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Indice Jobboom: à quand le printemps?

- 22 mai 2013

L’Indice Jobboom de mai bouge peu. En fait, il demeure dans ses eaux troubles pour la simple et bonne raison que le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé, ne s’améliore guère depuis plusieurs mois. Et cette situation touche tant le Québec, que le Canada, hormis les quelques provinces «boostées» par l’exploitation faramineuse des champs pétrolifères. C’est-à-dire l’Alberta et la Saskatchewan.

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Pour le reste du pays, dont les trois principales provinces et toutes celles de l’Atlantique, le marché de l’emploi ne parvient tout simplement à répondre à la demande pour du travail. Ceux qui en font les frais : les jeunes. Le taux de chômage chez les moins de 25 ans n’a jamais été aussi élevé ce printemps que depuis au moins 2010.

La situation n’est certes pas comparable à ce qui se passe dans les pays du «club med», l’Espagne, l’Italie et la Grèce, notamment, où le chômage officiel des jeunes dépasse les 50%. Mais l’écart entre le chômage des jeunes et celui des travailleurs de 25 à 64 ans frôle des niveaux comparables à ceux vécus pendant la crise économique du début des années 80.

Depuis décembre dernier, le chômage chez les jeunes a cru de 20% au Québec. À 14,7%, il atteint un de ses plus hauts niveaux depuis de nombreuses années. Jusqu’à maintenant, le Québec s’était particulièrement bien distingué par rapport aux autres provinces pour le chômage des jeunes. Ce n’est plus le cas. Désormais, le taux de sans-emploi québécois des moins de 25 ans est sensiblement le même que dans le reste du Canada.

La situation n’est pas dramatique, mais cela fait tout de même plus de trois ans que le Canada peine à intégrer les jeunes au marché de l’emploi. Le taux de chômage se maintient inexplicablement près ou au-dessus de 14% depuis 2010.

Si la situation ne s’améliore pas d’ici les prochains mois, le sujet devra revenir à l’avant-scène des priorités nationales. Et les gouvernements, tant celui du Parti québécois à Québec, que celui du Parti conservateur à Ottawa, devront s’y attaquer. Sans quoi un autre printemps érable dans les prochaines années n’est pas à exclure… Même à Toronto.

L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années, et à partir des données de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».

La lutte au déficit zéro fait monter le chômage au Canada

- 5 avril 2013

Il n’y a pas que l’hiver météorologique qui ne veut pas mourir, mais aussi celui de l’emploi. Juste en mars dernier, le Québec a perdu 17 000 emplois, dont 25 000 à temps plein (c’est donc dire qu’il s’en est rajouté 8000 à temps partiel). Dans tout le Canada, c’est 55 000 emplois qui ont été détruits durant ce mois de misère. Dans six provinces, l’économie a détruit des jobs en quantité industrielle, notamment en Alberta, où plus de 11 000 emplois ont disparu. La situation la plus dramatique a été observée en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, puis en Alberta, au Québec, et finalement en Ontario.

Tant pour la Belle province que pour le reste du Canada, ce premier trimestre du marché du travail est tristounet comme le temps qu’il fait. Quelque 16 000 emplois perdus au pays, et 7000 dans la province. Ce n’est pas la récession, mais ce n’est pas la joie.

Au Québec et en Ontario, l’effort exigé dans la lutte aux déficits gouvernementaux fait particulièrement mal. Dans ces deux provinces, la seule réduction de l’emploi dans les administrations publiques (fédéral, provinciales et municipales) équivaut à l’ensemble des pertes dans le marché du travail. Ce qui n’étonne guère : c’est dans ces deux juridictions que la course au déficit zéro est la plus féroce, et c’est aussi là que l’État fédéral est le plus implanté. Les nombreuses mises à pied annoncées au cours des derniers mois par le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, font maintenant une entrée retentissante dans les statistiques.

En Colombie-Britannique, la situation commence à ressembler à un éclatement de bulle immobilière : le ralentissement noté dans ce secteur a provoqué la perte d’au moins 13 000 emplois en construction et entretien de bâtiment. En Alberta, un ensemble de facteurs concourt à rendre la vie difficile aux chercheurs d’emplois, avec des pertes appréciables dans le tourisme, la finance et la construction.

Au Québec, la finance et les services scientifiques ont rééquilibré les pertes encourues dans le secteur manufacturier, avec un autre mois noir, après l’embellie de 2012. L’emploi demeure stable dans les mines et autres ressources naturelles.

Pointe d’espoir : 2012 avait aussi commencé cahin-caha, pour terminer avec force dans les 5 derniers mois, et faire de cette précédente année un de meilleurs crus depuis 2007.

Budget Flaherty: et le citoyen dans tout ça?

- 22 mars 2013

La couleur du chèque, rouge ou bleu? Pour l’honnête citoyen, la question n’a aucune importance. Pourvu que le service soit bon, le reste, il s’en fout et ça n’a généralement aucun impact sur ses orientations politiques.

Mais pour les politicailleux et leurs stratèges, la question de la visibilité d’un gouvernement plutôt qu’un autre tient souvent lieu et place de politique publique responsable. Ils croient, à la manière des enfants à l’égard de la fée des dents, que plus de drapeaux canadiens et de feuilles d’érable visibles engageront davantage d’allégeance envers le Canada et son gouvernement. Et vice versa, plus de fleurdelysés construira un meilleur sentiment d’appartenance nationale québécois. C’est notamment ce niveau de réflexion qui nous a donné l’infâme programme des commandites. Et l’imposition de l’adjectif «national» sur à peu près tous les noms d’organismes et autres machins trucs du gouvernement québécois.

D’où l’intérêt soudain du gouvernement canadien de se mêler de la formation des travailleurs, comme annoncé dans le budget fédéral déposé jeudi par Jim Flaherty. Un nouveau programme financé par des sommes déjà promises à un autre, à hauteur de 300 millions de dollars. Ainsi, le gouvernement financera au tiers la formation d’un employé. Les deux autres tiers devront provenir du gouvernement provincial et de l’entreprise. Voyez-vous, les conservateurs trouvent que vous ne lui êtes pas assez reconnaissant pour ses efforts à vous rendre plus prospère. Afin de s’assurer que vous compreniez bien que vous lui devez votre succès professionnel, le gouvernement Harper veut que le logo gouvernemental canadien et de son «Plan économique pour le Canada» soit bien en vue sur votre chèque dorénavant, alors qu’actuellement, il n’y a que le logo d’Emploi-Québec qui y figure.

Cela dit, la motivation du gouvernement est une chose, le programme en lui-même en est une autre. Je serais très mal avisé de dénoncer l’intention du ministre des Finances d’inclure les entreprises dans la responsabilité de la formation de la main-d’œuvre canadienne. Après tout, le Magazine Jobboom a donné à maintes reprises la parole à des spécialistes qui déploraient le peu d’empressement des employeurs à assumer leur responsabilité quant à la formation continue de leurs employés. Au Québec, il a même fallu instaurer une obligation fiscale dans les années 90, – la loi du 1% – pour ce faire. Mais ça semble encore insuffisant. Encore aujourd’hui, une bonne partie du Canada inc. et du Québec inc. s’attend à ce que l’État lui fournisse clé en main une main-d’œuvre qualifiée. En tout temps. Au gré des caprices de l’économie. On peut certes blâmer les gouvernements pour plein de choses, mais certainement pas pour leur incapacité à fournir sur-le-champ, tiens, disons 15 000 mineurs spécialisés en forage horizontal parce que c’est la nouvelle technique soudainement à la mode. Ça prend du temps pour créer les programmes, les mettre sur pieds, trouver et embaucher les enseignants nécessaires, et surtout, beaucoup de bidous.

On répète souvent, et on l’a entendu à souhait durant la crise étudiante de l’an dernier, que les individus sont les premiers bénéficiaires de leur formation. C’est faux. Ce sont les individus ET leurs employeurs, en parts égales. Le nouveau programme de formation de la main-d’œuvre permettra de reconnaître cette réalité. Reste que, ce qui a été annoncé dans le budget, en est qu’à l’étape de l’énoncé d’intention. On n’en sait rien des détails ce programme, et surtout, en quoi il sera meilleur pour le citoyen de ce qui existe déjà. Il faudra voir les détails et tous les p’tits diables qui s’y cachent. Par exemple, on sait déjà que le gouvernement justifie cette mesure en s’appuyant, entre autres, sur le problème de la sous-représentation de certaines catégories de travailleurs, comme les jeunes, les vieux, les immigrants et les autochtones. Or, il se trouve que dans bien des cas, ce n’est pas la formation des individus qui est en cause – au contraire même! – mais la discrimination systémique dont ils sont l’objet sur le marché du travail. On ne voit pas en quoi du tatillonnage fédéral à propos de la manière dont les provinces gèrent la formation de la main-d’œuvre permettra de mieux arrimer l’adéquation entre la main-d’œuvre et les besoins du marché. À part que de justifier ces gros sabots.

Nous aurions cependant souhaité que le gouvernement du Québec et sa cour rapprochée ne tombent pas dans l’instinct primaire habituel de dénoncer toute intrusion fédérale dans des champs de compétences provinciales. Cette réaction nous laisse croire que, comme à l’habitude, l’État québécois jalouse davantage ses droits et privilèges que les intérêts supérieurs des citoyens québécois. Tout ce qu’on peut demander à ce gouvernement, c’est de s’assurer que l’opération de canadianisation de la formation de la main-d’œuvre ne démantèle pas ce qui fonctionne déjà bien au Québec, comme la Commission des partenaires du marché du travail. Elle a permis aux acteurs des milieux patronal, syndical, communautaire et de l’éducation de développer des initiatives constructives et pragmatiques en la matière.

Aussi, il semble que le gouvernement fédéral favoriserait surtout les formations de courtes durées. Or, pour reprendre leur vocabulaire, il n’y a pas d’adéquation entre cette volonté et les réels besoins en main-d’œuvre. Car là où le bât blesse pour l’économie canadienne se trouve dans des secteurs d’emplois relativement spécialisés qui exigent des formations surtout collégiales (3 ans) ou professionnelles, qui peuvent demander jusqu’à 1800 heures de cours. Aussi, il est légitime de s’inquiéter des modalités de ce programme quant aux obligations rattachées aux subventions. Serait-ce une manière d’enchaîner un employé à un employeur, en neutralisant au passage son rapport de force? Il y a lieu de le croire, le fardeau de la preuve du contraire est maintenant sur les épaules du gouvernement.

Pour le moment, tout ce qui ressort de ce nouveau programme, c’est juste un rebrassage de fonctionnaires d’une juridiction à une autre. Habituellement, ça ne sert à rien d’autre chose qu’à mêler le citoyen.

L’autre mesure budgétaire qui touche directement les travailleurs concerne les fonds d’investissement syndicaux. Au Canada, ça veut dire essentiellement les fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN, puisqu’eux seuls concentrent 90% des investissements dans ces véhicules de placement.

Ainsi, le crédit d’impôt supplémentaire de 15% accordé aux contribuables qui achètent des actions de ces fonds spéciaux disparaîtra. Il peut être raisonnable de croire que rien ne justifie de privilégier un type d’investissement plutôt qu’un autre. Ça se défend. Mais sur le plan des relations publiques, ça regarde mal. Si le gouvernement ne s’était pas déjà attaqué aux syndicats en les obligeant de divulguer le salaire de leurs réceptionnistes, s’il n’avait pas déjà pris fait et cause pour l’employeur dans certains conflits de travail privés, si on ne le soupçonnait pas non plus de vouloir s’en prendre à la formule Rand, la mesure passerait moins carrée. Mais ce n’est pas le cas.

Ces fonds n’ont pas d’objectifs de rendement comme tel. Ils ont des objectifs de créations et de préservation d’emplois. Le crédit d’impôt remplace, si on veut, de la portion «rendement» de l’investissement. Sans crédit d’impôt, ils n’ont pratiquement plus de chance de survivre et donc, de permettre l’objectif suivant : que le sauvetage et le développement de certaines entreprises, voire certaines régions, ne soient pas dus qu’aux seules subventions gouvernementales. Certes, le crédit a un coût pour l’État, mais aussi tout un bénéfice. Plusieurs milliers d’emplois, et par le fait même des dizaines de millions en impôts récoltés, sont l’œuvre de ces Fonds. Bref, une fois de plus, l’idéologique a eu le dessus sur le pragmatique.

Ainsi, bien que certaines de ses mesures soient louables, tout ce budget ressemble davantage à une maladie, celle du déficit zéro à court terme à tout prix, sans égards aux dégâts provoqués. C’est un trouble obsessionnel compulsif.

À voir la manière dont le ministre des Finances se servira des surplus accumulés de la caisse de l’assurance-emploi, grâce aux hausses de cotisations annoncées par son gouvernement et des coupes espérées grâce aux quotas imposés à chaque fonctionnaire pour récupérer des sommes, on ne peut que constater que ce TOC du déficit zéro engage le ministre dans des décisions irrationnelles. Genre on se lave les mains tout le temps sans raison. Paul Martin, du temps qu’il était ministre des Finances, avait la même maladie.

Ce n’est pas difficile au Canada d’effacer un déficit: tu plonges les deux mains dans le plat de bonbons du programme d’assurance-emploi, surtout depuis que la Cour Suprême du Canada a avalisé la pratique, qui, sur plan constitutionnel n’a rien de répréhensible, mais sur le plan moral, par contre, pause de sérieuses questions de légitimité. Des milliards seront détournés au cours des prochaines années de la caisse de l’assurance-emploi vers la caisse commune du gouvernement fédéral.

Ce ne sont que les travailleurs et les employeurs qui financent ce régime d’assurance. Toute décision quant à la contribution des assurés, aux prestations versées et à leurs règles devrait être prise par un comité indépendant dont les seuls intérêts qui comptent seraient ceux des travailleurs et des employeurs. Or, tant à l’époque de Paul Martin qu’à celle de Jim Flaherty, l’administration du régime n’est motivée que par les objectifs électoraux du gouvernement en place.

L’envoi des Jimmy Macoutes dans les fonds de rangs des régions rurales va effectivement permettre à Ottawa d’engranger des sommes importantes. Mais à quel prix? Ainsi, plutôt que d’aider des chômeurs à réintégrer honorablement le marché du travail, à leur offrir un service auquel ils ont droit et à permettre à des régions de se relever d’un mauvais coup du sort, les fonctionnaires de l’assurance-emploi devront plutôt jouer à la police et aux espions afin de démasquer quelques fraudeurs hypothétiques. Bref, on économisera à court terme, mais avec des effets secondaires qui, à long terme, viendront tout effacer les gains préalablement obtenus.

Indice Jobboom: le marché de l’emploi québécois maintient le cap

- 8 février 2013

Le marché de l’emploi québécois poursuit sa lente croissance vers l’excellence en ce début d’année, et ça se reflète dans l’Indice Jobboom, l’indicateur de l’état de santé du marché du travail.

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Ainsi, pour février, l’Indice Jobboom affiche une cote de 61,9, soit une très modeste hausse de trois dixièmes de point par rapport à janvier.

Il n’en demeure pas moins qu’il y a eu croissance, notamment parce que le marché du travail continue de créer de l’emploi – 5500 en janvier dernier – et des emplois à temps plein, de surcroît (+13 300). Combinée à une baisse insignifiante de la population active, de 3600 personnes, cette situation permet au taux de chômage de la province de fléchir à 7,1%. Depuis juillet 2012, dernier mois où une baisse significative a été observée dans l’emploi, il s’est créé 93 000 emplois au Québec. Il en avait 70 000 de plus dans les six premiers mois de 2012, avant la chute de juillet.

En janvier, le Québec se situait donc au cinquième rang des provinces pour son taux de chômage. Désormais au Canada, il y a un nouveau champion du chômage. Depuis au moins Christophe Colomb, Terre-Neuve a toujours affiché la pire performance à ce chapitre au pays. Or, en janvier, une baisse d’un dixième de point du taux de chômage à Terre-Neuve et une hausse de huit dixième de point dans une autre île, la Prince-Édouard, fait de cette province insulaire la plus affligée par le chômage. Constat: il ne fait pas bon travailler sur une île.

À l’inverse, les trois provinces les plus enclavées – Saskatchewan, Alberta et Manitoba – sont celles qui présentent les meilleures statistiques de l’emploi. Leurs taux de chômage étaient respectivement de 4%, de 4,5% et de 5%. Puis suit la Colombie-Britannique, avec un taux de 6,5, tout juste devant le Québec.

Cela ne veut pas dire que le marché du travail est en meilleure santé en Colombie-Britannique qu’au Québec. Au contraire, un regard plus minutieux permet de constater que si le taux de chômage est plus bas sur la côte du Pacifique que dans la vallée du Saint-Laurent, c’est que la population active est justement moins active. Tant les taux d’activité (le pourcentage de la population de plus de 15 ans soit en emploi ou en recherche de) et d’emploi (le pourcentage de la population de 15 ans et plus en emploi) sont inférieurs au Québec. Il est donc de bon aloi d’affirmer que le marché du travail québécois se situe au quatrième rang des provinces canadiennes pour sa performance. Dans un avenir prévisible, ça devrait être son meilleur classement, tant les statistiques dans les Prairies sont reluisantes.

Et en Ontario? Certes, ils se sont donné une nouvelle première ministre, qui inaugure son court mandat par une saignée à blanc: 31 000 emplois perdus en janvier, dont 43 000 à temps plein (c’est donc dire qu’il s’est rajouté quelques emplois à temps partiel). Pire, encore, environ 56 000 personnes ont quitté les rangs de la population active. Tant les taux d’emploi que d’activité sont en chute libre. Il y a une expression scientifique pour qualifier ce phénomène: ça va mal à shoppe en ta…

L’Indice Jobboom est une prévision de la force de l’emploi pour le mois courant, calculée par rapport aux dix dernières années, et à partir des données de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada. Plus l’Indice est fort, c’est-à-dire près de 100 %, plus le marché de l’emploi est favorable. À moins de 50, il est «défavorable». Entre 50 et 75, c’est «passable». Entre 75 et 90, il est «favorable», alors qu’à plus de 90, il est «excellent».

Plus de chômeurs que jamais

- 23 janvier 2013

202 millions. C’est le nombre de chômeurs qu’on recensera dans le monde en 2013, prévient l’Organisation internationale du Travail, dans un rapport spécial publié lundi dernier. En 2014, il pourrait y en avoir jusqu’à 205 millions. Le record absolu a été enregistré en 2009, avec 199 millions de sans emploi. En 2012, il y en avait 197 millions.

L’OIT signale avec à-propos que cette augmentation sera enregistrée alors que l’économie mondiale accélérera sa croissance les deux prochaines années.

En 2012, 4 millions de travailleurs ont rejoint les rangs des chômeurs. De ce nombre, un million provient des économies avancées, notamment européennes. Les trois autres millions sont issus des pays émergents de l’Asie et de l’Afrique.

Selon l’OIT, une bonne partie de la crise de l’emploi s’explique par des politiques monétaires et budgétaires incohérentes adoptées par différents pays. L’incertitude économique provoquée par ces décisions empêche l’investissement. Surtout, les entreprises préfèrent en ces temps accroître leurs liquidités et hausser leurs dividendes aux actionnaires, plutôt qu’investir et créer de l’emploi. Ce qui prolonge la crise, et les périodes de chômage auxquelles doivent faire face les travailleurs.

D’ailleurs, le Fonds monétaire international, du moins son directeur de la recherche, admettait que ses consignes d’austérité budgétaire, notamment pour les pays les plus endettés, n’ont pas eu l’effet escompté, c’est-à-dire, une reprise économique ferme. Pire, elles ont non seulement prolongé indûment la crise, mais en plus, elles ont eu pour effet d’aggraver l’état des finances publiques partout dans le monde.

Le plus tragique dans tout ça, c’est que cette prise de position du FMI en faveur de plus d’austérité était appuyée sur une méthode de calcul, qui s’est avérée erronée… Ce court article du magazine français Marianne l’explique clairement. Parce que, à mon avis, les économistes s’en tiennent trop aux seules mathématiques comme base d’analyse. Or, cette bévue a aussi une source sociologique. Les consommateurs et citoyens d’aujourd’hui ne réagissent pas de la même manière aux informations économiques que ceux des années 70. Ils sont notamment 1000 fois mieux informés et 1000 fois plus rapidement. Et réagissent en conséquence pour leur consommation et leurs projets d’investissements.

Avant même cet aveu de bêtise aux conséquences tragiques, le prix Nobel en économie Paul Krugman notait que les politiques d’austérité trop agressives du FMI, et donc de la plupart des gouvernements dans ce monde, étaient au mieux suicidaires.

Or, note l’OIT, plus la crise dure, plus le chômage persiste, plus les chômeurs répondent moins bien aux nouveaux besoins du marché de l’emploi. Autrement dit, leurs qualifications n’ont pu suivre l’évolution technologique, et ces travailleurs deviennent inaptes à occuper les nouveaux emplois. Un facteur qui aggrave à son tour la crise. Ce qui pousse plusieurs hommes et femmes à quitter le marché, un phénomène qui ralentit la reprise. Bref, on se retrouve dans une sorte de spirale infernale.

Seule lueur d’espoir: la classe moyenne comptera 390 millions de membres supplémentaires en 2013, essentiellement dans les pays émergents.

Ah, oui, pendant ce temps-là, certains grands responsables de cette crise financière débutée en 2007 sont, comme le dit ce documentaire de l’excellente émission d’affaires publiques Frontline (PBS), sont «too big to jail», joli jeu de mot avec ce qu’on disait des banques américaines lors de leur sauvetage par les contribuables, «too big to fail». Selon cette enquête, il n’y a qu’un pas à franchir pour qualifier leur comportement de frauduleux, pas qu’il faudra peut-être franchir…

Maintenant, imiteriez-vous La Bolduc et faire confiance au nouveau gouvernement?