Ça ne s’invente pas: le président du Conseil national de recherches du Canada, John R. McDougall, a offert de sa propre initiative des coupons-rabais de 3$ valides dans tous les Tim Hortons participants à ses 4000 employés, en guise de remerciements, notamment pour avoir accepté sans trop rechigner d’être justement remerciés de leurs services. Le jour même.
Au-delà du mépris manifeste à l’égard de l’effort réel qu’ont à faire les travailleurs lors de transformations majeures d’une organisation comme celle entreprise au CRNC, de son manque d’à -propos total en matière de relations patron-employés (vos efforts, dont celui suprême du sacrifice d’un emploi, valent-ils un beigne à 3 piasses?) et d’une ahurissante déconnexion du monde du réel, cette décision soulève une question nettement plus philosophique: Non, mais, c’est quoi cette obsession pathologique du Canada anglais avec Tim Hortons? Est-ce le dernier rempart avant la digestion complète de l’identité canadienne dans les sucs et enzymes de la culture américaine?
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La transformation profonde du CNRC, dont il est question dans la lettre du président, fait en sorte que les 67 millions $ attribués à l’organisme par Ottawa serviront désormais «à des travaux de recherche dirigés par l’entreprise et pertinents pour l’industrie». Si on avait abordé la science de cette manière depuis les débuts de l’humanité, on serait encore dans nos cavernes à avoir peur du feu. Mais Dieu que nos piles de roches seraient performantes! En tout cas, ce n’est pas au Canada que se réaliseront des découvertes du type des bosons de Higgs. Tout au plus, que des bozos.
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Brouhaha dans la profession avec le saut de clôture de Pierre Duchesne, de la profession vers le côté sombre de la force. Non, mais quel scandale, il y a des journalistes indépendantistes. Il y en a aussi des fédéralistes! Il y en a même qui osent aller voter lors d’élections. Bondance. Savez-vous quoi? Il est impossible, 249 ans après le Traité de Paris et la Proclamation royale de la Province of Quebec, d’être sans opinion dans le débat indépendance/fédéralisme. Comme on ne peut être sans couleur de cheveux. On a toujours une couleur, on peut la changer au gré de nos affinités, on peut cacher la naturelle par une artificielle, on peut masquer le tout par un couvre-chef de type turban ou hijab, mais on a toujours une couleur. Il est impossible sur le plan personnel de se tenir à l’extrême centre de ce débat, comme il est impossible de se tenir debout sur une lame de rasoir, sauf pour le fakir du cirque des Shriners.
Dans la profession, l’objectivité n’est pas une lubie, ni un idéal inatteignable. C’est une compétence qui s’exerce quotidiennement parmi ceux qui ont la fonction de reporter ou de pupitreur. Les journalistes qui affirment qu’elle est impossible, plus souvent à gauche dans les médias de gauche, sont juste paresseux. Car oui, l’objectivité, quand on est journaliste, ça demande un effort considérable. Comme lever la poutre, là la grosse en pruche, quand on est ouvrier dans la construction. Sauf que certains ont peur de s’éreinter.
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Bonne nouvelle pour un autre candidat péquiste probable: le jour où Jean-François Lisée annoncera peut-être sa venue dans la circonscription de Rosemont, Statistique Canada annonce la perte de 4600 emplois au Québec en juin, alors qu’il s’en est créé plus de 20 000 en Ontario. Les habitués du blogue de Lisée le savent, mais pour les autres, le commentateur de L’actualité fait, chaque vendredi de sortie de chiffres de l’emploi, une apologie de la performance du Québec en la matière en comparaison avec le reste du pays, et ce, depuis au moins 3 ans. Une performance à l’aune libérale de Jean Charest. Un embêtement de moins à contrer pour Lisée.
Catégories: Point de vue, Varia du vendredi

M. Grenier,
Méprisant, en effet de la part de la direction. Mais la franchise Tim Horton, est canadienne et non américaine. C’est un ancien des Maples Leafs de Toronto, Tim Horton, né à Hamilton, qui s’est associé afin de fonder la franchise que nous connaissons aujourd’hui.
Pour ce qui est de Pierre Duchesne, il est selon moi indécent de passer d’une profession à une autre aussi rapidement. Évidement, les journalistes, critiques et autres éditorialistes sont des humains qu’on paye pour rapporter des faits dans l’approche qu’ils jugent la meilleure. Or, un petit 2-3 semaines de délais aurait facilement pu être suffisant pour clamer la réflexion indépendante de l’ancien emploi alors que dans ce cas-ci, on parle d’une réflexion parallèle à la profession passée.
Là où le bat blesse, c’est que Duchesne n’était pas éditorialiste mais bien journaliste, devant présenter une forme de rigueur la plus imperméable possible à ses allégeances. Il est plutôt dur de croire que son changement de carrière s’est effectué réellement en 10 jours et qu’il n’y pensait pas depuis quelques temps. Vous êtes justement des humains et j’en connais peu qui seraient près à faire le saut de l’ange vers la politique sans y penser profondément. On parle quand même de mettre de côté une carrière et un revenue relativement stable pour espérer passer aux élections suivantes, quitte à se retrouver le bec à l’eau, sans emplois ensuite. Comment croire alors qu’il ne pensait pas au PQ en produisant ses reportages récents…
Cependant, tout ceci ne remet pas en doutes les qualités personnelles de cet homme, seulement son sens éthique. Il semblerait qu’actuellement, on gère un déficit chronique de ce côté au niveau de la classe politique, à la hauteur de l’abysse budgétaire qui se creuse parallèlement.
Pour le reste, bon billet comme à l’habitude. Quel maladresse du CNRC, c’est à se demander si McDougall n’est pas un robot programmer à grand coups de concept GRH relevant de l’utopie Tayloriste.
@Gaetan:
C’est ce que je dis, c’est comme s’il ne restait que le serment d’allégeance au Tim Hortons comme moteur de l’identité canadian. Je connais en effet l’histoire de cette chaîne, mais pas celle récente. Est-elle encore de propriété canadienne ou appartient-elle à un fonds américain désormais? Amis internautes, savez-vous quelque chose à ce sujet?
@David:
Vrai que j’ai fait un peu dans le corporatisme pour cette partie du billet. M’en confesse. Pour le reste, merci!
@ David
Et qu’en est-il des transferts de ministres libéraux qui démissionnent et vont vers le privée ? Sans nommer qui que ce soit, on en a eu l’exemple il n’y a pas très longtemps. Alors ce serait bien qu’un ministre parte pour travailler à la promotion du plan nord en plus d’encaisser une prime de départ ? Hum ! Quelle est l’erreur dans cette histoire ?
@ Ronald :
Je ne crois pas avoir encourager la pratique dont vous parlez, qui est évidemment aussi triste à voir aller. Seulement, dans le cas de notre amis journaliste, c’est l’attrait de la politique et du pouvoir, alors que dans le votre c’est plutôt le renvois d’ascenseur et l’attrait monétaire. Je ne voudrais pas avoir à graduer le degré de manquement éthique dans les deux cas, mais force est d’admettre que tous ces gestes soulèvent des questions sérieuses qui mériteraient d’être approfondies. C’est un problème bien au delà des partis politiques, un trouble systémique qui entache la démocratie québécoise.
1- Tim Hortons doit être content…
2- Quoi rajouter de plus à la réponse de David? Bien entendu que tous les journalistes sont des citoyens qui ont des opinions sur les sujets qu’ils couvrent. Certains le cache bien et d’autres, moins bien. Sauf que, dû moins en apparence, il y a un manquement à l’éthique journalistique lorsqu’un journaliste en poste à la télé d’État couvre l’actualité politique pendant qu’il flirte avec un parti.
Surtout qu’étant à l’emploi de la SRC, je suis convaincu qu’il aurait pu prendre un congé le temps qu’il murisse sa décision sans compromettre son emploi.
Ah! et pour Lisée… enfin il plonge dans la mêlée. Je me demande pourquoi il ne l’a pas fait avant? Je pensais que ça ne l’intéressait pas de sauter sur le terrain mais faut croire qu’il attendait peut-être les “conditions gagnantes”…
Salut M.Grenier
Tim Hortons, c’est là que vous retrouvez Stephen Harper quand vous le cherchez partout lors des sommets économiques.
A 24 heures en 60 minutes dans ce qui ressemblait à un tribunal inquisitoire, Anne-Marie Dussault a tenté de faire avouer librement sous la torture le passé souverainiste de Pierre Duchesne lorsqu’il était journaliste allant même jusqu’à citer Richard Martineau.
Richard Martineau… C’est même pas un journaliste.
http://www.radio-canada.ca/emissions/24_heures_en_60_minutes/2011-2012/Entrevue.asp?idDoc=231720&autoPlay=#commenter
WOW, $3, quelle générosité, ils vont pouvoir prendre leur retraite maintenant.
“Tout au plus, que des bozos.”
Des bozos de Tim, ha ha ha ha !
Question: si un journaliste connu, respecté, plutôt identifié au camp fédéraliste et libéral, cognait à la porte du PLQ aujourd’hui, M. Charest le laisserait sécher dehors? J’en doute.
La guerre électorale est loin d’être terminée, mais pour le moment, c’est le PQ qui gagne la bataille du recrutement. Quoi que vous pensiez de Pierre Duchesne et de Jean-François Lisée, ça fait deux grosses prises en une semaine.
http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-marissal/201207/07/01-4541652-saut-perilleux-reaction-brutale.php
Salut M. Goyette,
Votre question est hypothétique. Je ne réponds pas à des questions hypothétiques…
Quant à la bataille du recrutement, je pense que plus que c’est parce que les rumeurs des élections sont fausses. Sinon, les libéraux nous annonceraient plein de candidatures de prestige pour remplacer les nombreux récents départs, non? Tsé, genre…
Et tout ça se passe pendant que Jean Charest fait le vide autour de lui. Porter plainte au Conseil de presse ou à la Cour supérieure ne fait que confirmer sa nullité dans tous les domaines.
L’économie québécoise fait du surplace, le PIB demeure inchangé. Une croissance nulle, comme Charest.