08 Fevrier 2010

Permalink 09:28 am, Éric Grenier / Général, 92 mots  

Exode? Quel exode?


Il n'y a pas d'exode des médecins québécois. Il serait temps pour les syndicats médicaux de se trouver un nouvel épouvantail. D'ailleurs, le Magazine Jobboom l'avait déjà écrit, que la fuite des cerveaux, non seulement annoncée mais même observée selon des amis du modèle albertain, c'est une fumisterie. En médecine notamment, où le Québec, qui avec l'Ontario, hébergent la majorité des écoles de médecine et plusieurs étudiants étrangers ou d’autres provinces repartent chez eux après leurs études.


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05 Fevrier 2010

Permalink 12:12 pm, Éric Grenier / Général, 54 mots  

Le 5 à 7 du vendredi, à la Hendrix


Pour le 5 à 7 du vendredi de cette semaine, vu les statistiques un peu plates sur le chômage de ce matin, et mes suggestions musicales passées franchement plates, je propose qu'on assiste à un show intime de Jimmy Hendrix (rien de moins!), officiellement décédé depuis 39 ans, mais visiblement réincarné en pinson. Pit-pit.

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05 Fevrier 2010

Permalink 09:50 am, Éric Grenier / Général, 298 mots  

Emploi: longue est la convalescence


Comme tous les premiers vendredis du mois, Statistique Canada sort ses chiffres sur l'emploi et le chômage au pays. Et le constat qu'on peut tirer aujourd'hui c'est que oui, le marché de l'emploi sort de la récession. Mais très lentement, par à-coup certains mois, par de légers reculs à d'autres. Mais bref, en gros, ça s'améliore très lentement, comme tout le reste de l'économie.

Quelque 43 000 emplois ont été créés en janvier au Canada, dont une majorité d'emplois à temps partiel. Les dernières remontées étaient le fait d'emplois à temps plein. Petite pause de côté, donc. En gros, rien pour écrire à sa mère ni tenter la révolution, on est dans la marge des variations normales d'un mois à l'autre. Le taux de chômage est passé de 8,4 à 8,3%.

Idem au Québec où le marché de l'emploi a très peu bougé en janvier, si ce n'est une surprenante baisse de la population active (celle qui travaille ou qui se cherche un emploi). Il ne s'agit peut-être que d'une correction statistique, puisqu'en décembre, elle avait fortement augmentée. Retour à la case précédente. Là aussi, il ne s'agit que de variations normales en toute circonstance. Taux de chômage à la baisse, pour atteindre 8 %.

Bref, comme je le disais il y a un mois, la convalescence est longue, après une chute brutale. Mais au moins, on est en convalescence.

Cela dit, on est très loin des scénarios catastrophes, tant pour le Canada que pour le Québec, annoncés par les économistes en début de 2009, alors qu'on prédisait dans la plupart des cas, un taux de chômage AU MIEUX, dans le voisinage des 10%. On est très loin, et très content aussi.


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04 Fevrier 2010

Permalink 09:40 am, Éric Grenier / Général, 631 mots  

Les Québécois manquent de colonne vertébrale

Voici un courriel reçu en réaction à ma dernière chronique dans le Magazine Jobboom, Pissous!. Attention, ce point de vu «immigrant» sur la société québécoise fait mal à l'égo national.

Qu'en pensez-vous?

Mille mercis pour votre chronique "pissous" ayant paru dans le magazine Jobboom de janvier. Je vous en prie, poussez encore plus loin la comparaison avec les pays qui MARCHENT, même lorsqu'ils sont aussi controversés qu'Israël. Nous avons besoin, au Québec, qu'on se réveille de cette léthargie citoyenne si délétère.

Puisque vous avez le courage (que je salue) de ne pas mâcher vos mots, j'ose vous faire part moi aussi de ce que je crois être le défaut impardonnable des Québécois: ils ne sont pas assez ambitieux. Et qu'on cesse de trouver à ce péché capital pour toute société avancée des excuses dans l'histoire.

Pour ne pas allonger indûment ce courriel, je ne donnerai que quelques exemples. Ma mère est anesthésiste approchant la retraite. Elle forme souvent de nouveaux médecins. Un constat: les jeunes médecins veulent surtout gagner de l'argent, et pas soigner ceux qui en ont besoin. Un de ses jeunes Gaspésien en stage lui a dit, devant tout le monde, qu'il avait hâte de partir aux US pour faire de l'argent. Aux infirmières qui ont écouté toute la conversation, ma mère leur a dit : "moi je suis Française, je ne peux rien dire, car on va me traiter de maudite Française. Mais vous, infirmières québécoises, vous savez bien que ce sont vos impôts qui ont payé ses études. Pourquoi ne dites-vous rien? Pourquoi ne le ramenez-vous pas à ses responsabilités?" Dans cette histoire comme devant tant d'autres, elles haussent les épaules et disent: ben, oui, c'est comme ça. Autre exemple ayant mérité le "ben oui, c'est comme ça": la mère d'une des inhalothérapeutes, âgée de 86 ans, a attendu sur une chaise pendant 13 heures aux urgences. Cette inhalothérapeute, traumatisée par le traitement qu'on a réservé à sa mère, est arrivée en pleurant au travail le lendemain. Commentaires généraux du staff: ben oui, c'est comme ça.

Attendre deux mois quand on a un cancer du sein? Ben oui, c'est comme ça (dans les autres pays avancés, c'est qq jours au max)

Attendre deux ans pour une colonoscopie? Ben oui, c'est comme ça? (idem).

Des "ben oui, c'est comme ça", IL Y EN A TROP, AU QUÉBEC.

Je n'en peux plus de voir les haussements d'épaules, les attitudes défaitistes, le laissez-aller ambiant. L'autre jour mon prof d'administration publique préparait une présentation pour le Japon sur le Québec. L'idée thème de sa présentation: Au Québec nous sommes petits, mais nous sommes capables de grandes choses. La preuve: Céline Dion.

Faut-il donc que le Québec se résigne à briller par le talent d'une chanteuse, aussi fantastique soit-elle? Et où sont nos ingénieurs? Et nos découvertes médicales? et nos grands politiciens? Et nos penseurs? Pourquoi diable n'en avons-nous pas???? Je vous jure, j'en pleure. Des cerveaux, il y en a pourtant, ici!!!

SVP, ne cessez jamais de réclamer plus et de dénoncer quand il le faut. Lire vos chroniques me fait un bien souverain, car elles disent ce que nous immigrants n'osons pas dire tout haut. Les Québécois manquent cruellement de colonne vertébrale, de réelle solidarité, et laissent depuis trop longtemps leur sens du juste, de l'indignation et de la révolte dans le formol.

Un jour cela leur coûtera très cher.

Lan Vi Pham

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03 Fevrier 2010

Permalink 09:56 am, Éric Grenier / Général, 421 mots  

On est bon avec Labonté


Dans le droit du travail, existe la notion de lien de confiance. Quand ce lien est rompu, il s'agit d'un cas de congédiement sans compensation permis par la loi. Par exemple, vous êtes un employé de banque, votre patron apprend que vous avez été reconnu coupable d'avoir fraudé le fisc, il pourrait théoriquement vous congédier, puisqu'en matière bancaire, la confiance à l'égard des choses de l'argent est centrale.

Aussi, sauf si c'est inscrit à votre contrat (par exemple, vous vous appelez Henri-Paul Rousseau), vous n'avez pas droit à des indemnités de départ lorsque vous démissionnez de votre plein gré.

En politique, par contre, ces deux notions sont inexistantes. La preuve: Benoit Labonté, ex-chef de Vision Montréal, maire de l'arrondissement Ville-Marie à Montréal, et ancien membre du comité exécutif de la Ville, a reçu près de 58 000 $ en indemnité de départ. Non seulement le gars a démissionné de lui-même, mais en plus, il a admis des faits qui sont de nature à rompre le lien de confiance avec son employeur, c'est-à-dire, les électeurs montréalais.

Malgré cela, malgré le fait que, intellectuellement et professionnellement, il est loin d'être démuni, Labonté quitte ses fonctions municipales les poches pleines.

Les politiciens, qu'ils soient de niveau municipal, provincial ou fédéral, n'ont plus aucune marge de manœuvre en matière de crédibilité. Une bonne façon de repartir sur des bases neuves serait d’abolir ces indemnités pour les cas de démission en plein mandat. Ces indemnités peuvent être acceptables après une défaite électorale, ou en cas de non-renouvellement de mandat, ou pour des raisons de maladie, mais pas quand on démissionne en milieu de mandat pour profiter d'une occasion (comme Philippe Couillard), ou parce qu'on est insatisfait de son sort (comme André Boisclair, Pauline Marois, Marc Bellemare, Yves Séguin, etc.). Seulement à l'Assemblée nationale, ces mouvements de personnel pour raisons personnelles (on passe du fédéral au provincial, du provincial au fédéral, puis au municipal, on quitte, on revient quand le climat électoral est plus favorable à votre face) ont coûté des millions de dollars aux contribuables.

La politique, ce n'est pas un travail, c'est une forme de don de soi à la collectivité. Il est normal que le milieu ne soit pas soumis à la même logique que le marché du travail, mais ce n'est pas une raison pour abuser de cette différence. Et clairement, on abuse.


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Éric Grenier est chroniqueur et rédacteur en chef du Magazine Jobboom.

eric.grenier@jobboom.com
514-871-0222, poste 2287.
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