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Le marché de l’emploi le plus dynamique au Canada en 2012: le Québec!

- 8 janvier 2013

Vous vous souvenez de la blague de Jean Charest, lors de la dernière campagne électorale? Sa promesse de créer 250 000 emplois pendant son prochain mandat, s’il était réélu? Je l’avais notamment épinglé pour tout son ridicule dans une billet intitulé Les 250 000 emplois de Jean Charest: pas une promesse, une menace!.

Bien, s’il avait été réélu à la tête de la province – une éventualité pas si ridicule compte tenu de la députation libérale assez nombreuse ayant survécu au supplice électoral du 4 septembre– Jean Charest pourrait tenir un point de presse en ce moment. Et vanter le fait d’avoir concrétisé plus de la moitié de sa promesse, à 4 ans et demi de la fin de son mandat.
Car, depuis la débâcle assez spectaculaire marché du travail à la fin de 2011 au Québec, chaque mois a valu sa peine à 2012 pour corriger cette mauvaise performance. Petit peu à petit peu, le Québec s’est remis à créer de l’emploi, des emplois, toujours plus d’emplois. De sorte qu’en 2012, au total, le Québec en a créé 138 000.

C’est cela : 138 000 emplois de plus en 12 mois. Une performance remarquable, puisque le Québec arrive au deuxième rang des provinces pour le taux de croissance de l’emploi, à 3,5%, tout juste derrière Terre-Neuve, à 3,7%.

C’est pas mêlant : un emploi sur 2 que le Canada comptait de plus en décembre 2012 par rapport au même mois l’année précédente a été créé au Québec. Pour le reste du pays, en soustrayant les chiffres de la province, on obtient une croissance de seulement 1,3%. Bref, sans le Québec, le portrait de l’emploi au Canada ressemblerait davantage à celui des États-Unis, c’est-à-dire dans un état proche de la dépression nerveuse. Au sud de la frontière, on parle de la reprise sans emploi, tant la création de postes est anémique.

Mieux encore : en ce qui a trait à l’emploi à temps plein, le Québec est bon premier de toutes les provinces avec une croissance de 3,9% en 2012.

Certes, mon Jean Charest fictif pourrait pavoiser, comme le peut aussi la Pauline Marois réelle, car depuis l’élection du gouvernement minoritaire péquiste, la création d’emplois n’a pas ralenti, elle s’est même accélérée. Pendant les 8 premiers mois de l’année, sous auspice libéral, il s’est créé en moyenne plus ou moins 10 000 emplois par cycle lunaire, en arrondissant les chiffres. Depuis septembre, la moyenne mensuelle est de 14 000.

Encore faut-il voir dans quels secteurs économiques où l’emploi s’est multiplié. Le secteur des ressources naturelles, fortement dominé par l’industrie minière, a vu son nombre de postes reculé de près de 10% en 2012. Cela veut dire 3000 jobs en moins, bien que le Plan Nord était la pierre d’assise du programme économique libéral. Il y avait 11 000 personnes en moins à l’emploi des diverses administrations publiques (fédéral, provincial, municipal). La restauration et l’hôtellerie ont également souffert, fort probablement à cause de la chasse à l’évasion fiscale dans ce domaine, avec l’élimination de 29 000 emplois, soit plus de 11% de la main-d’Å“uvre de ce secteur.

Alors, quel domaine a été le plus grand moteur de la croissance de l’emploi au Québec, après celui de la santé et des services sociaux? Le secteur manufacturier! Si, si, ça ne va plus du tout mal à la shop. Les usines québécoises, existantes comme nouvelles, embauchaient 32 000 personnes de plus en décembre 2012 qu’en décembre 2011, une croissance de 6,7%. C’est la première hausse remarquable de l’emploi manufacturier depuis 2008. Il s’agit même de la plus importante depuis 2002. Il y en avait en malgré tout quelque 160 000 de moins en 2012 que cette année-là.

Suit le secteur de l’information, la culture et les loisirs, avec l’ajout de 31 000 salariés, ensuite ceux des services de l’enseignement (23 700), la construction (22 800) et des services aux entreprises (14 000).

Mais le secteur de la santé et des services sociaux demeure l’acteur majeur, avec l’ajout de 79 000 travailleurs, tant dans les hôpitaux que les cliniques privées, les résidences publiques et privées pour personnes âgées, les pharmacies, les garderies…. Le Québec à la fois vieillit et met au monde de plus en plus d’enfants.