fait que j’ai payé des systèmes de retraite pour nos parents qui n’en avaient jamais eu, l’éducation est devenue plus accessible et le système de santé gratuit.
Ça a monté nos taxes et la colonne de déduction sur mon chèque de paie est devenue drôlement longue, comparée à celle de mon salaire net.
Je n’ai pas connu le système des garderies à $7. et plus de la moitié de ma paie allait à une dame qui gardait mes enfants, parce que je ne pouvais me payer des garderies pour mes trois enfants.
Pourtant je payais sans broncher parce qu’il fallait bien s’entraider et subventionner les programmes sociaux que l’on s’est choisi en tant que société.
Aujourd’hui je paie encore même si je ne bénéficie point de certains de ses programmes.
Je crois avoir travaillé fort comme bien du monde pour ma retraite et j’ai aussi mis de l’argent de côté pour la bonifier. La cigale et la fourmi, vous connaissez cette fable?
Diane H:
Oui je la connais cette fable mais quand la fourni a trente ans pour ramasser des provisions dans un champ alors que la cigale est sur un récif ou rien ne pousse, dificile je vous dirais…
Ca me fâche de voir que les boomers n’Avouent pas qu’ils ont profité un peu du système. Vous dites que c’était un autre temps. C’est un temps que moi je n’ai jamais connu. Je n’aurai pas de pension de l’état moi car je rembourserai ceux des Boomers toute ma vie et je devrai en prendre un à mes frais seulement. Un bungallow il y a 40 ans coutait 15 000$ les salaires étaient généralement dans les 30 000$. Aujourd’hui un bungallow c’est 230 000$ minimum et le salaire moyen d’un travailleur québécois en 2012 c’Est 42 000$… Vous voyez la différence… Moi je la vois!