Charest, les riches: nouvelles des déconnectés

- 12 janvier 2012

Des magasins ferment, des usines se vident au même rythme que le contenu des banques alimentaires, d’honnêtes travailleurs essoufflés à s’être échinés toute une vie pour accumuler un pécule, doivent maintenant y renoncer sous la menace insolente d’un grossier PDG

Et que voit Jean Charest? Tous les signaux économiques au Québec sont au vert! C’est, mot pour mot, sa s-t-u-p-é-f-i-a-n-t-e réaction, émise hier, à propos de la hausse fulgurante du chômage au Québec ces derniers mois. «Les trois derniers mois n’ont pas été bons… Mais ce n’est pas une tendance… Les autres indicateurs économiques sont relativement bons», affirment-ils, en s’appuyant sur le plus récent bulletin économique de la Banque du Canada.

Hello!!!???!!! Sortez la tête de vos rapports, M. Charest, et allez vous promener hors des aéroports et de votre bunker, grand dieu! D’abord, 3 mauvais mois, c’est quoi si ce n’est pas une tendance? Ça fait 1 an et demi que je démontre ici, chiffres à l’appui, que le marché de l’emploi au Québec est totalement enrayé. Ça stoppé net, frette, sec en juillet 2010, puis faute de pouvoir, la machine s’est mise à reculer depuis le début de 2011, avant de s’emballer à reculons.

En janvier 2012, il y a 35 000 Québécois de plus au chômage (dont un bon nombre, au moins la moitié, n’ont droit à aucune prestation de l’assurance-emploi) qu’en janvier 2010, et 50 000 de plus qu’en janvier 2011.

Mais les indicateurs des tableaux et graphiques détaillant les courbes de croissance du PIB par industrie en données désaisonnalisées en dollars constants sous le modèle des prix de base par parité, eux sont bons.

J’ai pas parlé à tous les Québécois, mais je crois deviner que, ce qu’ils veulent, c’est de la job, par un PIB croissant. Vous me direz qu’il faut un PIB croissant pour avoir de la job, vous avez parfaitement raison, mais le problème, présentement, est que, même si le PIB augmente, les Québécois ne travaillent pas plus. Ne gagnent pas plus. Et s’endettent, pour maintenir ce PIB par industrie en données désaisonnalisées en dollars constants sous le modèle des prix de base par parité, en croissance.

Je crois aussi qu’ils ne s’attendent pas que vous fassiez grand-chose pour eux, la moindre serait à tout le moins de ne pas nuire à l’économie, mais au moins, ils s’attendent à un peu plus de déférence de votre part vis-à-vis leurs problèmes et leurs inquiétudes.

Tiens, parlant de déconnectés du mon réel, la bande de multimilliardaires et leurs vassaux qui s’offrent chaque année du bon temps dans la carte poste de Davos en Suisse, ont trouvé LE grand responsable de la situation chambranlante de l’économique mondiale : VOUS!

Si, si, comme nous l’apprend le Devoir, le Rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial pointe du doigt la colère populaire comme menace à la croissance économique mondiale, en particulier celle des gens ordinaires de l’Occident. Les gens perdent leur emploi, leurs économies de toute une vie sont transférées dans les poches de spéculateurs, ils travaillent toujours plus fort quand ils ont un emploi, un effort qui crée sans cesse plus de richesse, dont ils ne profitent jamais.

(Aparté : Ce qui permet à certains vassaux, genre des économistes de l’Institut économique de Montréal, d’affirmer qu’il n’y a aucun problème à ce que les riches s’accaparent la totalité de la richesse supplémentaire, dans la mesure où personne n’y perd au change. Avec de pareilles inepties, on voit mal comment ces éconos-là réussiraient un cours de Philo 101 du cégep avec succès. Ok, on retourne en deuxième année du primaire d’abord : vous cueillez trois pommes par jour, le boss vous en laisse une, garde les deux autres pour vous. Vous augmentez votre cadence et en cueillez maintenant 5 par jour. Le boss vous en laisse une, et garde les 4 autres pour lui. Vous êtes-vous appauvri? Ben non, alors, il est où le problème? Faque, fermez-la… Fin de l’aparté)

Et là, on s’étonne de leur mauvaise humeur. Pire, on leur demande de gagner leurs chaumières et de laisser faire les grands. Ils n’ont rien appris de 2007.

Catégories: Point de vue

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5 commentaires

  1. Jean-Marie Johnston dit :

    D’abord, sachez que je suis loin d’être un fan de Charest et de ses politiques!
    Ensuite, je ne sais si M. Grenier est économiste: cependant, ses écrits laissent justement place à une interprétation positive de la situation actuelle par M. Charest.
    En effet, un citoyen ordinaire comme moi pourrait déduire des chiffres de M. Grenier que la situation s’ est améliorée en 2011 !? : s’il y avait ‘En janvier 2012, 35 000 Québécois de plus au chômage qu’en janvier 2010, et 50 000 de plus qu’en janvier 2011′, cela pourrait signifier qu’il y a 15 000 emplois de plus en janvier 2012 qu’en janvier 2010 !?
    Ce serait une très mince amélioration, j’admets, mais ne soutient pas la thèse de l’article de M. Grenier ( uniquement l’aspect de la détérioration de l’emploi: sur la répartition de la richesse créée, je suis cependant parfaitement d’accord avec la virulence de l’article !!!!!!)

  2. David dit :

    Ça donne rien de se mettre en colère.

    Garde les fruits pour toi au lieu.

    Dans ton exemple, tu as oublié d’inclure le gvt qui prend la moitié de ta pomme restante aussi.

  3. Marc dit :

    Jean-Marie Johnston dit” ……cela pourrait signifier qu’il y a 15 000 emplois de plus en janvier 2012 qu’en janvier 2010 !?” Non, ce que M, Grenier veux dire c’est qu’il y a 15 000 personnes de moins inscrites au chômage; ces gens n’ont pas trouvé d’emploi ils ne sont tout simplement plus sur l’assurance emploi, leurs prestations étant terminées.
    À force de déménager les emplois en Chine et en Inde on ne peux pas espérer que, par magie, il y aura toujours autant d’emplois en Occident.
    Je me souviendrai toute ma vie de la fin de mon emploi chez Bechtel, le géant américain de l’ingénierie. C’était en décembre 2005, on venait de terminer un gros projet d’aluminerie en Islande et on nous a tous réunis pour, d’abord nous féliciter de la façon impeccable dont nous avions amené le projet à terme, mais que malheureusement le prochain projet allait se faire dans leur succursale en Inde car là-bas les ingénieurs “coutaient” 10 000$/an. Voila, d’abord les claques de félicitation dans le dos ensuite le coup de poing en pleine face.!!!!! Je me rappelle les paroles du patron mot pour mot :” You have to realize that you’re not low cost ingineering” Voilà, c’est ça le capitalisme sauvage dans toute sa splendeur.

  4. Marie L. dit :

    C’est bien connu qu’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres. Et c’est vrai que les médias utiliseront la présence de Charest au sommet de Davos pour faire passer ceux qui doivent se serer la ceinture pour des martyres. Mais sérieusement, même si Charest se cloîtrait chez les moines, ça changerait quoi? Une intervention du gouvernemamam avec de l’argent qu’on a pas, est-ce vraiment la solution? La réalité, c’est que la crise économique mondiale finit par se faire sentir dans les républiques de bananes (ou de syrop d’érable) les plus reculées de la planète.
    Vous pouvez cruxifier les PDG autant que bon vous semble, c’est facile. Mais qu’en est-il des déconnectés de l’autre côté de la clôture? C’est-à-dire: Les indignés qui ont les moyens de faire du camping plutôt que d’aller travailler; les ex employés de la White Birch pour qui les principes et l’égo passent avant un emploi; les fiers à bras du syndicat de Rio Tinto Alcan à Alma dont l’arrogance a fait perdre des investissements de quelques milliards à leur usine et qui sont maintenant en train d’enfoncer les derniers clous dans leur cercueil sous prétexte qu’ils ont droit au traitement royal parce que leur employeur bénificie de tarifs préférentiels sur l’électricité?
    Les PDG investissent et/ou transfèrent leurs opérations dans les endroits qui assureront les meilleurs profits et rendements à leurs vrai patrons, les actionaires, et non pas en fonction des beaux yeux des travailleurs québecois. C’est çà l’économie mondiale. Et vous pouvez être certain qu’à titre qu’actionaires de ces companies, notre Caisse de Dépôt et le Fond de Solidarité de la FTQ le savent très bien.

  5. Yves dit :

    Tant qu’il y a aura des actionnaires pour demander toujours des rendements de plus en plus élevés, des compagnies n’auront d’autres choix que d’agir comme des SAUVAGES avec aussi bien les ressources humaines, les ressources matérielles et de surcroît souvent au mépris de l’environnement et du bien commun.

    C’est aussi simple que çà. Et ces rendements, QUI les demandent? QUI les exigent? La réponse, c’est NOUS. Tous ceux qui veulent des fonds de pensions payés pendant 30 ans parce que plus personne ne veut mourir à 70 ans. Idem pour l’État qui a lui aussi besoin de plus en plus d’argent et qui exige également plus de rendement ou emprunte simplement plus d’argent.

    Comment s’en sortir? Il faut peut-être commencer par regarder les entreprises avec un regard plus humain et moins mercantile. Que les entreprises soient profitables mais sans exiger qu’elles foutent les gens dehors, qu’elles déménagent ou qu’elles saccagent tout l’environnement pour sauver des sous. Et pour les actionnaires, çà veut dire, faire moins de pressions pour les rendements, penser à long terme et cesser d’investir comme si on jouait à la loterie.

    Çà veut dire aussi arrêter de s’imaginer qu’on peut se payer des pensions nous entretenant pendant 25-30 ans à rien foutre, en se disant que les gestionnaires vont de démerder pour assurer des rendements ( et ce au mépris des employés et des consommateurs ).

    Tant qu’il y aura de la rapace, des gens avides et cupides, qui ont une vision à court terme, qui ne pensent qu’à leur propre sort, les choses continueront à empirer.

    Il y a des employés qui demandent trop.
    Il y a des employeurs qui ne donnent pas assez.
    Il y a des consommateurs qui exigent trop mais ne veulent pas payer.
    Il y a des actionnaires et investisseurs qui veulent des mirâcles.

    Il faut retrouver un équilibre et rétablir une balance acceptable pour tous avant que trop d’entre nous sombrent et décident de réagir de la mauvaise façon et que des gens souffrent physiquement et mentalement, et ce dans tous les camps. Même les plus riches et les pires exploiteurs ne sont jamais tout-à-fait à l’abris de l’anarchie et de la colère populaire. Quand des gens n’ont plus rien à perdre, tout peut arriver…

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