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Varia du vendredi

- 11 mai 2012

On ne l’avait jamais entendu celle-là: le traitement réservé à l’ancien député Tony Tomassi s’explique par son origine italienne. C’est, en tout cas, ce qu’affirme son papa, dans une entrevue accordée au Devoir.

Il faudrait peut-être rappeler à papa Tomassi que c’est en vertu du Code criminel canadien que fiston est invité au tribunal, pas en vertu des quelconques bonnes vieilles valeurs québécoises. Alors, s’il y a de quoi de raciste, c’est le Code criminel canadien, adopté par la chambre des Communes du Dominion canadien, qui a tendance en effet à déférer devant les tribunaux les députés italiens soupçonnés par le Procureur général de fraude et d’abus de confiance.

Celle-là par contre, c’est du nouveau: « On veut faire du Québec un monastère. C’est rendu qu’on ne peut plus aider nos amis. À quoi sert d’avoir des amis si on ne peut pas les aider ? » À ce que je sache, il n’y a rien de monastique à rémunérer les ministres 149 429 $, justement pour qu’ils aient pas besoin d’aide de leurs amis.

Tenez, définition de népotisme, qu’on retrouve dans tous les dicos, le Robert comme l’Oxford ou encore le Niccolò Tommaseo: «En politique, le népotisme est caractérisé par les faveurs qu’un homme ou une femme au pouvoir montre envers sa famille ou ses amis, sans considération du mérite ou de l’équité, de leurs aptitudes ou capacités.» Ça ressemble pas mal au droit de cuissage politique réclamé par Papa Tomassi. Par ailleurs, Wikipédia, dans sa définition de népotisme, cite un seul exemple de népotisme: le régime nord-coréen. Pas très flatteur.

Cela dit, l’excuse raciste nous avait été servie par le passé par le célèbre viticulteur des Cantons, Alfonso Gagliano. C’est possible, finalement, que ce soit vrai. Sauf que, ça n’explique pas la présence parmi les déchéances libérales récentes de David Whissel, qui lui, n’est pas italien. C’est un anglo. Mais un anglo des Laurentides, de la belle campagne d’Argenteuil. Un anglo des Laurentides, c’est comme un franco de Kirkland, ça ne compte pas vraiment. Mais chose sûre, il n’est pas italien.

Le seul point en commun qu’ont nos trois politiciens déchus, c’est qu’ils sont gros (ok, peut-être juste un peu rondelet, dans le cas de David)! Alors, s’il y a un profilage des médias et de la police à l’encontre d’une certaine classe d’élus, s’il y a de la discrimination, ça ne peut être qu’en raison de leur tour de taille. Ça expliquerait aisément pourquoi les mesdames Normandeau et Beauchamp ne sont pas inquiétées par l’UPAC. Trop «tight cut»…

Ce qu’il y a de bon dans cette sortie, c’est la confirmation que l’amour paternel rend aveugle. Tony Tomassi, un charismatique? Tony Tomassi, un talentueux? Remarquez qu’on l’a jamais vu à l’œuvre dans sa ligue de garage de babyfoot, section Montréal-Nord. Peut-être là-bas…
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En voilà une bonne: la ministre responsable du gouvernement en ligne, dans le cabinet Charest, Dominique Viens, n’a pas de compte Twitter, nous apprend Vincent Marissal dans La Presse ce matin. Selon mes sources généralement mal informées, on m’indique par contre qu’elle est membre d’un club de danse en ligne. Donc, elle s’y connaît quand même.

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Le député d’Orford Pierre Reid, qui affectionne l’expression «échapper le ballon» pourrait aussi l’utiliser à l’encontre de son adversaire oppositionnel Amir Khadir. Notre médaillé du lancer de la chaussure a affirmé à la suite des événements du métro de Montréal d’hier qu’il ne fallait pas rejeter du revers de la main l’hypothèse que l’attentat (je n’ai pas ajouté l’adjectif «terroriste», vous ferais-je remarquer) soit l’oeuvre d’une infiltration policière. «C’est un événement qui se produit le matin même où la Sûreté du Québec doit répondre de ses actes.» Et que nous, en tant que média, et lui en tant que garde-fou de la démocratie, avons la responsabilité de l’envisager, avant de poursuivre avec une analogie médicale inspirée de son expérience de docteur. Moi, j’y irais plutôt de cette métaphore: c’est pas parce qu’on peut soupçonner que la vie existe ailleurs que sur Terre dans l’Univers qu’on doit en conclure en la possibilité d’un cover-up gouvernemental sur la présence des p’tits bonshommes verts ou gris parmi nous.

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Parlant de l’Univers, il y a un chroniqueur intello vedette des réseaux sociaux qui doit certainement vivre dans la 4e dimension. Faudrait peut-être l’invité à regarder le monde d’ailleurs qu’à partir de son balcon du Mile-End pour qu’il comprenne que peut-être, pour des dizaines de milliers de gagnes petits, la paralysie du métro d’hier ne leur a pas fait gagner des heures de congé inattendues, mais perdre une journée de salaire qui va faire la différence entre avoir 30 soupers ce mois-ci ou 25 seulement. La rue Chabanel, c’est pas le chemin de Compostelle, ducon.

Le gros BS contre les bouchons

- 8 septembre 2010

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Excellente réaction à notre article offert exclusivement dans l’édition web du Magazine Jobboom sur les problèmes de circulation à Montréal. Un courriel rempli de gros bon sens, loin des stériles prises de position anti-char ou anti-écolo. Juste du gros b.s.

Je retiens deux passages: le premier concernant les espaces de stationnement auprès des stations de métro, de train de banlieue ou d’autobus. Il est sidérant de constater les milliers d’hectares goudronnés qui demeurent libres de toute utilisation la plupart du temps, exception peut-être les soirs avant Noël. Je la cite:

«(…)les stationnements environnants sont monopolisés par les centre commerciaux et Wall-Mart de ce monde (qui interdisent d’utiliser leur stationnement si ce n’est pas pour aller dans leur commerce, prenez en exemple de la Place Versailles près de la 25 et de la station Radisson).»

Les structures fiscales municipales font en sorte qu’on subventionne littéralement la création de ces grands espaces parfaitement inutiles, qui défient toute logique sociale, économique, fiscale et environnementale. Si au moins les villes (comme Laval, Longueuil et Brossard, notamment) forçaient les propriétaires de ces espaces de parking d’accepter les utilisateurs autres que leurs quelques clients lorsqu’ils sont situés à proximité d’une station de métro ou de bus, sous peine de voir leur taux d’imposition explosé… Après tout, les centres commerciaux autour de la station Montmorency (par exemple) bénéficient aussi de la présence du métro. C’est plutôt la logique du «prend tout, donne rien» qui prévaut chez les proprios de centre de l’achat compulsif.

Pour vous en convaincre, lisez cette démonstration convaincante de Salon.com, très justement intitulée On a asphalté le paradis. On y cite l’exemple d’un comté en Indiana où il y a plus d’espaces de stationnement que de voitures: si toutes les autos se stationnaient dans les espaces commerciaux, il y aurait encore un quart de million d’espaces vides…

Deuxième passage:

Personnellement, outre ces problématiques criantes, j’en ai surtout marre du déchirage de chemises en public de nos élus sur ces questions. On semble davantage se préoccuper d’être le coq du poulailler que de travailler ensemble, en ÉQUIPE, pour offrir des services à la population. Population qui, doit on le rappeler, vote donc est l’employeur de ces élus.

C’est exactement comme ça que se déroule les discussions sur l’avenir du navettage à Montréal, l’épique (martien, pour ma part) débat autour de l’échangeur Turcot en fait foi! Les hystériques anti-banlieue qui cherchent à démontrer qu’ils pissent plus loin que les obtus de l’autoroute. Mais j’aime mieux l’analogie du poulailler de notre lectrice.

Voici la lettre:

En tant qu’utilisatrice du transport en commun, maman, résidente de Montréal et avec mon côté «go green», cet article m’interpelle beaucoup.

Pour ce qui est de la taxe sur l’essence, honnêtement je ne sais pas trop si ce serait vraiment une bonne idée. Une chose est sûre, si on veut que le choix du transport en commun soit l’avenue préférée des habitants de la métropole et des environs, il faut que cela soit une solution plus abordable et au moins aussi efficace que l’automobile, idéalement plus bien sûr! Si la personne qui habite Laval et travaille au centre-ville réussit à se rendre à moindre coût et plus rapidement en utilisant sa voiture malgré les embouteillages, comment la faire changer d’avis? J’habite Montréal depuis 7 ans et si j’utilise le combo métro+bus pour me rendre au travail depuis 5 ans, c’est parce que c’est stratégiquement le meilleur choix pour moi : le coût du stationnement au centre-ville est prohibitif, le stress de conduire dans les bouchons en pleine heure de pointe matin et soir et toute les fois que j’ai essayé de prendre la voiture, cela m’a pris 1,5 fois le temps pour faire le trajet entre ma résidence et mon travail que cela m’en prend en bus+métro. Par contre, je ne tiens pas compte de toutes ces fois où il y a des pannes, ce qui est hautement désorganisant, notamment lorsqu’on doit arriver à l’heure à la garderie sinon c’est 1$ la minute de retard! Le tarif à payer par l’usager doit absolument demeurer compétitif par rapport à l’utilisation de la voiture et aussi en termes de services offerts. Par exemple, je ne peux pas carrément vivre sans voiture parce que les services d’autobus de proximité dans mon arrondissement sont insuffisants. Ça peut me prendre 30 minutes pour aller au CLSC de chez moi (avec 2 bus différents) alors qu’en auto j’y vais en 10 minutes! (…)

À mon avis, les solutions 2 et 3 peuvent réellement être une combinaison gagnante. En revitalisant les quartiers bordant les station de métro avec des logements s’adressant aux jeunes adultes et aux familles, on éviterait leur exode vers la banlieue. Ils recherchent un espace plaisant, d’un calme relatif et sécuritaire pour leurs enfants (présents ou à venir!). Si des commerces comme pharmacie, épicerie et bureau de poste sont à distance de marche, c’est génial. Si un parc bien entretenu et surveillé (quand ils ne le sont pas, leur état se dégrade rapidement), un CLSC, des garderies et des écoles sont à proximité, c’est encore mieux! Par contre, depuis que je suis à Montréal j’ai vu certains quartiers aux abords de stations de métro se revitaliser progressivement. On y construit des condos pour personnes seules, couples sans enfants, à des prix hors de portée pour la famille de 4 vivant sur un salaire moyen de 50 000$. Les terrains environnants demeurent dans un état de pitoyable à ordinaire… (…) Il faut donc revitaliser oui, mais le faire intelligemment sous plusieurs aspects. S’il y a des gens qui aiment savoir tout ce qui se passe chez leurs voisins, d’autres apprécient pouvoir prendre une pause de l’animation incessante qu’amène la vie en milieu urbain. (…)

Quant à la solution 3, si et exclusivement si, les voies supplémentaires sont strictement réservées en tout temps au transport en commun express, je crois que c’est une bonne solution. Ces routes actuelles sont déjà congestionnées. Si on ajoute des voies, ces dernières doivent être en tout temps à l’usage exclusif des bus/tramway/mini-bus peu importe la solution choisie. Les automobilistes, coincés seuls dans leur voiture dans un embouteillage, verront passer le transport en commun bien plus rapidement qu’eux. À ce moment-là, le transport en commun serait bien plus attrayant à la condition expresse qu’un nombre suffisant de bus soit en service! Et songez pour ces gens qui doivent parfois faire 30 minutes de bus même sans embouteillage… que ce n’est pas intéressant du tout de faire ce trajet debout tassés comme des sardines. Car si c’est ça qui arrive, l’automobiliste qui va regarder passer les bus va se dire «mon dieu, je suis peut-être bloqué mais au moins, je suis confortable dans ma voiture!». Enfin, c’est bien beau si on dédie ces voies supplémentaires exclusivement au transport en commun. Par contre, si le service de proximité dans les quartiers ne permet pas un accès rapide et efficace au service, ou encore que les stationnements environnants sont monopolisés par les centre commerciaux et Wall-Mart de ce monde (qui interdisent d’utiliser leur stationnement si ce n’est pas pour aller dans leur commerce, prenez-en exemple de la Place Versailles près de la 25 et de la station Radisson), on n’est pas plus avancés. Sans service de proximité efficace, les automobilistes devront se rendre au point de départ des lignes express. Ils le feront en voiture et le problème se retrouvera simplement déplacé ailleurs. Si en plus ils n’ont pas d’espace pour stationner leur voiture gratuitement à moins de 1km du point de départ, quel est l’intérêt pour eux de se taper tous ces transferts d’un transporteur à un autre?

Personnellement, outre ces problématiques criantes, j’en ai surtout marre du déchirage de chemises en public de nos élus sur ces questions. On semble davantage se préoccuper d’être le coq du poulailler que de travailler ensemble, en ÉQUIPE, pour offrir des services à la population. Population qui, doit on le rappeler, vote donc est l’employeur de ces élus. Un fait que l’on semble vite oublier en politique.
Geneviève Dionne
Montréal